la malacologie

Ces collections consacrées aux coquilles sont parmi les plus riches du musée des Confluences et constituent probablement l’ensemble le plus imposant pour un musée en région.

présentation

La malacologie (étude des mollusques) reste, avec l’entomologie, l'un des deux points forts en zoologie des Invertébrés au musée des Confluences.

L’origine géographique des spécimens est mondiale, couvrant l’ensemble de la systématique continentale et marine, à l’exception de la faune abyssale.

Pour des raisons pratiques, quelques crustacés, des Brachiopodes (autrefois rangés avec les coquilles « multivalves »), des Bryozoaires, quelques autres invertébrés marins ainsi que plusieurs spécimens quaternaires ou tertiaires ont été rangés avec les collections de mollusques.

Il y a très peu d’animaux entiers conservés en alcool : les collections malacologiques sont donc essentiellement conchyliologiques.

L’ensemble des collections rassemble environ 71 250 lots évalués à 490 000 coquilles.

collections remarquables

La majeure partie des collections est ancienne (fin XVIIIe à début XXe siècle), leur conférant une valeur historique en plus de leur valeur scientifique. L’une des plus anciennes est celle de Devilliers (ou De Villers ?), une collection rassemblée dans l’esprit des grands voyageurs.

Dans les collections constituées à partir de la fin du XIXe siècle se trouvent parfois des spécimens beaucoup plus anciens et chargés d’histoire : spécimens du voyage de l’Astrolabe et de la Zélée (1837-1840), spécimens de Faure-Biguet, l’un des pionniers de la malacologie française en Rhône-Alpes vers 1800...

Plusieurs collections (Terver, Michaud, Coutagne, Nicolas, Sayn) sont incontournables pour la connaissance malacologique avec la présence de plusieurs centaines de types (spécimens ayant servi à leur description).

Parmi eux, les ensembles majeurs sont :

  • les types « anciens » de Michaud et Terver, dont les travaux sont considérés comme fondateurs pour la faune algérienne et française.
  • les types de Nicolas (faune souterraine), accompagnés de leurs microphotographies considérées comme les toutes premières réalisées en malacologie.
  • les types de Coutagne, dont certains en unique exemplaire.

En dehors du matériel typique, il faut encore signaler des séries pratiquement complètes d’Achatinelles et de Partula dont une majorité sont éteints ou classés sur la liste rouge mondiale des espèces menacées (IUCN), ainsi que des espèces éteintes de moules d’eau douce provenant d’Amérique du Nord.

collections générales et nominales

fonds ancien et collections générales

Les collections sont organisées soit en collections générales, en suivant un ordre systématique, soit en collections nominales ; les premières ont donc fait l’objet d’un regroupement de plusieurs collections nominales, ce qui était une pratique courante notamment au XIXe siècle dont l’objectif était moins la recherche de l’exhaustivité des espèces représentées par quelques individus par espèce, que l’étude du polymorphisme et de la délimitation des espèces, lesquelles nécessitaient le regroupement d’un grand nombre de spécimens d’une même espèce mais provenant de localités variées. Arnould Locard (1841-1904), l’un des malacologistes les plus connus au XIXe siècle, a réalisé lui-même une vaste collection générale à partir des différentes collections anciennes du musée. Elle est restée en l’état jusqu’à ce jour. Ce vaste ensemble comprend notamment les collections Devilliers, Terver, Michaud,  Dr Corre, Pallary, Baronne de Sermet, etc.), complété par des dons de personnalités du musée : Guimet, Lortet et Chantre, ainsi que des ajouts de sa propre collection.

Cet ensemble comprend ~17 490 lots pour ~87 130 coquilles.

A la même époque, une collection générale expographique, rassemblant les plus beaux spécimens, et destinée à être présentée au public, est réalisée en parallèle de la collection scientifique. C’est Locard une fois encore qui apporte son aide à la détermination, tandis que les préparateurs du musée montent les spécimens sur des cartons et les calligraphient avec leur plus belle écriture. Ces collections remplissaient encore les vitrines de l’ancien bâtiment Guimet jusqu’à sa fermeture en 2007.

