Musée des confluences

Ensemble de radiologie

 

utilisation

Cet ensemble a été reconstitué à partir de plusieurs éléments indépendants, qui étaient effectivement en usage dans les cabinets de radiologie du début du XXe siècle. Il représente une étape importante dans l'histoire de la radiologie et de la production des rayons X découverts par Röntgen en 1895 : auparavant, seule l'autopsie permettait de confirmer ou non le diagnostic médical. Grâce à la visualisation de l'intérieur du corps, il est désormais possible de définir le type d'affection sur la personne vivante et donc d'améliorer considérablement ses chances de survie.

L'examen, pratiqué dans le noir, se déroulait en 2 étapes : les radiologues pratiquaient tout d'abord une radioscopie, qui consistait à déterminer la zone du corps atteinte à l'aide d'une "bonnette" et du tube à rayons X placé sous la table ; un double contrôle du technicien et du médecin était effectué à partir de la bonnette, ce qui explique sa forme. Puis ils effectuaient une radiographie de cette zone précise à l'aide du tube à rayons X du chariot mobile, positionné au-dessus du patient allongé sur la table : après un long temps de pose, on obtenait une photographie sur plaque de verre qu'il était possible d'analyser à plusieurs. Le médecin pouvait dès lors décider d'entamer une radiothérapie, d'opérer la personne ou de ne pas traiter la maladie.

La table symbolisera pendant longtemps ce type d'examen, qui exposait le patient et le radiologue à de fortes doses de rayons X : l'évolution des techniques a ensuite permis de limiter ces risques, peu connus aux débuts de la radiologie.

description

Cet ensemble de radiologie est composé de 3 grandes parties, elles-mêmes composées de plusieurs éléments : une table de radiologie, un chariot mobile supportant un tube à rayons X et un pupitre de commande, également appelé crédence. La table de radiologie a été fabriquée en 1908 par Radiguet et Massiot, la crédence en 1909 par Gaiffe-Gaillot-Pilon et les tubes de Coolidge entre 1913 et 1925 par divers spécialistes de ce type de verrerie.

L'ensemble a été collecté par Albert Renaud, ingénieur lyonnais en radiologie et passionné par l'histoire de cette discipline : il fait partie d'une collection de plus de 3 000 objets, léguée aux Hospices Civils de Lyon en 2003.

Il a été déposé en 2010 au musée des Confluences par les Hospices civils de Lyon.

expositions

  • L'ensemble de radiologie est présenté dans l'exposition permanente Espèces, dans la partie consacrée à l'homme comme être vivant conscient de son corps.

La conscience et la reconnaissance de son propre corps permettent de distinguer ce qui est de l’ordre du moi et ce qui ne l’est pas. C’est un élément fondamental de la conscience de soi et, par extension, de l’autre. Cette conscience permet notamment de gérer les relations, d’anticiper et de prédire les réactions. Si tous les êtres vivants existent à travers leur corps, tous n’en ont pas le même niveau de conscience que l’être humain. Au-delà de la reconnaissance de son corps, il cherche à connaître son fonctionnement, ses faiblesses. Il en repousse progressivement les limites.

L’être humain a produit de nombreux outils pour explorer et connaître son corps. Il peut aujourd’hui se voir comme jamais auparavant et comme aucun autre être vivant ne peut le faire. Il lui est possible de réparer et même transformer ce corps, au risque de modifier ainsi sa propre perception de soi.

  • Cet objet a par ailleurs déjà été exposé par le musée des Confluences lors de l'exposition hors les murs Observer, qui a eu lieu à la CCI de Lyon en février 2010.
  • Il a auparavant été présenté par les Hospices civils de Lyon dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu, dans le cadre d'une exposition Histoire de rayons X (15/09-31/10/2005).

sources complémentaires

bibliographie sélective

  • Amiel Michel, Chassard Jean-Louis, Mornex René, Histoire de rayons X, Lyon, HCL, collections Science et Histoire, 2007, p. 70-71.
  • Brinnel Heiner, "Les innovations rayonnantes", in Les Cahiers du musée des Confluences, volume 7 : innovation, Lyon, musée des Confluences, p. 141-158.
  • Pallardy Guy, Pallardy Marie-José, Wackenheim Auguste (Dir.), Histoire illustrée de la radiologie, Paris, Roger Dacosta, 1989.

liens

  • Table de radiologie, voyage dans le corps :  entretien avec Michel Amiel, radiologue et fondateur de Creatis, et M. Renaud, technicien et installateur de matériel, réalisée pour le musée des Confluences dans le cadre de la série de vidéos "Histoire de collections"
  • le patrimoine des Hospices civils de Lyon (HCL)
  • le musée des HCL sur la base Joconde
  • article sur Etienne Destot, l'un des pionniers de la radiologie à Lyon, sur le site de Millénaire 3
  • article sur Claudius Regaud, pionnier de la radiobiologie à Lyon aux débuts du XXe siècle
  • projet BIBRACTE consacré à la biographie des pionniers lyonnais de la radiothérapie et de la radiobiologie : ce projet est mené par le Groupe de radiobiologie dirigé par Nicolas Foray au Centre de recherche en cancérologie de Lyon (Léon-Bérard)
  • site de Creatis, laboratoire de recherche en imagerie médicale basé sur le campus de la Doua
  • site du CERMEP, centre d'imagerie in vivo multimodale dédié à la recherche fondamentale et clinique basé à Bron
  • dossier documentaire de la Cité des Sciences - Bibliothèque des Sciences et de l'Industrie sur William Röntgen, découvreur des rayons X [consulté le 26/09/2016]

 

Modifié le : 
20 Février 2015
Crédits : 
musée des Confluences (Lyon, France), dépôt des Hospices Civils de Lyon