Musée des confluences

Collection Jean Burner - Association MASNAT

 

identification

La collection Burner – Association MASNAT comprend plus de 500 parures et amulettes provenant des populations touarègues du Niger, ainsi qu’un petit ensemble de couteaux et quelques colliers du Mali. Elle est référencée sous les numéros d’entrée 2015.32 et 2016.5.

contexte

Cette collection a été rassemblée durant la deuxième moitié du XXe siècle par Jean Burner, président de l’Association MASNAT France, qui œuvre pour l’amélioration des conditions de vie des Touaregs de la région d’Abalak au Niger. Au cours de ses nombreux séjours au Niger, Jean Burner s'intéresse aux modes de vie des Touaregs ainsi qu’à leur artisanat. Peu à peu, il noue des relations avec les forgerons de la région d’Abalak et s’intéresse à leur savoir-faire. Il recueille alors des informations sur la fabrication, l’histoire, l’utilisation et les croyances concernant les bijoux touaregs.

Parallèlement à cette collecte de données, Jean Burner étudie les grandes collections sahariennes des musées européens (Musée d’ethnographie de Neuchâtel, Musée du Quai Branly, etc.) : de ce travail naît l’ouvrage Bijoux touaregs, arts des bijoux anciens du Sahel et du Sahara au Niger, qui présente une large typologie des formes de bijoux chez les Touaregs du Niger. Le don fait en 2015 par l’association MASNAT au profit du musée des Confluences comprend la quasi-totalité des bijoux publiés dans cet ouvrage. Ils sont classés par série en fonction de leur appellation en tamasheq, la langue des Touaregs, et proviennent de la collection personnelle de Jean Burner, qui se compose de plusieurs milliers de bijoux et d’objets du quotidien (artisanat du cuir, du bois, etc.). Ce don a été complété en 2016 par une acquisition d'objets pour la collection de médiation.

Cet ensemble vient enrichir les collections africaines du musée des Confluences qui comportaient déjà un bel ensemble d’objets touaregs en cuir datant, pour certains objets, de la fin du XIXe siècle (sacs et jupes principalement). Il s'intègre également à la remarquable collection de parures africaines du musée.

description

La collection comprend un premier ensemble de 453 objets :

  • 63 pendentifs cruciformes (généralement arrangés en collier)
  • 31 pendentifs en cornaline ou en verre aux vertus prophylactiques
  • 87 amulettes en cuir et en métal
  • 56 colliers en perles
  • 9 pendants pour le voile des femmes (aussi appelés «clés de voile»)
  • 48 paires de boucles d’oreilles
  • 25 pendants d’oreilles et parures de chevelure
  • 24 bracelets
  • 110 bagues

Le deuxième ensemble, acquis dans un second temps, se compose de 58 objets :

  • 11 pendentifs cruciformes (souvent arrangés en collier)
  • 3 pendentifs en agate
  • 12 amulettes
  • 4 colliers en perles
  • 9 couteaux à travailler le cuir
  • 12 poignards
  • 7 pièces de monnaie destinées à être fondues pour servir à la fabrication des bijoux

Ce vaste ensemble de parures et amulettes offre un panorama très complet du répertoire classique de la bijouterie touarègue, bien qu’il ne couvre pas l’ensemble des régions d’habitation des Touaregs (qui vivent également en bordure du Mali, de l’Algérie, de la Mauritanie, du Burkina Faso et de la Libye). La grande majorité de ces bijoux a été créée par les artisans-forgerons de la confédération touarègue des Iwellemmeden Kel-Denneg dans l’Azawagh, au nord du Niger. Ces pièces sont pour la plupart fabriquées en alliage d’argent, matière très appréciée par les Touaregs pour sa luminosité et sa douceur. Le laiton, le cuivre, le cuir et les perles de verre colorées sont également présents.

Objets personnels, ces parures ont souvent été faites sur mesure pour leur porteur. Souvent combinées entre elles et portées de différentes façons (aux doigts, dans les cheveux, autour du cou), elles témoignent des pratiques esthétiques des femmes et hommes touaregs.

Au-delà de leur importance esthétique, certaines de ces parures sont dotées d’une fonction prophylactique, comme pour les amulettes en métal et en cuir (tsherot) qui renferment des versets du Coran, ou les petits pendentifs en agate réputés pour leur vertu magique liée à la fécondité.