Rangée avec les collections expographiques, la collection Savin en boîtes de savon  compartimentées est particulièrement esthétique.

Beaucoup plus tard, à la suite de la parution de la Faune de France de Louis Germain en 1931, l’abbé Martin avait constitué à partir de la collection générale ancienne un échantillonnage de toutes les espèces françaises ; cette collection très bien déterminée reste toujours une référence à l’heure actuelle.

L’ensemble de ces collections expographiques et de référence rassemblent ~6 900 lots pour ~24 510 coquilles.

autres fonds et collections nominales

En 1986 et 1991, la Société linnéenne de Lyon a fait don au musée de la presque totalité de son fonds malacologique : il comprend des collections datant du milieu XIXe – début XXe siècle, comme les collections Durillon, Gabillot et Riel, pour un total de ~7 400 lots et ~25 820 coquilles.

Le fonds Sayn comprend diverses collections mondialement connues, dont les collections de Gustave Sayn et d'Hector Nicolas, pour un total de ~10 500 lots et ~80 660 coquilles.

Le fonds Coutagne, entré en 2006 et 2013 grâce à la générosité de sa famille, comprend deux collections majeures : celle de Georges Coutagne et celle de Georges Roüast. Ces deux collections rassemblent ~16 920 lots pour ~134 500 coquilles.

Il faut encore signaler le fonds de collections de l’Institution des Maristes, ainsi que de nombreuses autres collections nominales (Brébion, Hustache, Demange, Frère Euthyme, Roux, Pallary, Marmorat, Perroud, Abbé Martin, Roman, etc.) ainsi que des collections plus récentes (Philippe, David, Chavanon, etc.). Cette collection, qui rassemble aujourd’hui 12 042 lots pour ~135 300 coquilles, continue de s’accroître par des dons de spécimens y compris des types.

collections et muséologie

Concilier les normes modernes de conservation, notamment en matière de conditionnement, tout en respectant des pratiques passées aujourd’hui désuètes, reste parfois un exercice difficile à mener. Dans la mesure du possible, au moins un jeu d’échantillons représentatif d’une présentation particulière est conservé à titre historique. Plusieurs collections ont ainsi gardé leur présentation originale typiquement lyonnaise (Société linnéenne, collections Riel et Roüast) utilisant des bandelettes de papier pour séparer les cartons sur lesquels sont fixés les échantillons. Respecter ce conditionnement complique néanmoins l’étiquetage et la gestion par lots.

Dans la mesure du possible, tous les contenants originaux - flacons de parfum, boîtes à savon compartimentées, papillotes, cuvettes en lettres pliées en origami, etc. - sont conservés à la fois pour leur côté historique comme pour une éventuelle utilisation muséologique.

études scientifiques

Les collections malacologiques sont, avec les collections d’entomologie, les plus étudiées en zoologie. Des chercheurs du monde entier effectuent des demandes ou viennent sur place consulter le matériel dans les espaces dédiés.

La majorité des études sont tournées vers la systématique (par exemple : étude des types, révision de genres), la faunistique (distribution des espèces, premières introductions), ou les deux à la fois. Des études relevant de l’histoire des sciences, de l’histoire des collectionneurs ou des collections sont également réalisées.

Les collections les plus consultées sont évidemment celles préservant des types, mais pas uniquement. Les familles de mollusques les plus étudiées restent les Clausiliidae, les Hygromiidae, les Helicidae (mollusques terrestres), les Unionidae, les Sphaeriidae, les Hydrobiidae, les Moitessieriidae (mollusques d’eau douce), les Rissoidae, les Trochidae et les Pleurotomidae (mollusques marins).

Enfin, sur le plan géographique (et indépendamment des collections), les zones les plus prisées, suscitant le plus d’intérêt ou de demandes sont l’Europe, les Açores, l’Algérie, le Moyen-Orient, l’Amérique du Nord (Unionidae), le Viêtnam et la Nouvelle-Calédonie, pour lesquelles le musée possède un matériel abondant.

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