inventaire, marquage et conditionnement des colibris

 

contexte

Le musée des Confluences détient l’une des plus importantes collections de colibris du monde : plus de 10 000 colibris en peaux sont en effet entrés en 2011. Cette acquisition effectuée auprès de Christian Jouanin (1925-2014), ornithologiste très connu, a été complétée en 2015 par un don de plus de 2 200 spécimens. Ce sont donc au total près de 13 000 colibris qui représentent pratiquement tous les taxons existants, avec des formes très rares et quelques types.

Cette collection dûment documentée et très soigneusement conservée dans des cartons entomologiques compartimentés rassemble deux collections historiques principales :

  • la collection de Jacques Berlioz (1891-1975), un des plus grands ornithologistes français du XXe siècle et coauteur du Traité de Zoologie sous la direction de Pierre-Paul Grassé.
  • la collection d’Eugène Simon (1848-1924), surtout arachnologiste, qui s’intéressa aux colibris dont la taille modeste facilitait le collectionnement. Il a rédigé une Histoire naturelle des Trochilidae richement illustrée.

inventaire

L’inventaire des colibris permettra aux chercheurs d’accéder aux données originales de chaque spécimen qui sont livrées par les étiquettes : collection d’où il est issu, provenance, date de collecte, collecteur, etc. Il est effectué sur la base de données Flora et prendra plusieurs années du fait de l'ampleur de la collection.

marquage

Indissociable de l’inventaire des informations, le marquage des spécimens avec un numéro d’inventaire unique et attaché directement au spécimen, garantit que les informations enregistrées dans le logiciel Flora correspondent au bon spécimen. Le numéro d’inventaire est « l’intermédiaire » entre la base de données et l’information numérique d’une part, le spécimen et les étiquettes d’autre part.

Ce marquage doit être respectueux des spécimens. Les étiquettes originales sont reliées avec un fil de coton noué à la patte de chaque oiseau. Le responsable de collection a choisi cette méthode en utilisant une étiquette de numéro d’inventaire la plus petite possible.

L’opération de nouage s’avère délicate. Le colibri est placé sur un « lit » en mousse polyéthylène recouvert de Tyvek (un textile à base de fibres de polyéthylène), ce qui l’empêche de glisser durant l’opération. Le fil est noué directement à la patte ou sur un fil de coton précédent.

conditionnement

La partie en magasin qui n'était pas en boîtes compartimentées, a été reconditionnée par Elvire Reynaud, étudiante en 2e année de licence de biologie-biochimie à l’université de Saint-Étienne dans le cadre de son stage. Cette partie correspond aux 2200 colibris cédés en 2015 et qui étaient provisoirement stockés dans une vingtaine de boîtes d'attente.

Elvire a réalisé le reconditionnement complet de cette partie en façonnant des boîtes sur-mesure par rapport aux portoirs métalliques où la collection est destinée. Ces boîtes, fermées sur les côtés avec des colliers Serflex® sont en polypropylène cannelé, sur fond de mousse recouvert de papier de soie. Le couvercle est en polypropylène cannelé dans lequel est aménagée une fenêtre en Mylar® (film transparent).

Les spécimens sont alignés, serrés les uns contre les autres, en double ou triple rangée ; ils sont manipulés avec des gants, en raison de leur fragilité et des risques liés à la présence d’arsenic qui a servi à les naturaliser.