Musée des confluences

Cadran solaire chinois

 

utilisation

Ce cadran solaire chinois, vieux de plus de 2 300 ans, permet de mesurer l’heure selon la position du Soleil : il était orienté de façon à ce que son stylet central, aujourd'hui manquant, pointe vers l'étoile polaire. Il était utilisé d'avril à septembre en complément d'une clepsydre.

description

L'objet se présente sous forme d'une plaque de forme carrée, percée aux quatre coins, qui témoigne de la façon dont les Chinois envisageaient l'Univers à cette époque : la Terre carrée supporte la voûte céleste en coupole grâce à quatre piliers, dont les positions pourraient être définies par les marques T,L,V présentes sur l'objet.

Le recto porte les inscriptions gravées en chinois qui déterminent la position de l’ombre portée par le stylet : 70 rayons sont gravés depuis le centre de la plaque, de 10 en 10, et aboutissent à 70 points numérotés en caractère chou, de 1 à 70. La durée d’une journée est alors divisée en 100 parties ou «khe», qui équivalent chacune à 14,4 minutes dans notre système de temps : les 70 «khe» du cadran permettent donc de suivre le Soleil pendant 16h48 minutes.

Le verso porte en son centre les résidus de deux étiquettes : la plus ancienne en bas à droite porte le numéro 17036, la plus récente avec le numéro 3468.

Son état de conservation est typique d'une pièce archéologique de la période, avec des accumulations épaisses de chlorure d'argent liées à une corrosion ancienne de la surface (analyse faite par le restaurateur métal Stéphane Crevat en 2007).

historique

Son parcours jusqu'au XXe siècle est inconnu. Dans les années 1930, l'objet a appartenu à C.T. Loo & Co (Paris), puis a fait partie des années 1950 aux années 1980 de collections privées parisiennes. Entre 1980 et 2004, il est en dépôt au Time Museum à Rockford (Etats-Unis), puis de nouveau dans une collection privée après la dispersion en vente publique de la collection de ce musée. Le cadran a été acquis en 2008 par le musée des Confluences dans le cadre de la création de la collection sciences et techniques d'instruments de mesure.

exposition

Cet objet est présenté dans l'exposition Origines dans l'une des vitrines consacrées à la mesure du temps, aux côtés d'autres instruments.

Pour se repérer dans le temps, l’humanité a longtemps observé son environnement, notamment le mouvement régulier des astres. Puis elle s’est dotée d’instruments de mesure de plus en plus précis. La multiplication et la mondialisation des échanges depuis le XIXe siècle ont rendu nécessaire le partage d’un temps commun qui depuis est devenu universel.

bibliographie sélective

  • Biot Jean-Baptiste, Etudes sur l’astronomie indienne et sur l’astronomie chinoise, Librairie scientifique et technique Blanchard, 1969 [réédition de 1862], p. 292-293.
  • Dolan Winthrop W., A Choice of Sundials, The Stephen Greene Press, Brattleboro, VT, 1975.
  • Maspero Henri, Les instruments astronomiques chinois au temps des Han, Bruges, Imprimerie Sainte-Catherine, 1939, p. 183-270.
  • Needham Joseph, Science and Civilisation in China, tome III, Cambridge, 1959.
  • Ontario Museum, « An Ancient Chinese Sundial with 100 Divisions to the Day » in The British Sundial Society (BSS), bulletin n° 94/2, juin 1994, p. 30.
  • Taton René, Histoire générale des sciences, tome 1 : la science antique et médiévale, Paris, PUF, 1957, p. 192-201.
  • Turner Anthony, « Sun-dial » in Bud Robert et Warner Deborah Jean, Instruments of science : An Historical Encyclopedia, New York et Londres, Garland Publishing, 1998, p. 588-589.
 
Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
15 Mars 2015
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon,France)