Musée des confluences

Coiffe-masque olok

 

utilisation

La coiffe-masque olok est un élément de parure majeur porté par les postulants au maraké, les tépiem. Le maraké est un rituel de passage et d’alliance propre aux communautés Wayana-Apalaï. Il est constitué d'un cycle de cérémonies qui s'échelonnent sur plusieurs mois. Le premier passage du rituel a lieu traditionnellement à la puberté et marque l’entrée dans la vie adulte. Il peut se répéter plusieurs fois pour franchir une nouvelle étape de vie. Il fortifie l’individu, consacre son appartenance au groupe et consolide la communauté. La fierté d’être Wayana, ou Apalaï, est aussi perceptible dans la splendeur des costumes, danses, chants et musiques mobilisés pour cette grande fête. Le dernier maraké en date a eu lieu en 2004 en Guyane française.

La raréfaction des connaissances autour de ce dernier au sein des communautés engendre de réelles difficultés à sa perpétuation. Il fait aujourd’hui l’objet d’une étude en vue de la demande d’inscription sur la liste de sauvegarde du patrimoine immatériel de l’Unesco (d'après la fiche inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France, Le maraké).

Les tépiem portent la coiffe sur la tête, les franges pendant autour du corps. D’autres éléments de parure sont associés à la coiffe pour former un costume global. Les tépiem dansent et jouent de la flûte pendant toute une journée et toute une nuit, parés de tous leurs attributs, avant l’épreuve d’application d’insectes au petit matin. La fabrication matérielle d’un masque est une activité pleine de sens qui relève du savoir masculin. Pour l’efficacité du processus, tous les éléments de plumes doivent non seulement être présents, mais aussi être disposés selon un ordre déterminé. Parfois, l’olok est utilisé pour d’autres festivités, notamment celles qui accompagnent le lever de deuil, il est alors monté plus simplement (d'après L. H. Van Velthem, 2011).

description

L'olok se compose d’un support en vannerie de forme cylindrique, tissé à partir de fibre d’arouman et surmonté d’un arceau. Ce support est fabriqué par les tépiem lors d’une phase du rituel. Ces derniers fabriquent également les longues franges rattachées à la base de la coiffe à partir des fibres de l’arbre tauari teintes avec de la boue sortie du bord du fleuve. Ces deux éléments ne sont traditionnellement pas conservés après la fin du rituel et sont donc recréés à chaque fois. Les différentes parures de plumes qui viennent orner le olok sont, quant à elles, des éléments précieusement conservés (au sein de coffrets de vannerie pakala, spécifiquement dédiés à cet effet) et transmis de génération en génération.

Sur l’objet, on peut observer six rubans de plumes (constituées d’une ou plusieurs filières) noués sur le support les uns au-dessus des autres. Le centre du ruban doit être situé au niveau de la tranche de la vannerie, qui représente la face de la coiffe. Des rectrices d’Ara macao, fixées sur des tiges, sont fichées dans l’arceau au sommet de la vannerie formant une crête. Aux deux extrêmités de cette crête, une rectrice est munie d’un pendant. Le pendant frontal se compose de plumes découpées en dents de scie (caractéristiques des techniques Wayana) et de queue de singe alors que le pendant dorsal est constitué en plus de ces éléments, d’élytres de coléoptères.

Pour plus d’informations quant à l’organisation, aux techniques et plumes employées, se reporter au dossier documentaire réalisé par Camille Benecchi en 2013.

exposition

Cette coiffe est présentée dans l'exposition Espèces, dans la vitrine amazonienne.

Dans les récits mythiques des Amérindiens d’Amazonie, les êtres vivants formaient à l’origine un ensemble culturel où humains et non humains n’étaient pas nettement distingués. Ils se sont ensuite différenciés morphologiquement en collectifs distincts correspondant aux différentes espèces. Mais tous restent considérés comme des personnes, ils sont dotés d’une âme, entretiennent des relations sociales et seule leur apparence les différencie. La pensée amérindienne tisse des liens entre tous les êtres vivants, un réseau très dense où aucun élément n’est important en soi. Contrairement à l’oiseau qui se distingue par le plumage de son espèce, l’être humain ne présente pas de livrée spécifique manifestant son ethnie. Les Amérindiens vont justement choisir la plume, symbole pour eux de l’ordre naturel, pour marquer l’identité culturelle et sociale de leur groupe.

sources complémentaires

archives

  • Benecchi Camille, Coiffe-masque olok, dossier documentaire réalisé pour le musée des Confluences, 2013, cote Amus3278.
  • Benechhi Camille, Ornements de plumes de Guyane : des objets en situation muséale originaires des communautés amérindiennes, Comment concevoir les échanges culturels dans le cadre de la conservation-restauration ?, Avignon, École Supérieure d'Art, mémoire de fin d'études pour le diplôme national supérieur d'expression plastique, option art, mention conservation-restauration, 2012, 2 volumes, 221 et 33 p., cote Amus3265.

bibliographie

  • Van Velthem L. H., 2011 - Le Seigneur des eaux, fabrication et productivité d’un masque Wayana. Extrait de Masques des Hommes Visages des Dieux - Regards d'Amazonie. Bibliothèque de l'anthropologie, CNRS Edition.

 

 

 

 

 

Éditeur : 
Musée des Confluences
Modifié le : 
12 Mai 2015
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon, France)