Musée des confluences

Collection de paléontologie de Saint-Vallier

identification

La collection de paléontologie, datée du Villafranchien moyen, compte plus de 2 900 éléments extraits des campagnes de fouilles organisées par Jean Viret.

contexte

Le gisement paléontologique de Saint-Vallier (France, Drôme) a été repéré en 1855 par des amateurs. Ce n’est que 100 ans plus tard que la  première exploitation scientifique est entreprise à partir de 1946 par le muséum d’histoire naturelle de Lyon, sous la conduite de Jean Viret, alors directeur du muséum (1940-1963). Ces fouilles sont réalisées pendant 6 ans et sont à l’ origine de très nombreuses publications scientifiques.

présentation

Les fouilles de Saint-Vallier permettent au musée de rassembler une collection d'un intérêt scientifique considérable, régulièrement consultée par les paléontologues vertébristes français et étrangers. Ce gisement a été choisi officiellement comme référence bio-stratigraphique internationale pour le Villafranchien moyen (environ -2 millions d'années), ce qui amplifie sa renommée internationale. L’étude de la faune montre qu’à cette époque, la région se caractérisait par des alternances de zones de steppe et de zones boisées ouvertes à proximité d’un cours d’eau.

Le travail minutieux de préparation de Jean Battetta et Jean Delpuech, alors préparateurs au muséum de Lyon, participe de l'exceptionnelle qualité de la collection et contribua à sa très bonne conservation.

Cette collection rassemble des pièces exceptionnelles, comme le squelette pratiquement complet d'un lynx (Lynx issiodorensis) nouveau-né et en connexion anatomique, des crânes complets de carnivores, de cervidés ou de chevaux. 86 éléments d’un ours fossile très rare, Ursus etruscus, ont aussi été découverts et font de ce gisement le site le plus important au monde pour cette espèce.

Les premiers résultats de recherche ont été réunis par Jean Viret dans le fascicule 4 des Nouvelles Archives du Muséum d'Histoire naturelle de Lyon, en 1954, sous le titre : "Le loess à bancs durcis de Saint-Vallier et sa faune de mammifères villafranchiens". Une trentaine d'espèces de mammifères est décrite et représentée dans 23 planches.

A partir de 1993 et jusqu’en 1999, de nouvelles recherches sont entreprises par une équipe pluridisciplinaire et internationale, sous la direction de Claude Guérin (Université Claude-Bernard Lyon I) et de Martine Faure (Université Lumière Lyon II). Le matériel issu de ces dernières fouilles est conservé dans les collections du laboratoire de Géologie de l'Université Claude-Bernard Lyon I.

Ces dernières recherches apportent des précisions sur la constitution de la coupe géologique : celle-ci comprend 14 couches sédimentaires différentes, dont 5 bancs de loess durci, parmi lesquels 2 sont fossilifères. La liste faunistique s'est encore enrichie de plusieurs espèces non repérées par Jean Viret, essentiellement des micromammifères et des mollusques obtenus par tamisage systématique des sédiments : elle comprend désormais 44 espèces. En outre, les études de répartition spatiale des vestiges osseux indiquent que le gisement s'est vraisemblablement formé à la faveur de crues torrentielles.

conditions d'accès et d'utilisation

L’intégralité de la collection est informatisée sous Flora et une partie de la collection est présentée dans Origines. Les pièces exposées dans le parcours permanent ont fait l'objet de restaurations entre 2012 et 2014.

Le reste de la collection est conservé au CCEC dans les réserves du musée et est accessible sur demande auprès du responsable de la collection, sous réserve de leur état de conservation.

sources complémentaires

bibliographie

  • Collectif, (2002) – Des objets qui racontent l’Histoire, Livres au Muséum, EMCC, 111 p.
  • Faure M. et Guérin C. (Dir.), 2004 - Le Gisement pliocène final de Saint-Vallier (Drôme, France). Géobios M.S. 26, Vol 37.
  • Viret J., 1954 - Le Loess à bancs durcis de Saint-Vallier (Drôme) et sa faune de mammifères Villafranchiens. In. Nouvelles archives du Muséum d'Histoire naturelle de Lyon, fascicule 4, p. 3-200, 33 planches.

archives


Éditeur : 
musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
5 Juillet 2015
Crédits : 
musée des Confluences (Lyon, France), domaine public