les collections

 

Avec plus de 2,2 millions d'objets, les collections du musée des Confluences comptent parmi les plus riches en France. Certaines d'entre elles sont reconnues au niveau mondial, comme par exemple les momies animales ou les fossiles de Cerin.

Ces collections s'organisent autour de 3 grandes disciplines : sciences naturelles, sciences humaines et sciences et techniques.

sciences naturelles

C'est le coeur des collections et parmi les plus anciennes du musée, puisqu'elles trouvent leur origine dans le cabinet de curiosités des frères Monconys puis de Pestalozzi aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ces premiers ensembles n'ont malheureusement pas été conservés à travers le temps du fait des bouleversements révolutionnaires et des déménagements successifs, mais le cabinet d'histoire naturelle qui en est issu donne peu à peu naissance au muséum d'histoire naturelle de Lyon (1772-2007), dont les collections de sciences naturelles s'enrichissent considérablement à partir des années 1830. Elles témoignent de la naissance de la vie sur Terre, des mécanismes complexes de l'évolution du vivant, mais aussi la biodiversité : de ce dernier point de vue, ces collections jouent un rôle historique croissant au regard des espèces disparues ou en voie de disparition.

les sciences de la terre

Elles regroupent différents ensembles :

  • la paléontologie : vertébrés, invertébrés et végétaux fossiles issus de campagnes de fouilles, de dons et d'acquisitions. Cette collection est fréquemment consultée par des scientifiques du monde entier, car elle renferme des dizaines de milliers de spécimens, dont plus de mille types ou figurés qui sont la référence mondiale de l'espèce. En outre, le muséum d'histoire naturelle de Lyon a acquis une solide réputation dans le domaine des chantiers de fouilles paléontologiques dirigées par le conservateur des sciences de la Terre, Michel Philippe, notamment dans les grottes. Ceci explique en partie l'abondance, la diversité et la qualité des fossiles provenant de gisements désormais célèbres tels que La Grive-Saint-Alban (Isère), Saint-Vallier (Drôme), La Fage et Jaurens (Corrèze), Siréjol et Padirac (Lot) ou encore La Balme-à-Collomb (Savoie).
  • la pétrologie et la minéralogie : ce dernier ensemble constitue, au dire des spécialistes, l'une des grandes collections publiques de minéraux et de gemmes existant en France. Elle est même considérée comme l'une des plus belles collections européennes, avec deux séries de renommée internationale : les azurites et les fluorites.

De manière moins attendue, les sciences de la terre comprennent également l'ostéologie et l'anthropologie physique, car ces deux dernières sections sont surtout consultées par les paléontologues dans le but d'établir des comparaisons entre les formes fossiles et les formes actuelles. Le matériel ostéologique est constitué de crânes et de squelettes complets mais non montés de la plupart des vertébrés vivant actuellement dans la nature. Les collections d'anthropologie, qui furent en grande partie rassemblées à la fin du XIXe siècle, comprennent d'intéressantes séries de crânes préhistoriques et archéologiques, dont des crânes modernes provenant des cinq continents.

 

les sciences de la vie

Elles comprennent deux grands ensembles, dont l'enrichissement et l'étude doivent beaucoup à Joël Clary, conservateur (1979-2014), et à son équipe :

  • la zoologie des Vertébrés : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons. Les collections de mammifères et d'oiseaux sont essentiellement représentées par de nombreux spécimens naturalisés (montés ou en peaux), à l'exception des collections de chauves-souris conservées en alcool. Elles couvrent la faune mondiale. On peut noter la présence de spécimens appartenant à des espèces aujourd'hui disparues : couagga, thylacine, huias, pigeon migrateur, etc. Celles de reptiles, d'amphibiens et de poissons sont au contraire majoritairement conservées en liquide, dans des bocaux remplis d'alcool. Elles concernent également la faune mondiale mais sont particulièrement riches en matériel du Sud-Est asiatique, du Moyen-Orient et du Mexique.
  • la zoologie des Invertébrés : insectes, mollusques, crustacés, etc. Cette section est assez disparate et les collections, conservées surtout à sec, sont dans l'ensemble assez anciennes, sauf les collections d'insectes acquises en majorité à partir des années 1970. Les deux plus grands ensembles sont constitués de l'entomologie (les insectes, environ 1 million de spécimens) et de la malacologie (les mollusques sous la forme de coquilles, environ 490 000 spécimens). Des séries de Spongiaires, de Coelentérés, d'Échinodermes, de Crustacés et de Bryozoaires complètent la collection d'Invertébrés. Récemment se sont ajoutées des séries d'échantillons de coquilles conservées en alcool provenant de prélèvements contemporains effectués dans les cours d'eau de la région.

les sciences humaines

Les collections en sciences humaines se sont développées à partir du XIXe siècle et sont constituées de deux grands ensembles :

  • l‘archéologie régionale, nationale, européenne et internationale, dont une section remarquable en égyptologie 
  • l’ethnologie extra-européenne Afrique, Proche et Moyen-Orient, Asie, Océanie, Amérique, Arctique et Cercle polaire) et un peu d'ethnologie européenne.

