Musée des confluences

Cercle répétiteur

 

utilisation

Le cercle répétiteur est utilisé, depuis la fin du 18e siècle, pour mesurer avec précision des angles à partir d’un point connu, ce qui permet de déduire des distances par triangulation au lieu de les mesurer directement sur le terrain. Il est utilisé par les naturalistes pour cartographier un milieu, mais aussi par des arpenteurs, géomètres-experts et cartographes pour dresser des cartes topographiques et administratives d’une grande exactitude. C'est à partir d'un instrument similaire que Delambre et Méchain ont effectué des mesures d’angles pour définir la longueur du méridien entre Dunkerque et Barcelone, base du mètre étalon.

description

Le cercle répétiteur est composé d’un lourd trépied réglable en hauteur sur chacun des pieds, et d’un axe vertical sur lequel est fixé un cercle orientable dans toutes les directions grâce aux deux axes de rotation. Le cercle est lui-même composé d’un limbe divisé en graduations, d’une lunette de visée et d’une double alidade. Un cercle répétiteur comporte habituellement deux lunettes et deux doubles alidades. Le principe de fonctionnement vise à réduire les erreurs d’observation inhérentes à tout instrument de mesure : il s’agit de répéter plusieurs fois la même mesure d’angle sans revenir au zéro sur le limbe, puis de lire le résultat à l’issue de ces répétitions. Avec dix mesures et une seule lecture, le risque d’erreur est divisé par dix : la répétition permet donc la précision. L’instrument nécessite un réglage très précis, notamment pour vérifier que lunettes et cercle sont bien parallèles, et pour s’assurer de la verticalité ou de l'horizontalité parfaite du cercle pour certaines mesures.

expositions

  • Le cercle répétiteur est présenté dans l'exposition permanente Sociétés, le théâtre des hommes, dans la partie Organiser - Représenter le territoire, près de peintures aborigènes et sur le même plateau que Pamapardu Jukurrpa [Rêve Termites] de Jack Ross Jakamarra (vers 1925-2004). La conception radicalement différente du territoire par les aborigènes et les colons occidentaux se matérialise dans une peinture et un instrument scientifique, deux objets de disciplines différentes qui se côtoient et s'affrontent dans un même espace : c'est un cas unique dans tout le parcours permanent.

Représenter un espace, c’est déjà se l’approprier, le mesurer pour en prendre possession. Ainsi, conquête du monde et cartographie des territoires vont de pair. En Australie, les aborigènes établissent un autre lien à leur terre. Les représentations qu’ils font de leurs territoires, et notamment la peinture aborigène depuis le XXe siècle, s’attachent à montrer un espace à la fois physique, mental, spirituel et politique. Ces peintures constituent non seulement un acte de propriété mais aussi un manifeste politique.

Instrument de la cartographie occidentale depuis la fin du XVIIIe siècle, le cercle répétiteur permet de mesurer des angles avec précision et d’en déduire les distances selon la méthode de la triangulation. La précision des cartes et plans est indispensable à la conquête des territoires.

The reflecting circle is shown in the exhibit Societies, human theatre, in section entitled Organising - Outlining territory, together with Aboriginal Paintings. To designate a space is akin to owning it; to get the measure of it so that it can be possessed. So, in this way, the conquest of the world and the mapping of territories go hand in hand. In Australia, the Aborigines establish a different sort of bond with their land. They represent their territories as being at the same time physical, mental, spiritual and political spaces, this is particularly evident when we look at Aboriginal painting from the 20th century onwards. These paintings should be seen not only as a statement of ownership, but also as a political manifesto.

The reflecting circle, an instrument used in western cartography since the late 18th century, allows angles to be measured accurately and distances to be calculated using the triangulation method. Accurate maps and plans areessential when acquiring territories.

  • En préfiguration du musée des Confluences, cet objet a fait partie de l'exposition hors les murs Observer, organisée à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Lyon en février 2010.

sources complémentaires

bibliographie sélective

  • Guedj Denis, « Le mètre et le cercle répétiteur », in Revue des Arts et Métiers n°30, juin 2000.

liens [consultés le 10/10/2016]

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
10 Octobre 2016
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon, France), prêt du Musée des Arts et Métiers-CNAM (Paris, France)