les invertébrés marins

 

présentation

Si l’on excepte la riche collection de malacologie, les Invertébrés marins sont relativement peu représentés dans les collections de zoologie. L’éloignement de la mer et de l’océan Atlantique ne prédispose pas la capitale des Gaules à détenir de riches collections marines, à l’instar de Nantes ou de Nice. Néanmoins, l’ensemble, rassemblé en grande partie au XIXe siècle essentiellement par des dons et des échanges, est représentatif de la diversité des espèces vivantes avec de nombreuses pièces remarquables par leur forme, leur curiosité. Les achats sont rares : Portier en 1843, Vizonneau en 1845 et surtout Gal en 1871 et Nader en 1874. La proportion de matériel « exotique »s'est enrichie grâce aux envois de correspondants sur place au Mexique (Dugès), de Martinique (Chaffangeon) ou dans l’ancienne Cochinchine (Tirant ; Morice) ; des envois majeurs ont été effectués par des naturalistes réputés tels Agassiz (Antilles) ou Lütken, et s’inscrivent dans une démarche initiée semble-t-il au tout début XIXe siècle par Geoffroy-Saint-Hilaire (Muséum d’histoire naturelle de Paris), l’un des premiers à envoyer des caisses de ces « animaux inférieurs ». Les spécimens les plus anciens dateraient de la fin du XVIIIe siècle.

La collection comprend essentiellement des Spongiaires, des Anthozoaires, des Bryozoaires, des Vers, des Crustacés, des Ascidies et des Echinodermes. Les autres groupes (Méduses, Limules, etc.) sont faiblement représentés. Une partie de ces invertébrés marins est conservée à sec (3 500 lots), une autre l’est en alcool 70° glycériné dans des flûtes en verre (500 lots).

les éponges

De très belles pièces (« éponges géantes ») et de nombreuses curiosités (Hyalonema, Halichondria, Phakellia, Pheronema etc.) composent cet ensemble dont les espèces n’ont pas été révisées et sont, le plus souvent, appelées « Spongia ». 234 pièces sont répertoriées. La plupart proviennent du « fonds ancien », notamment de Portier, Nader et Koehler.

les coraux

La collection est vaste, en particulier les Madrépores et les Scléractiniaires. Les Gorgones, moins nombreuses, sont représentées par quelques pièces de taille spectaculaire. L’origine de ces pièces est plus variée : Chaffangeon, Muséum Godeffroy de Hambourg, Agassiz, Lütken, Schlumberger, Koehler, Loriol de Perceval, Gobin, Savin, Morice, Tirant, etc. En dehors des saisies de douanes, les collections récemment entrées sont celles de Guy Chavanon, Louis David et tout dernièrement Gilles Monet. Près de 600 coraux sont conservés dans les collections.

 

 

les crustacés

Près de 700 lots composent ce vaste ensemble.

Principalement représentés par les Décapodes (crabes, pagures etc.), la collection couvre toute la systématique et est représentative de la faune mondiale. L’origine de ces pièces est moins variée (ou moins documentée ?) que pour les coraux ; ce sont essentiellement le Musée Godeffroy de Hambourg, Chantre, Lortet, Tirant, Morice, Brébion, Robillard et Dugès avec quelques dons aux XXe et XXIe siècles.

L’ensemble des Cirripèdes (Balanes et apparentés) comprend outre des spécimens anciens de Devilliers, Bévalet et Girardot, la belle collection historique de Michaud, malacologiste du XIXe siècle qui traitait ce groupe avec la conchyliologie (« multivalves ») comme il était d’usage ; cette collection a été récemment complétée par les apports de René-Pierre Carriol et de Michel Philippe.

Récemment acquise (2009), la collection de Louste comprend 86 crabes magnifiquement préparés.

les échinodermes

Plus de 800 lots composent ce vaste ensemble comprenant des oursins, des étoiles de mer, des ophiures, des encrines (ou comatules) et des holothuries. Les deux premières catégories sont les plus diversifiées, avec de nombreux échantillons en alcool.

Les origines sont variées, la grande majorité est entrée au musée après 1870 : Loriol, Locard, Lortet, Schramm, Schlumberger, Bonnet, Buffard, Robillard, Beau, etc. avec beaucoup de matériel d’Agassiz et de Lütken et quelques spécimens de Koehler, professeur à la Faculté de Lyon et éminent spécialiste des Echinodermes. Une très belle série provient du musée Godeffroy de Hambourg. Une recherche des origines avec les anciens registres du Musée a été menée par Déborah Di Giovanni (ci-contre).

Les apports récents proviennent des collections de Louis David et Guy Chavanon, et surtout de Michel Philippe dont la première spécialité était l’étude des Oursins fossiles. Cette collection comprend de magnifiques échantillons comme le spectaculaire Plagiobrissus grandis.

 

la conservation des spécimens

les collections à sec

Des opérations de restauration ont été menées sur les Crustacés. Les spécimens desséchés se cassent facilement, en particulier les péréiopodes (pattes locomotrices) des crabes et les antennes toujours fragiles. La collection de Décapodes a ainsi été en grande partie restaurée, les spécimens montés sur des plaques de mousse polyéthylène maintenus par des fils de coton.

 

 

les collections liquides

Autrefois conservées dans le formaldéhyde, elles le sont désormais dans l’éthanol qui l’a aujourd’hui remplacé. De la graisse de paraffine est utilisée pour colmater le bouchon en verre et limiter l’évaporation. Les petits spécimens sont conservés dans des tubes à essai remplis d’alcool, l’ensemble des tubes est plongé dans l’acool dans un bocal à confiture fermé avec un joint EPDM. Toutes ces opérations de maintenance sont longues et délicates, notamment lorsqu’il faut changer le liquide de fioles qui n’ont pas été ouvertes depuis un demi-siècle ! Elles sont néanmoins indispensables pour la bonne préservation des spécimens à long terme.

                                                                                                 

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