Le récolement de 2014 a permis de comptabiliser plus précisément le nombre de biens conservés qui s'élève à 54 100, dont 25 900 pour l’archéologie et 28 200 pour l’ethnologie.

Ces collections proviennent historiquement de quatre institutions :

  • le muséum d'histoire naturelle de Lyon (1772-2007) : les objets de sciences humaines sont en partie issus de la section ethnographie créée en 1879 au Palais Saint-Pierre (actuel musée des Beaux-Arts de Lyon). A Lyon comme dans d'autres villes, les muséums sont à l'origine de nombreuses collections historiques en ethnologie. Cette collection s'est considérablement enrichie à la fin du XIXe siècle sous l'impulsion de Louis Lortet et d'Ernest Chantre. Elle n’a depuis cessé de s’étoffer.
  • le musée Guimet de Lyon (1879-1883, 1913-1978) : les collections sont constituées entre 1879 et 1968, avant d’être fusionnées en 1978 avec celles du muséum d’histoire naturelle de Lyon. Elles comprennent l’ensemble des œuvres propres au musée Guimet de Lyon, ainsi que celles issues des dépôts du musée Guimet de Paris (aujourd’hui le musée national des arts asiatiques-Guimet) entre 1913 et les années 1930.
  • le musée colonial de Lyon (1927-1968) : les collections sont issues des objets exposés lors de l’exposition coloniale de Marseille en 1922. Elles s’étoffent pendant la période d’ouverture de l’institution et comptent du mobilier, des photographies et des peintures portant essentiellement sur l'Afrique du Nord et le Proche-Orient.
  • l'Oeuvre de la Propagation de la Foi : la collection est déposée en 1979 par les Oeuvres Pontificales Missionnaires. Cet ensemble remarquable d'environ 3 000 pièces est constitué sur le terrain dès le second quart du XIXe siècle par les missionnaires, en contact direct avec les populations locales. Certaines pièces figurent parmi les plus anciennes conservées par le musée dans le domaine de l'ethnologie.

Historiquement, les premières pièces entrent en collection dans les années 1870. Puis les collections s'enrichissent au fil des années principalement de dons, puis d'achats motivés par de véritables politiques d'acquisition des différentes institutions muséales qui coexistent. Dans les années 1970-1980, le muséum d'histoire naturelle de Lyon développe activement les collections de sciences humaines. Avec le nouveau projet scientifique et culturel du musée, les collections connaissent dans les années 2000 une nouvelle période d'expansion grâce à de nombreux achats et dons de particuliers : c'est par exemple le cas des collections inuits et aborigènes, créées sous l'impulsion de Michel Côté, directeur entre 1999 et 2011.

les sciences et techniques

Avant 2005, le muséum d'histoire naturelle de Lyon ne conservait aucun objet scientifique et technique, en dehors bien sûr des outils de laboratoires utilisés par le personnel, les chercheurs ou encore les donateurs. Les thématiques abordées dans les expositions permanentes du musée des Confluences, qui mettent en regard sciences et sociétés, rendent indispensables la création d'un nouvel ensemble. Il se développe selon des critères prédéfinis :

  • répondre aux thématiques des expositions, Origines, Espèces et Sociétés en développant les sciences de l’astronomie et de la mesure du temps, les outils du naturaliste, la médecine et les biotechnologies, l'innovation technique et industrielle ;
  • privilégier les objets qui dialoguent avec d'autres collections du musée : horloges japonaises et chinoises en lien avec les collections Asie, microscopes en lien avec l'entomolgie et la minéralogie, etc.
  • montrer que les sciences et techniques ne sont pas l'apanage de l'Occident ;
  • mettre en valeur des collections locales existantes dans le cadre de partenariats.

L'ensemble le plus remarquable est incontestablement la collection Giordano composée de 116 microscopes simples, acquise en 2009 aux Etats-Unis. Parmi les autres instruments, on peut également citer des objets phare de l'Observatoire de Lyon (lunette méridienne, quart de cercle), des horloges japonaises du XVIIIe siècle, un ensemble de radiologie du début du XXe siècle (dépôt des HCL) ou encore un accélérateur de particules des années 1950 (dépôt d'Universcience). Plusieurs ensembles d'objets techniques permettent d'aborder l'histoire des techniques, l'innovation industrielle ou encore le design : il s'agit d'ustensiles culinaires du conservatoire du groupe SEB, d'objets de télécommunication de la Collection historique Orange, d'une voiture et d'un moteur de la Fondation Berliet et d'un fermenteur Frenkel donné par Merial.

La collection reste très modeste au regard de ses aînées : elle compte aujourd'hui 212 objets, dont 69 sont des dépôts et des prêts d'autres institutions qui ont accepté de nous aider à constituer une collection ex nihilo. Elle suscite pourtant une véritable curiosité du public, qui n'a pas toujours l'occasion de rencontrer de tels objets. Elle motive également des particuliers et des laboratoires à l'enrichir par des dons (microscopes modernes, scanner TEP, etc.) et des projets de dépôts.