le Centre de Conservation et d’Etude des Collections

Le musée des Confluences, ce sont aujourd’hui deux lieux complémentaires : le nouveau bâtiment du Confluent, comprenant les salles d’exposition et tous les équipements accessibles aux publics, et le Centre de conservation et d’étude des collections (CCEC) situé dans le 7e arrondissement de Lyon.

le CCEC, une première étape du musée des Confluences

Dès 1991, lorsque la gestion du muséum d'histoire naturelle de Lyon passe de la Ville de Lyon au département du Rhône, le directeur Louis David alerte les autorités sur les conditions de conservation existantes : l'accroissement des collections du fait du rayonnement du musée a quasiment saturé les réserves existantes. Certaines d'entre elles, particulièrement au sous-sol du bâtiment, présentent des taux d'hygrométrie importants entraînant la formation de moisissures. La verrière de la grande salle a déjà subi un orage de grêle en 1955, qui a entraîné la fermeture du musée pendant 7 ans : elle reste un point de faiblesse. Enfin, la configuration peu rationnelle des lieux rend difficile l'accueil de chercheurs et donc l'étude des collections.

Le projet du musée des Confluences, initié en 2000, inclut donc dès le départ la nécessité d'un nouveau lieu pour pallier ces difficultés : ce sera le CCEC, situé dans un ancien central téléphonique des années 1930 qui a ensuite servi de locaux techniques aux services du département. Bâtiment volontairement discret, il se distingue toutefois par son toit en coque de bateau renversé, assez rare dans le paysage lyonnais. Jusqu'à la fin de 2014, il partage les locaux avec une partie de la bibliothèque universitaire de Lyon 3, qui depuis l'incendie du bâtiment des quais en 1999, accueille les étudiants dans les deux premiers étages.

Son aménagement, piloté par Gilles Pacaud, concerne les étages du niveau 2 au niveau 5, plus un garage en rez-de-chaussée et une petite réserve au 1er étage : la surface totale atteint 3215 m², dont la moitié pour les réserves. Les surfaces disponibles ne permettant pas d’accueillir la totalité des collections en réserves, seules les sciences naturelles déménagent en 2002 et prennent place dans le nouveau bâtiment. La programmation de la seconde tranche, qui doit permettre d’accueillir d'autres collections (grosses pièces d'ethnologie, archéologie, égyptologie, sciences et techniques) dans les 2 premiers niveaux libérés par la bibliothèque, vient d'être reprise par la Métropole de Lyon dans le cadre de la programmation pluriannuelle des investissements (PPI) pour la période 2015-2020.

vue du toit du CCECla double vocation du CCEC

Dès son inauguration en 2002, le Centre de conservation et d’étude des collections s'affirme comme un équipement modèle, dont la double vocation est de conserver et de diffuser le savoir. Trois conditions principales ont guidé sa mise en oeuvre : le respect des normes internationales de conservation préventive ; le souci de créer un véritable outil de travail pour les chercheurs français et étrangers comme pour les concepteurs d’expositions ; le respect des règles d’hygiène et de sécurité vis-à-vis des biens et des personnes.

La double vocation de conservation et de recherche du CCEC s’est traduite, dans le programme d’aménagement du bâtiment, par une organisation topographique des locaux clairement identifiée en fonction de leur usage. Ainsi le 2e étage est-il consacré aux bureaux et à la vie du personnel, à l’accueil initial de chercheurs et à la documentation. Les trois niveaux supérieurs sont dévolus à la conservation et à l’étude des collections en fonction de leur thématique : le 3e étage est affecté à l’entomologie, aux coquilles et aux oiseaux naturalisés, le 4e aux mammifères naturalisés, à l’ostéologie et aux collections en alcool, le 5e enfin à la paléontologie, à la minéralogie-pétrologie et une partie des sciences et techniques. Chacun de ces plateaux a été cloisonné pour répondre aux différentes contraintes climatiques, fonctionnelles et de sécurité.

des espaces bien définis

Pour chaque domaine, l’espace est réparti selon trois fonctions :

  • la conservation elle-même, avec des salles de réserves aménagées en mobilier compact, adapté à la quantité du matériel à conserver ;
  • la consultation des spécimens et échantillons dans des salles contiguës et communiquant avec les réserves elles-mêmes ;
  • les ateliers de préparation, séparés des réserves et affectés aux différents traitements physiques ou chimiques à effectuer sur le matériel.

Le CCEC abrite également une salle de quarantaine et de désinfestation : les objets entrant ou revenant de prêt ainsi que les nouvelles acquisitions sensibles aux attaques biologiques ne rejoignent en effet pas directement les réserves, où elles risqueraient de contaminer les autres collections. Afin de limiter les risques dus à la manipulation de produits chimiques, le traitement préventif ou curatif des collections est réalisé par le froid, à l'aide de congélateurs et d'une chambre froide de grande capacité : ce traitement permet d'éradiquer insectes, larves et oeufs des espèces nuisibles.

Il est également possible d'effectuer de petites restaurations et des moulages au sein d'un atelier bien équipé et performant. Les moulages répondent à plusieurs nécessités : envoyer une reproduction fidèle à un chercheur qui ne peut pas venir sur place, effectuer un double de sécurité de certaines pièces uniques, et enfin permettre de toucher des répliques lors d'ateliers de médiation ou de visites.

l'accès au public

Le CCEC ne propose pas d'ouverture au grand public ni de visites guidées systématiques, mais il n'est pas inaccessible pour autant : l'accueil se fait sur demande du lundi au vendredi, selon les disponibilités de chacun. Pour des raisons de sécurité évidentes, l’accès aux réserves n’est autorisé qu’au personnel de conservation et aux chercheurs accompagnés.