Musée des confluences

Collection Michel

identification

La collection Michel compte 27 pièces ethnographiques, qui proviennent de Mélanésie, essentiellement de la Nouvelle-Calédonie et des îles Fidji.

contexte

Cette collection est envoyée de Nouméa le 4 mai 1880 par Madame Michel. Ces quelques informations inscrites au livre d'entrée, en particulier la date 1880 et le lieu d'envoi de la collection, Nouméa, rend inévitable le rapprochement entre cette Madame Michel et Louise Michel.

Louise Michel (1830-1905) est une militante anarchiste et une figure emblématique de la Commune de Paris. Condamnée au bagne en Nouvelle-Calédonie, elle y découvre la culture kanak.

Les sources littéraires mentionnent ses contacts récurrents avec les Kanaks. Dès son arrivée, elle fait la connaissance de Daoumi, fils de chef, originaire de Lifou, puis de son frère. Lorsqu’elle obtient le statut de déportée simple en 1878, elle dispense aux Kanaks des cours les dimanches pour la lecture, le chant… (Michel L., 1999, 2006 ; Fournière (de la) X. 1986). Enfin, dans un de ses échanges épistolaires daté du 20 mars 1879, adressé à Georges Clemenceau alors député de la Seine,  Louise Michel émet la possibilité d’envoyer d’objets : "J'aurai bientôt une occasion pour vous envoyer quelques objets canaques très faciles à se procurer ici" (Gauthier X., 2005).

Il n'existe cependant à ce jour pas assez de preuves tangibles dans les archives du musée et d'autres insitutions pour identifier avec certitude la donatrice de ces 19 objets.

 

 

présentation

Sur les 27 objets mentionnés au livre d'entrée, 19 ont été identifiés en réserve :

  • 5 sagaies ornées, dont une sagaie à plaquette
  • 2 flèches
  • 6 casses-tête, dont certains fidjiens.
  • 1 hache en jade et son manche
  • 1fronde sans ses pierres mentionnées au livre d'entrée
  • 1 écheveau de poils de roussette
  • 1 collier et pendeloque qui est en réalité une dent de cachalot fidjienne
  • 1 bracelet en coquille

Certains objets manquent donc à l'appel : c'est le cas de trois sagaies, d'un casse-tête et des six pierres de fronde. Cette différence de nombre d'objets ne se traduit pas forcément par leur disparition, mais par l'impossibilité pour l'heure de les relier à l'entrée par manque d'information ou par la perte de l'étiquette indiquant leur origine.

A l'exception d'une flèche, une étiquette est présente sur chacune des pièces présentes  avec la mention d'une inscription : « Nouvelle-Calédonie, envoi Michel mai 1880 » ou « envoi Michel 1880 ». Cependant, une fronde non mentionnée au livre d'entrée porte l'étiquette « Nouvelle-Calédonie, envoi Michel, mai 1880 ». Il est possible d'imaginer qu'il s'agisse d'un oubli d'inscription ou qu'elle ait été comprise dans le lot de six pierres mentionné.

Par ailleurs, la flèche ne portant pas d'étiquette « Envoi Michel mai 1880 », porte une autre étiquette légendée « Nouvelle-Calédonie » et  une inscription, à l'encre sur le fût, d'un ancien numéro d'inventaire "2207". Ce numéro d'inventaire est identique à celui inscrit sur la flèche comportant l'étiquette « Envoi Michel mai 1880 ». Il s'agit d'un numéro porté sur les pièces en vitrines dans les expositions permanentes, en 1932, lors d'un inventaire complet des collections  exposées. Ces deux flèches portent le même ancien numéro d'inventaire et sont similaires d'un point de vue typologique. Par conséquent, cette flèche sans étiquette a été attribuée à l'envoi de Madame Michel 1880.

En outre, une pièce du lot est accompagnée de commentaires précisant l'usage et le contexte d'acquisition. En effet, sur la dent de cachalot est collée une seconde étiquette sur laquelle il est inscrit "Dent de cachalot, ornement de chef canaque offert comme cadeau de noce". Aucune indication ne permet de dire s'il s'agit d'un commentaire d'origine inscrit par Madame Michel ou bien ultérieurement par un conservateur ou un membre du personnel du musée. Il est toutefois intéressant de noter que même si les dents de cachalot sont des objets emblématiques des îles Fidji, ils circulent d'île en île, et qu'une utilisation comme « ornement de chef » a été adoptée par les Kanaks.

Enfin, compte-tenu de son très bon état de conservation, l'écheveau de poils de roussette fait partie des objets sélectionnés dans le parcours permanent du musée des Confluences : il est présenté dans l'exposition Sociétés, dans la partie consacrée aux échanges en Océanie. Cette pièce a fait l'objet d'une restauration entre 2013.

 

 

conditions d'accès et d'utilisation

L’intégralité de la collection est informatisée sous Flora et une pièce de la collection est présentée dans Sociétés dans la partie consacrée aux échanges en Océanie.

Le reste de la collection est conservé dans les réserves du musée et est accessible sur demande auprès du responsable de la collection, sous réserve de leur état de conservation.

sources complémentaires

bibliographie

  • Boulay R. (Dir.), 1990 - De jade et de nacre : patrimoine artistique kanak. RMN.
  • Boulay R. et Kasarhérou E. (Dir), 2013 - Kanak, L'Art est une parole. Coédition Musée du quai Branly et Actes Sud Beaux-Arts.
  • Brizon C. , 2014 - Mystérieuse Madame Michel, collection musée des Confluences. In. Mwà Véé n°84.
  • Fournière (de la.) X, Louise Michel matricule 2182, édition Perrin, 1986.
  • Gauthier X., 2005 -  Louise Michel, Je vous écris de ma nuit, correspondance générale, 1890-1904, édition Paris-Max Chaleil.
  • Michel L. – 1885 - Légendes canaques, préface Stéphane Mangin, ré-édition Cartouche 2006.
  • Michel L. 1898 -  La Commune : histoires et souvenirs, 1898, ré-édition La Découverte, 1999.

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
7 Juillet 2015
Crédits : 
musée des Confluences (Lyon, France), domaine public