Musée des confluences

Vibrations du monde | février – juin 2020

Sylvie Laurent, programmatrice du cycle Vibrations du monde nous présente la programmation de la saison à travers une playlist à écouter et à regarder mêlant musique, danse et théâtre.

De la guimbarde à la kora, des chants de la Guyane amazonienne aux magnifiques compositions de jazz de Rita Marcotulli et Andy Sheppard, des derviches tourneurs aux danseuses du ballet Royal du Cambodge, cette playlist vous donne un aperçu de la programmation de la saison, qui j’espère vous offrira de belles surprises musicales.

Le ballet Royal du Cambodge est sans conteste l’un des temps forts de cette saison. Le cycle de spectacles Vibrations du monde témoigne d’un patrimoine culturel mondial immatériel et fragile, la venue des étoiles du Ballet royal du Cambodge, continue d’inscrire le musée dans cette démarche.

Danses sacrées et profanes, emblèmes de la culture khmère. Ce ballet perpétue et réinvente une danse qui compte parmi les plus anciennes et raffinées au monde. Le ballet royal ou théâtre royal est avant tout un rite lié aux cultes brahmaniques jadis célébrés par les souverains d’Angkor, qui se perpétue encore de nos jours au Palais royal de Phnom Penh. Il vise à réaliser une opération magique destinée à garantir le succès et la prospérité́ dans le royaume et à renouveler le pacte qui lie les êtres humains et les dieux en leur faisant des offrandes de musique, de danse et de chant. La longue histoire de ce ballet est à la fois riche et tragique et peu d’expressions artistiques dans le monde ont subi un péril aussi sanglant que celui que connu le Ballet royal.

À l’image de l’histoire du pays, il a failli disparaitre pendant le régime des Khmers rouges qui firent régner la terreur de 1975 à 1979. Réduites en esclavages, martyrisées, anéanties, des 400 danseuses qui dansaient pour le roi jusqu’en 1970, quelques-unes seulement survécurent à l’effroyable génocide. Banni de sa terre natale, ses artistes réduits au silence, le ballet royal ne dû sa survie qu’à la détermination et la ténacité de la princesse Bhupha Devi, demie sœur du roi et de quelques artistes exilés.

En 1993, la monarchie est rétablie au Cambodge après deux décennies de guerre larvée. La troupe retrouva son nom d’antan de Ballet Royal du Cambodge. Sous l’impulsion de la princesse Norodom Buppha Devi, alors ministre de la Culture, le théâtre royal fut inscrit sur la liste de l’UNESCO comme chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité́ en 2003.

Publié le 27 Janvier 2020

Illustration Victoria Roussel
Chaque semestre, le musée des Confluences confie cette couverture à un illustrateur. Victoria Roussel a effectué un travail original en s’inspirant de la programmation Vibrations du monde février-juin 2020.