Musée des confluences

Coiffe de cour, kanmuri de type Ken.ei-kan

 

exposition

Cette coiffe est actuellement présentée dans l'exposition temporaire Le monde en tête, la donation Antoine de Galbert (06/06/2019-15/03/2020). 

À l’époque Heian (794-1185), la cour impériale japonaise, suit un code vestimentaire très précis. Lors de cérémonies, de réunions officielles, comme dans la vie quotidienne, les formes, couleurs et motifs des vêtements et des accessoires s’adaptent à la circonstance, à la saison, à l’âge, au rang et au rôle de chacun. Portée avec le costume de cour sokutai, dans les tâches protocolaires et en présence de l’empereur, la coiffe kanmuri se distingue du bonnet eboshi dévolu au cadre informel. La calotte plate et rigide (hitai) couvre le haut du crâne, tandis qu’à l’arrière une saillie évidée (koji) sert à cacher les cheveux relevés en chignon traversés par une barrette transversale (kanzashi). Un cordon de soie tressé, attaché sous le menton, maintient la coiffe en place. Le ruban plat en gaze (ei) derrière la coiffe indique le rang hiérarchique occupé à la cour. Le ruban plat et tombant (sui.ei) est porté par les fonctionnaires civils des cinq premiers rangs tandis qu’enroulé (ken.ei), avec ou sans les œillères en crin de cheval laqué (oikake), il est réservé aux militaires. Sur l’une des coiffes apparaît en léger relief le motif impérial en forme de fleur de chrysanthème (kiku) et sur le ruban enroulé un losange divisé en quatre est destiné aux fonctionnaires des cinq premiers rangs mais aussi aux prêtres shintos du premier et deuxième rang. Cet emprunt des codes vestimentaires de la cour de Heian par les religieux révèle les liens étroits entretenus entre le clergé shinto et la cour impériale depuis cette époque et jusqu’à aujourd’hui.

bibliographie

  • KOMATSU Fumiko, L’Évolution du costume au Japon depuis l’antiquité jusqu’à l’époque des Tokugawa, thèse, université de Paris, faculté des lettres, 1942.
  • VON VERSCHUER Charlotte, «Le costume de Heian. Entre la ligne douce et la silhouette rigide», Cipango, hors-série «Autour du Genji monogatari», 2008, p. 227-270.

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
10 Mai 2019
Crédits : 
musée des Confluences (Lyon,France), CC BY-SA