Musée des confluences

Minitel 5 portatif

 

utilisation

Pour les généralités sur l'utilisation du Minitel, voir la notice du Minitel 1.

Ce modèle de Minitel est beaucoup plus compact que les précédentes générations, avec un écran rabattable sur le clavier : transportable dans une sacoche, il témoigne de l'essor de la mobilité dans les télécommunications et l'informatique. Il n'était pas destiné à une diffusion dans le grand public, mais à une clientèle professionnelle de techniciens et de commerciaux auprès de qui il a connu un certain succès. Il pouvait en effet se brancher sur n'importe quelle prise de téléphone, mais également dans une cabine téléphonique ou avec un téléphone de voiture de type Radiocom 2000.

Commercialisé en même temps que les débuts de l'ordinateur portable alors qu'il disposait de peu d'autonomie et nécessitait la plupart du temps une prise de téléphone, il est resté cantonné à son marché initial et demeure de ce fait peu connu du grand public.

description

Le Minitel 5 fabriqué par Matra est composé d'un terminal avec un écran à cristaux liquides rabattable ; il est accompagné d'une prise téléphonique, d'un cordon électrique, d'une batterie rechargeable et de sa housse de transport. Par rapport aux modèles précédents, le Minitel 5 bénéficie d’une certaine autonomie et peut être connecté sans prise téléphonique avec des accessoires comme un coupleur acoustique ou un téléphone de voiture : il est donc à la fois portable lorsqu'il est autonome, et portatif lorsqu'il est branché sur le réseau téléphonique.

Le principe de base du Minitel est de faire transiter par le réseau téléphonique des données textuelles ou graphiques dont clavier et écran constituent les unités d’entrée et de sortie. Son utilisation, très simple pour l’usager, masque une grande complexité technique pour transformer le message tapé en signal analogique puis numérique, et inversement pour recevoir la réponse sur écran.

L’ensemble des terminaux minitels forment le réseau Télétel, dont les données peuvent être transmises de plusieurs manières :

  • via le réseau téléphonique commuté ou RTC pour accéder aux points d’accès vidéotex ;
  • via le réseau Transpac entre les points d’accès vidéotex et les serveurs qui centralisent l’information ;
  • avec le protocole de communication X.25 pour les données du réseau Transpac, ce qui permet de découper l'information en paquets se suivant dans le même ordre dans un circuit. Ce protocole, réputé fiable mais gourmant en ressources, est devenu une norme internationale de transmission de données standardisée par l'UIT (Union International des Télécommunications). Elle a été utilisée dans de nombreux pays, ce qui a permis au Minitel d’échanger à l’international via le réseau Transpac.

La fabrication des Minitels a été confiée à 3 fabricants : Matra, Radiotechnique (Philips) et Télic-Alcatel. Plusieurs modèles se sont succédé ou ont coexisté, dont le Mintel 2 avec mot de passe et répertoire, le Minitel 5 portatif et le Minitel 10 comportant un téléphone.

Par rapport au réseau Internet tel que nous le connaissons, les différences sont importantes :

  • les minitels sont de simples terminaux sans mémoire et applications internes, contrairement aux ordinateurs ;
  • la connexion entre terminaux, accessible depuis le 36 18, reste limitée ;
  • bien que le réseau Transpac permette de communiquer avec des réseaux du même type à l'étranger, l’expérience du Minitel est restée franco-française, même si les créateurs d'Arpanet, ancêtre d'Internet, reconnaissent s'en être inspirés ;
  • à partir du milieu des années 1990 et jusqu’à l’arrêt de ses services en 2013, le Minitel cohabite avec Internet, basé sur le protocole de transmission des données TCP/IP.

exposition

Ce Minitel 5 est présenté dans l'exposition Sociétés, aux côtés d'un Minitel 1 et d'un visiophone.

Avec l’avènement du numérique dans les télécommunications, voix, images et données circulent dans les mêmes fils à des vitesses sans cesse grandissantes. Internet rend leur diffusion mondiale et met un terme aux réseaux analogiques du visiophone et du Minitel.

En termes d’innovation, dont la thématique est développée dans la partie « Créer » de cette exposition, le Minitel est intéressant à plusieurs titres :

  • il s’agit d’une innovation à la fois technique (le réseau) et d’usage (les services), qui à l'origine ne répond pas à un besoin exprimé par les utilisateurs, mais à une proposition d’ingénieurs du Centre national d’étude des télécommunications (CNET). Le Minitel 5 fait évoluer cette innovation vers une logique d'usagers dont la mobilité est le lot quotidien : elle est encore à l'oeuvre aujourd'hui, avec par exemple la concentration d'usages très divers dans un smartphone (téléphone, jeux, musique, connexion Internet, chats, achats en ligne, applications mobiles, etc.) ;
  • après la vague d’équipement électroménager de l’après-guerre, le Minitel signe l’arrivée massive dans les foyers des premiers objets de communication, qui se poursuit elle aussi avec la multiplication des terminaux (smartphone, tablette, ordinateur, etc.) et l’essor des objets connectés ;
  • enfin, il consacre l’avènement des réseaux mondiaux de communication, qui succèdent dans l’histoire des techniques à l'essor des réseaux énergétiques (voir Jacomy en bibliographie).

bibliographie sélective

  • Altier Christian, Télécommunications, Des objets qui racontent l'histoire, Lyon, EMCC, 2001.
  • Jacomy Bruno, Une histoire des techniques, Paris, Seuil, 1990.
  • Le Roch Irène, "Téléphone et minitel : comment être plus sociable", dans Technologies du quotidien, La complainte du progrès, Paris, Autrement, collection Sciences en sociétés n°3, 03/1992, p. 68-74.
  • Schafer Valérie, « L’administration des télécommunications, de l’opérateur de réseau à l’acteur de communication », Journée d’étude Du Minitel à Internet... 30 ans de services en ligne organisée par l’Association armoricaine de recherches historiques sur les télécommunications (Armorhistel), Rennes, 14 octobre 2011.
  • Thierry Benjamin, Schafer Valérie, Le Minitel. L’enfance numérique de la France, Nuvis, 2012.

 

 

 

Éditeur : 
musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
4 Février 2015
Crédits : 
Dépôt des collections historiques Orange (Soisy-sous-Montmorency)