l'Asie

La collection Asie regroupe près de 11 000 pièces provenant des pays et zones suivants : Chine, Japon, Corée, Inde, Asie centrale, Thaïlande, Viêtnam, Cambodge, Laos, Philippines. Les collections du musée Guimet de Lyon et celles du dépôt du musée Guimet de Paris (actuel musée national des arts asiatiques-Guimet), comptent plus de 6 000 pièces issues pour l’essentiel des religions de l’Extrême-Orient : statuaires et objets rituels représentant principalement les religions chinoises à la fin du XIXe siècle ; statuaire khmère (X-XIIIe siècles) ; statuaire gréco-bouddhique de Hadda (Afghanistan, III-VIe siècle) ; statuaire religieuse japonaise. Émile Guimet, donnant lui-même des collections, organise à partir de 1913 le dépôt de nombre de pièces de son musée parisien, tout en motivant des donations et des achats pour compléter les collections de son musée lyonnais.

Asie de l'Est

Chine

En 1913, la collection du Néerlandais Johannes Jacobus Maria de Groot comprenant plus de 600 pièces est mise en dépôt à Lyon par le musée national des arts asiatiques-Guimet de Paris. Travaillant sur les religions populaires de Chine, Johannes Jacobus Maria de Groot propose à Émile Guimet d’acquérir pour son musée un ensemble unique de divinités, de marionnettes à fils aux riches vêtements de soie brodée, et d’objets cultuels comme des tabernacles, tablettes d’ancêtres, costumes des officiants, mobilier, etc. Ces objets sont aujourd’hui un témoignage précieux d’une pratique religieuse qui a connu jusqu’à nous de profonds bouleversements.

La donation en 1985 de l’explorateur René Jamme d’un ensemble de seize statuettes de divinités en bois provenant de Hong Kong, liée aux cultes populaires chinois, vient compléter les précédents ensembles.

En 1955, le professeur Ernest Chevretton donne des pièces de mobiliers, d‘ivoires sculptés, des bronzes, des monnaies, et aussi des instruments de musique.

En 1986, les frères maristes de Saint-Genis-Laval donnent au muséum plus de 250 pièces, dont tout un ensemble de modèles réduits reproduisant des scènes de la vie quotidienne.

Un ensemble de six costumes chinois, conservés dans les réserves sans aucune marque distinctive, viennent d’être identifiés grâce à une série de photos en noir et blanc conservées au musée national des arts asiatiques Guimet à Paris : ces costumes ont en effet été portés à l’occasion de la représentation à Marseille en 1894 de l’opéra Taï-tsoung écrit par Émile Guimet, qui met en scène la vie de ce grand empereur chinois du VIIe siècle.

 

Japon

La collection japonaise suit les mêmes développements et partage souvent les mêmes origines que les collections chinoises, avec néanmoins quelques ensembles spécifiques. Laques, netsuke et sagemono, peignes, vanneries et gardes de sabres proviennent pour l’essentiel d’un achat auprès de l’antiquaire parisienne Florine Langweil pour l’ouverture du deuxième musée Guimet de Lyon en 1913. Émile Guimet donne également nombre de ses collections personnelles : laques (boîtes à documents, écritoires) et documents papiers, dont quelques carnets de dessins d’Hokusai et des estampes d’Hiroshige. Parmi ses relations, Clémenceau ou encore Édouard Herriot suivent son exemple et donnent quelques pièces, comme un petit théâtre de poupée utilisé lors de la fête de Hina matsuri pour les petites filles japonaises. L’origine de la petite collection de masques des théâtres nô et gigaku est quand à elle aujourd’hui impossible à retrouver, mais n’en diminue pas pour autant l’intérêt des œuvres. Le musée a d'ailleurs eu l’opportunité de compléter cet ensemble par cinq autres masques acquis auprès d’un collectionneur américain : ils illustrent la très belle variété des figures, ici démoniaques, qui peuplent les pièces de nô.

Henri Focillon, historien de l’art à l’Université de Lyon et directeur des musées de la ville de 1913 à 1924,  et la princesse Marie de Grèce, fille de Roland Bonaparte et psychanalyste française traductrice de l'œuvre de Freud, donnent chacun une armure de samouraï, pièce à l’époque très appréciée des amateurs d’art asiatique. Cette collection d’armes et armures du Japon compte aussi une armure de cheval, dépôt du musée Guimet de Paris. Cette série a été complétée par quelques achats, dont deux armures spectaculaires en laque rouge et en laque d’argent. Une dizaine de pièces dont un casque d’armure spectaculaire, kawari kabuto, et un manteau d’armure, jinbaori, ont récemment enrichi cet ensemble.

