Musée des confluences

La restauration des grands squelettes fossiles

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Trois grands squelettes fossiles uniques, de mammouth, de mégaloceros et de smilodon viennent d’être démontés et emballés pour une opération de restauration et de soclage à l'atelier du prestataire sélectionné. Ces pièces maîtresses du musée vont connaître une nouvelle jeunesse.

Trois grands squelettes fossiles uniques, de mammouth, de mégaloceros et de smilodon viennent d’être démontés et emballés pour une opération de restauration et de soclage à l'atelier du prestataire sélectionné. Ces pièces maîtresses du musée vont connaître une nouvelle jeunesse.

Le mégalocéros, un des plus grands cervidés de tous les temps.

Une journée, c’est le temps qu’il a fallu à l’équipe de quatre personnes de l’entreprise de restauration et soclage Aïnu pour démonter le squelette du mégaloceros (Megaloceros giganteus) avec crâne et bois, conservé au Muséum de Lyon, soit au total une soixantaine de pièces. Appelé autrefois le "grand cerf des tourbières" ou "élan irlandais", cet animal disparu il y a environ onze mille ans a été un des plus grands cervidés de tous les temps. Les hypothèses sur sa disparition sont l'ostéoporose ou la dimension de ses bois mal adaptée à un environnement boisé.

Démontage du crâne et des bois de plus de 2,5 mètres d'envergure du mégalocéros.

L’opération finale a été délicate, elle a consisté à extraire les fils de fer torsadés et légèrement rouillés qui faisaient tenir ensemble les vertèbres. De nos jours, ce genre de montage où les os sont percés pour faire passer au travers une tige de soutien n’est plus pratiqué. Une fois désolidarisée, chaque pièce a été soigneusement numérotée, étiquetée, emballée et mise en caisse. Un photographe enregistrait au fur et à mesure les séquences du démontage. « Les pièces de ces trois squelettes fossiles sont extrêmement fragiles du fait de leur ancienneté, les os sont très friables et peuvent casser comme du verre ! » commente Alain, qui gère la partie logistique de l’opération.

Démontage et numérotage des vertèbres du mégalocéros.

Même le socle du squelette est récupéré, il donnera de nombreuses informations (support, angles) à l’équipe de soclage. « C’est un peu comme un squelette du squelette qui donne à l’ensemble sa force et son dynamisme lors de la présentation au public ».

Squelette fossile du smilodon

Le tigre à dents de sabre photographié par Augustin.

Patte du tigre à dents de sabre maintenue provisoirement
dans une 'pantoufle' de plâtre.

Ce chantier de restauration comprend également un mammouth et un smilodon, plus connu sous le nom de "tigre à dents de sabre". Les colis seront acheminés par transport spécial jusqu’à Gentilly, au sud de Paris. À leur arrivée, les pièces seront déballées et traitées par l’équipe de restauration du prestataire avant de rejoindre les salles du musée des Confluences. Dans l’intervalle, les restaurateurs ont pour mission, en concertation avec les équipes du musée, de stabiliser l'évolution des altérations, restituer l'unité et la cohésion des objets, améliorer enfin leur lisibilité par le soclage de présentation. Il est également prévu l’application d'un produit 'matifiant' destiné à atténuer l'aspect brillant de la patine du mégalocéros. Alain est chargé de vérifier la sécurité du chargement effectué par un transporteur lyonnais. « Il est surtout question de s’assurer du respect des bonnes pratiques afin que le contenu des caisses ne subisse aucun dommage. Celles-ci sont attachées ou calées dans la remorque mais il peut arriver que des palettes soient carrément vissées sur le plancher ».

L’équipe de Aïnu :
Alain Loncle, logisticien,
Alexandre Grey et Christian Fantes, socleurs,
Augustin de Valence, photographe, auteur des trois premières photos.