l'Océanie

La collection océanienne compte environ 2 000 objets.

L’organisation de cet ensemble est géographique : la Mélanésie, la Polynésie, la Micronésie, l’Australie et l’Indonésie. Ces pièces sont principalement issues de la Nouvelle-Calédonie pour la Mélanésie, de Sumatra pour l’Indonésie, de Wallis, Futuna, Samoa et Tonga pour la Polynésie et du Territoire du nord et du Queensland pour l’Australie.  La Micronésie est très faiblement représentée.

l'Australie

La collection australienne compte plus de 260 pièces, objets ethnographiques du quotidien, écorces et toile peintes.

La première entrée pour la collection sciences humaines, mentionnée au livre d’entrée le 19 septembre 1874, est un don d'objets ethnographiques aborigènes fait par Anthelme Thozet. Naturaliste reconnu, il collecte des  pierres de hache, massues et boucliers dans le nord-est de l'Australie. Les sept pièces sont parfaitement conservées et décrites avec précision, en mentionnant par exemple les noms vernaculaires des bois et des objets.

La collection compte aussi une pièce exceptionnellement rare : le moulage dit de « l'Aborigène lançant le boomerang » est réalisé en 1883 à la demande du conservateur. Ce moulage en pied d'un jeune homme d'une vingtaine d'années est réalisé sur la personne vivante, lorsque la troupe à laquelle il appartient est en représentation à Perrache.

Les autres pièces ethnographiques australiennes appartiennent au dépôt de l'Oeuvre de la Propagation de la Foi, une dizaine de boomerangs, boucliers et lances.

En 2001, le muséum achète à Pierre-Henri Giscard la collection « serpent arc-en-ciel », qui enrichit considérablement la collection australienne : 147 pièces dont 14 écorces peintes. Les années suivantes, une politique d'acquisition de peintures contemporaines australiennes est engagée. Le musée acquiert ainsi des oeuvres d'artistes aborigènes de renom : Dorothy Napangardi, Abie Jangala, Kathleen  Petyarre, Wakartu Cory  Surprise.

la Mélanésie

La collection mélanésienne est constituée d'un ensemble important de pièces provenant de Nouvelle-Calédonie, grâce essentiellement à des dons dans les années 1880 de particuliers, souvent en poste dans l'administration coloniale : don Dumont, envoi Michel, don Guépy.

Parmi les personnes plus connues, le docteur Stephen Chauvet (1885-1950) transmet au muséum, comme à de nombreux musées en France, des objets de Samoa, du Vanuatu et des Iles de l’Amirauté, dont certaines pièces appartenaient à la prestigieuse collection du prince hongrois Festetics de Tolna (1850-1933). De son côté, Emile Guimet fait don d’une très belle hache dit ostensoir provenant de Nouvelle-Calédonie. La présence de masques apouéma et de sagaies à plaquette, également en très bon état de conservation, est à noter.

Le musée conserve également une collection de maquettes de bateau, constituant ainsi avec les hameçons et les filets une collection autour de la thématique de la pêche à l'île des Pins, au Vanuatu, à Fidji, etc.

Les acquisitions plus récentes viennent enrichir les collections, dont l'acquisition d'une collection en 2007, auprès de la galerie Oceanic Art, de plus de 100 parures et valeurs d'échange provenant de toute la Mélanésie : la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles Salomon, la Nouvelle-Bretagne, la Nouvelle-Irlande, les îles Banks, etc.

En 2005, six peintures contemporaines papoues ont été achetées à des artistes reconnus : Gigs Wena, Daniel Waswas, John Siune. Cette acquisition, enrichie par des prêts extérieurs, a donné lieu à une exposition sur la peinture contemporaine de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

la Polynésie

La collection polynésienne couvre Wallis, Futuna, Samoa, les îles Cook, Hawaï, la Nouvelle-Zélande et les îles Marquises.

Le tapa polynésien est largement représenté dans les collections, avec une cinquantaine de pièces dont certaines datent de la première moitié du XIX e siècle. Le tapa est un textile dit intissé, car il n'est pas réalisé par tissage mais par battage des fibres. Les Polynésiens, mais aussi les Mélanésiens utilisent le liber interne du mûrier à papier originaire de Chine, ou de l’arbre à pain et de plusieurs sortes de figuiers. Le liber interne est mis à macérer, battu puis décoré.

Le musée conserve quelques ivi po'o marquisiens, des capes de Nouvelle-Zélande, ainsi qu'un magnifique collier lei niho palaoa hawaïen, constitué d'un crochet en dent de cachalot et d'un cordon en tresse de cheveux humains, qui était porté par les personnes de haut rang.

la Micronésie

La Micronésie est peu représentée dans les collections.

Ces dernières années plusieurs acquisitions sont venues enrichir cette géographie : parmi ces acquisitions, trois couteaux en coquillage des îles Yap et trois cartes de navigation. Ces cartes servent à l'apprentissage de la navigation, leur but n'étant pas de donner une image précise de la géographie, mais d‘aider à la mémorisation des vents et des courants marins.

l'Indonésie

La collection comprend plus de 300 pièces provenant pour l'essentiel du don Dapples, en 1985.

La famille Dapples donne en effet une collection de plus de 260 pièces, représentative de la culture batak. Cette collection, exceptionnellement bien conservée, est constituée sur le terrain à la fin du XIX e siècle par Ernest Journet, grand-père de Madame Dapples, parti faire fortune à Batavia. Les objets sont des contenants, boîtes en bambou gravé tagan et boîtes avec bouchon sculpté guri guri, manuscrits pustaha, armes kriss, lamelles de bambou gravées tondung sahala, cannes tunggal et textiles ikatés.