Une autre partie de la collection japonaise est plus spécifiquement lié aux religions japonaises, et principalement au bouddhisme. Une statue de belle dimension de la déesse Kannon aux mille bras, ou encore un bouddha Amida debout sur le lotus nous rappellent la mission scientifique d’Émile Guimet au Japon en 1876, qui fut à l’origine de son musée des religions à Lyon. Parmi d’autres bouddha et bodhisattva en bois doré, la collection est riche d’une petite série de portraits de moines et ascètes à l’expression saisissante de réalisme, parmi lesquels un magnifique portrait du moine Hônen-Shônin.

Une pièce monumentale complète les collections : la "salle des grues" est la reproduction en taille réelle de la salle d’audience du XVIe siècle du temple de Nishi Hongwanji à Kyoto, réalisée pour l’exposition universelle de Londres en 1910. Cette reproduction constitue par ailleurs un exemple unique en France, voire en Europe, de l’architecture japonaise traditionnelle typique du style prestigieux de Momoyama.

Le musée conserve également une collection de céramiques de Chine et du Japon de plus de 1 600 pièces. Une partie de la collection du musée Guimet de Paris est déposée à Lyon dans les années trente. Cet ensemble est complété par une série d’achats et de dons comme celui de Mme Yché Roubin. Les céramiques japonaises, provenant souvent des mêmes donateurs, complètent cet ensemble, donnant une belle palette des différents matériaux employés, des techniques de fabrication et des styles très variés.

Haute-Asie

La collection tibétaine et himalayenne se compose principalement d’objets ethnographiques, à valeur esthétique et rituelle pour la plupart, auxquels s’ajoutent un petit nombre d’oeuvres d’art « classiques » (sculptures métalliques, peintures). Elle illustre près d’un siècle et demi de fascination occidentale pour la Haute-Asie.

Asie du Sud-Est

Les collections asiatiques comptent un bel ensemble de pièces provenant de l’Asie du Sud-Est.

La collection d’art Cham (Xe siècle) est rapportée du Vietnam par le docteur Morice, médecin de la Marine, qui collecte un ensemble de huit sculptures sur les ruines de monuments à quelques lieues de Qui-nhon : il les envoie en 1877 au muséum d’histoire naturelle de Lyon.

Une autre œuvre d’art cham de belle qualité, déposée par le musée Guimet de Paris, complète cet ensemble. Il s’agit ici de la Durga Mahasasuramardini debout appartenant à la fin du style de Dong Du’o’ng. Datable du début du Xe siècle, elle provient vraisemblablement du Quang Tri.

Le naturaliste Maurice Maindron (1857-1911) constitue pour sa part une collection de divinités de l’hindouisme.

Gustave Émile Dumoutier (1850-1904), spécialiste d’anthropologie préhistorique, rencontre Paul Bert au Muséum national d'histoire naturelle de Paris et l’accompagne au Tonkin (1886), où il est chargé d’y organiser l’enseignement. Il effectue en parallèle une mission pour l’étude des monuments anciens de Hanoï et Hué. En 1889, il est envoyé à Paris pour organiser le pavillon « d’ethnographie religieuse annamite » pour l’exposition universelle. « Il avait eu l’idée de faire ériger sur l’Esplanade des Invalides une pagode en bois précieux fournie par l’Empereur d’Annam, où il avait réuni un Panthéon complet où des bonzes célébraient publiquement les cérémonies de leur culte. » (Bulletin de l’École française d’Extrême-Orient, tome 4, 11904, pp. 790-803). Ces collections sont par la suite données au musée Guimet à Paris, qui les met en dépôt à Lyon en 1929.

Karl Siegfried Döhring ou Döring (1879-1941), architecte allemand, historien de l’art et archéologue, part pour Bangkok en 1906. Il constitue une collection de plus de 200 pièces qu’il donne au musée Guimet de Lyon en 1913. Beaucoup de ces pièces sont liées aux pratiques religieuses avec des représentations de Bouddha. Un ensemble de céramiques de Bencharong provient de la même donation.

La collection indienne compte près de 500 pièces, dont l’essentiel est issue d’une donation en 1912 de l‘entomologiste français, Maurice Maindron (1857-1911) avec plus de 260 pièces. Il collecte des pièces liées aux cultes populaires indiens entre 1880 et 1881.

L’autre partie de la collection indienne provient du dépôt du musée Guimet de Paris avec principalement un ensemble de bois de char sculptés et une série de divinités indiennes en bronze de petite dimension. Une belle sculpture en bronze de Shiva Nataraja, roi de la danse, a été mise en dépôt plus récemment.