Signes sociaux, certains de ces bijoux sont portés à des occasions spécifiques comme les fêtes ou les mariages : ils marquent alors les passages de la vie et le changement de statut social des individus. C’est le cas de la Croix du mariage, un collier que le jeune homme offre à sa future femme le jour des noces. D’autres bijoux soulignent le rang social de leur porteur : c’est le cas du grand pectoral (terewt), élément central de la parure féminine touarègue, signe de prestige arboré lors des fêtes et mariages.

Face aux bouleversements climatiques et socio-politiques qui frappent la zone saharienne, les bijoux jouent un rôle économique important en tant qu’épargne et sont souvent vendus en cas de besoin.

Certains bijoux témoignent également de l’apprentissage de nouvelles techniques et de l’inventivité des forgerons, capables de créer des objets métissés. Ainsi, les bijoutiers touaregs ne pratiquent traditionnellement ni la soudure, ni le filigrane, ni la granulation, qui correspondent à des techniques spécifiques des artisans maures et de certains artisans du Maghreb. Or la collection comprend un bracelet traditionnel touareg, sur lequel vient s’ajouter une partie d’un bracelet maure : cet ensemble met donc en évidence les multiples contacts et échanges entre les différentes populations de la zone saharienne.

Enfin, cette collection contient quelques pièces plus modernes qui rendent compte de la création actuelle des forgerons du Niger, principalement tournée vers la vente à l'étranger. Cette évolution des bijoux touaregs témoigne de la créativité des forgerons qui utilisent leur savoir-faire pour créer de nouvelles formes et diffuser leur culture.

condition d’accès et valorisation

La majeure partie de la collection est conservée dans les réserves du musée et est accessible sur demande auprès du responsable de la collection. Elle a été inventoriée dans la base de données Flora, avec l’aide d’Armande Cernuschi, stagiaire en Master 2 études muséales à l'Université de Neuchâtel.

Cet ensemble de parures et d'amulettes touarègues fera l’objet d’une exposition au musée des Confluences à l’automne 2017.

Quelques-unes des plus belles pièces de la collection sont actuellement visibles dans l’exposition Espèces, la maille du vivant, dans la vitrine Trouver sa place (Parures africaines).

sources complémentaires

autres collections

archives

  • Acquisition d'un ensemble de bijoux touaregs (467 objets) provenant principalement du Niger, validation par la commission scientifique régionale Rhône-Alpes des collections des musées de France du 4 juin 2015 : compte rendu de la commission DRAC (17/07/2015), avis favorable (cote Amus3447).
  • Collection de 467 bijoux touaregs provenant principalement du Niger, don manuel de l'association Masnat à l'EPCC musée des Confluences : convention de donation (26/05/2015) comportant trois annexes (annexe 1 : liste des bijoux entrant dans la catégorie collections patrimoniales, annexe 2 : liste des bijoux entrant dans la catégorie d'objets de médiation, annexe 3 : valeur des collections patrimoniales et de médiation, pièce par pièce) (cote Amus3449).
  • Collection de 57 objets touaregs (bijoux, pièce de monnaie, outils et armes) provenant principalement du Niger, acquisition du musée des Confluences auprès de l'association Masnat : proposition de vente (s.d.), bon de commande (18/04/2016) (cote Amus3450).

bibliographie (par ordre chronologique)

  • BURNER Jean, 2011, Bijoux touaregs, Art des bijoux anciens du Sahel et du Sahara au Niger, L’Argentière-La-Bessée : Ed. du Fournel.
  • FISCHER Anja, 2010, Tuareg Society within a Globalized World, Londres : Tauris Academic Studies.
  • SELIGMAN Thomas, LOUGHRAN Kristyne (eds.), 2006, Art of being Tuareg : Sahara Nomads in a Modern World, Los Angeles : Iris & Gerald Cantor Center for Visual Arts at Stanford University, UCLA Flower Museum of Cultural History.
  • HINCKER Catherine, 2005, Le style touareg ou la fonction sociale de techniques, Paris : Ed. Paris-Méditerranée.
  • GOTTLER Gerhard, 2003, Magische Ornamente, Zurich : Museum Rietberg.
  • BOREL François, 2002, Tuareg, nomades del desert, Barcelone : Fondation La Caixa.
  • CUYPERS Jan.-B., 1994, Touareg, album de photographies et catalogue de l’exposition, Tervuren : Musée royal de Tervuren.
  • BOREL François, 1991, A fleur de peau, bijoux touaregs, Neuchâtel : Musée d’ethnographie de Neuchâtel.
  • GABUS Jean, Au Sahara arts et symboles, 1958, Neuchâtel : mémoire de l’Université.

liens

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
1 Septembre 2016
Crédits : 
musée des Confluences (Lyon,France), CC BY-SA