Musée des confluences

Cocotte Samira

 

utilisation

Cette cocotte en terre cuite collectée au Niger a été confectionnée par la potière Zouéra Mamane à Mirria, sur le modèle des cocottes émaillées produites en Chine. En ville, les casseroles chinoises sont  adoptées comme expression de richesse et de modernité. Certaines villageoises connaissent cette mode, mais ne peuvent pas acquérir ces objets rares et onéreux. Des substituts en terre cuite sont alors produits avant la démocratisation des «véritables » casseroles émaillées.

Le contexte d'utilisation des cocottes émaillées est particulièrement bien documenté : celles-ci constituent le trousseau de la mariée, qui les expose méticuleusement dans sa chambre comme objets de décoration. Quelques jours après l'installation de l'épouse dans la maison du jeune marié, les voisins et la famille leur rendent visite et viennent admirer la décoration de la chambre. Ces cocottes font la richesse de la femme et sa renommée. L'ensemble est le reflet de la position économique des parents et plus particulièrement de la mère qui constitue l'ensemble pour sa fille.

When Chinese cooking pots first arrived in Niger, town-dwellers adopted them as a symbol of wealth and modernity. Village women, although aware of the trend, could not buy rare, expensive items such as these, and earthenware substitutes were therefore made until ‘genuine’ enamelled saucepans became more affordable.

description

Cet empilement de trois contenants de taille décroissante est fabriqué en terre cuite et peint à l'aérosol.

La cocotte Samira fait partie de la collection de médiation riche de plus de 450 objets, originaux ou artefacts, utilisés et manipulés dans le cadre d'activités avec les publics.

exposition

Cet objet est exposé dans la dernière partie de l'exposition temporaire Potières d'Afrique (28/06/2016-30/04/2017), aux côtés de photographies reproduisant des accumulations de cocottes constituées comme trousseaux des mariées. Evoquant le marché et le commerce des céramiques, le propos s'ouvre sur la question des traditions, des influences, entre porosité et résistance, mais aussi de l'économie et de l'écologie de la production contemporaine de récipients en Afrique Subsaharienne aujourd'hui.

sources complémentaires

bibliographie

  • Decroly J-M., Gosselain O., Zeebroek R., 2006 - Hausa calabashes, Nigerian basins and Chinese casseroles: new perspectives on the cultural dynamics of things, techniques and word. Communication non publiée, New Perspectives on Cultural Dynamics, 2-3 novembre 2006, Université Libre de Bruxelles.
  • Gosselain O., 2007 - Calebasses, bassines et chinoiseries: sur des richesses fort anodines. Communication non publiée, Techniques, temps et activités,  8 février 2007, musée du Quai Branly Paris.
  • Gosselain O., 2009 - Les tribulations d’une casserole chinoise au Niger. Techniques et Cultures : Des Choses, des gestes, des mots, n°51 : 18-89.
  • Gosselain O., 2009 - Des babioles, des bricoles et quelques considérations plus sérieuses. Techniques et Cultures : Des Choses, des gestes, des mots, n°51 : 10-17.
  • Gosselain O., 2009 - Les tribulations d'une (bassine) chinoise en Afrique. Communication non publiée, Evolution, objets, techniques et cultures,  13-16 janvier 2009, Marseille, Centre Norbert Elias, EHESS.

liens

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
3 Décembre 2014
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon, France), CC BY-SA