l'Afrique

La collection africaine se compose d’environ 800 pièces pour l’Afrique du Nord, 5 000 pour l’Afrique subsaharienne et 700 pour Madagascar.

Comme les autres fonds du musée, la collection africaine, modelée sur plusieurs siècles, est le fruit des acquisitions de différentes institutions dont elle porte l’histoire : le musée des Confluences, le muséum d’Histoire naturelle, le Musée colonial et le fonds de l’œuvre de la propagation de la foi.

Afrique du Nord

La collection d’Afrique du Nord s’articule autour de grands ensembles géographiques, historiques et thématiques. Elle a principalement été enrichie sous l’impulsion du Musée colonial.

La Tunisie représente l’ensemble le plus conséquent avec 330 objets, suivie par l'Algérie, 200 objets et le Maroc, 170 objets. Les collections présentent des illustrations de la parure, la défense et l'attaque (parmi lesquelles une belle série de poires à poudre), la musique et l'art équestre. Le musée conserve également une grande collection de céramiques dont certaines proviennent des ateliers Chemla et De Verclos en Tunisie, ainsi que des pièces kabyles du XIXe siècle et une poterie du Mzab, en Algérie. Collectées par Prosper Augustin Hacquard, missionnaire au Mali, de rares pièces touareg en cuir, dont deux jupes en excellent état de conservation, font aussi la richesse de ce fonds.

Dans la première moitié du XXe siècle, les dons de Joséphine Jullien, fille adoptive des peintres Jean et Marie Caire, ont considérablement étoffé les collections de mobilier, objets décoratifs et peintures ayant pour sujet l’Algérie. Les tableaux du couple sont actuellement visibles au musée de la Vallée à Barcelonnette, ville d’origine des deux peintres.

En 2010, l’ensemble de poteries du Maroc a été complété par l’acquisition de poteries modelées féminines contemporaines du Rif marocain illustrant la transmission d’un savoir-faire et la créativité de potières (Zouita Naïma, Fatna Bouali, Cedik Ahmed), dont l’activité est aujourd’hui déclinante.

Afrique subsaharienne

Riche d’environ 5 000 pièces, la collection d'Afrique subsaharienne témoigne principalement de la vie quotidienne, de l’expression des structures sociales, des croyances et pratiques magico-religieuses, de la guerre et de la chasse en Afrique.

En 2001, le musée a reçu la donation exceptionnelle de près de 700 objets africains. Cette collection, constituée par Denise et Michel Meynet, est axée sur les objets du quotidien et propose des ensembles de bijoux, de coiffes, de calebasses (cruches à vin de palme du Cameroun, gourdes d’Éthiopie, récipients du Tchad), d’appuis-nuque (une quarantaine, principalement d’Éthiopie), de cache-sexes, de coiffes ou encore des vêtements et textiles d’Afrique de l’Ouest.

Afrique de l’Ouest

Concernant l’Afrique de l’Ouest, l’ensemble le plus conséquent est celui illustrant les cultures de la Côte d’Ivoire, à travers plus de 300 objets. À l’intérieur de cet ensemble se distinguent les objets cédés en 1930 par Louis Roux, planteur à Danané : étriers de poulie de métier à tisser, masques Dan, Bété, Wé et Sénoufo ainsi qu’une cuillère wa ke mia, utilisée par les Dan et probablement réalisée par le sculpteur libérien Zlan. La représentation des arts de la Côte d’Ivoire dans les collections s’est encore étoffée ces dernières années par l’achat de pièces majeures de la culture sénoufo, principalement des masques et statues liés à la société initiatique du poro.

Parmi les œuvres les plus remarquables du fonds ancien, il convient de mentionner deux rares masques Diola du Sénégal, utilisés dans le cadre de l’initiation des jeunes garçons, des statuettes ibeji et des masques gelede Yoruba du Bénin ainsi que des ikenga utilisés par les Igbo du Nigeria datant de la fin du XIXe siècle.

En 2012 et 2013, l’ensemble de poteries d’Afrique subsaharienne s’est considérablement étoffé grâce aux dons de l’association ARgile de 69 poteries, accompagnées d'une documentation iconographique et audiovisuelle.

 

Afrique équatoriale

Les collections d’Afrique équatoriale, en partie rapportées par messieurs Gravier (1880), Halley (1930), Lamarre (1938) et le gouverneur Raphaël Antonetti (1936), comprennent des pièces exceptionnelles comme la figure de reliquaire Kota-Ndasa biface et un masque Vuvi du Gabon ainsi qu’une série de statuettes Téké du Congo.

Afrique de l’Est et Madagascar

Rarement présents dans les collections françaises, les objets de Tanzanie conservés au musée des Confluences sont remarquables par leurs qualités plastiques et leur ancienneté. Il convient de mentionner le siège Kami, rapporté par Mgr Le Roy à la fin du XIXe siècle, dont on connaît quelques rares exemplaires similaires dans d’autres institutions (National Museum of African Art - Smithsonian Institution), et une statuette de fécondité Zaramo/Doë, collectée par le père Baur avant 1891.

La collection de Madagascar comprend environ 700 objets. Sa qualité doit beaucoup à la donation Charles Renel, faite par son épouse au début du XXe siècle. Cette collection compte un très grand ensemble de talismans, des sculptures sur bois  (volets, bois de lit) ainsi que des productions en corne, en fer ou en pierre.

Le musée conserve également une collection remarquable d’œuvres picturales malgaches d’artistes de renom tels Gaston Rakotovao, Antoine Ratrena ou Joseph Ramanankamonjy.

Afrique australe

Le fonds d’Afrique australe comporte une collection particulièrement intéressante par son ancienneté. Achetée en 1879, la collection Wood, du nom de son propriétaire ancien directeur d’une troupe de danseurs zulu, est constituée d’objets de la vie quotidienne (tasses, coupes, appuis-nuque, fourneaux de pipe). Les mentions portées sur les objets ainsi que leur facture tendraient à indiquer que cette collection provient du nord-est de l’Afrique du Sud et du Mozambique, où sont établies les populations Tsonga.

Fonds pictural et photographique

Outre les objets ethnographiques, les collections africaines comprennent des peintures et dessins de Raphaël Leguilloux (1871-1938), fruit d’une mission « ethnologique et artistique » en Afrique-Occidentale française (Guinée et Soudan français, devenu le Mali), ainsi que d’autres peintures d’artistes africanistes.

Le fonds photographique ancien du musée constitue une documentation incomparable sur l’histoire de l’Afrique. Il comprend notamment la grande donation faite par les descendants de Louis Desplagnes et conservée en iconothèque. Entre 1904 et 1905, le lieutenant Desplagnes parcourt 2 800 km au Mali, devenant le premier occidental à explorer le plateau nigérien de manière aussi complète. Il consacre notamment beaucoup de temps au pays Dogon. Trois albums de photographies, 359 plaques de verre et des rouleaux de films témoignent de cette mission d’exploration.

La section consacrée à Madagascar comprend plus de 1000 prise de vues, offrant une documentation exceptionnelle sur la vie quotidienne au début du XXe siècle.

Enfin, une collection de photographies est initiée dans les années 2000, pour permettre une actualisation des collections par le regard d’artistes contemporains. Dans cette optique, le musée acquiert des œuvres d’Alioune Bâ, Tidiani Shitou, Oumar Ly, Baudouin Mouanda, Sammy Baloji et autres jeunes artistes primés à la Biennale de Bamako. Dans cette même optique d'actualisation des collections, des pièces de créateurs textiles malgaches et d’un artiste du Rwanda ont été intégrées aux collections.