Musée des confluences

Crocodile fossile

 

description

Parmi un exceptionnel ensemble de poissons fossiles, ce crocodile provient de la carrière de pierres lithographiques de Cerin dans l'Ain. Il a été découvert dans les années 1850 par le géologue Victor Thiollière (1801-1859) qui en a fait don au Muséum d'Histoire Naturelle de Lyon. Claude Jourdan, alors directeur du musée, lui donna son nom scientifique : Crocodileimus robustus. Son successeur, Louis Lortet (directeur entre 1870 et 1909) en fit une première étude en 1892 en commençant sa description par : Ce remarquable Télésaurien est très certainement le plus beau fossile qui ait jamais été trouvé dans les carrières de Cerin. La conservation en est parfaite, et son ostéologie peut être étudiée aussi facilement que si l'on avait entre les mains un animal encore frais.

Ce fossile possède plusieurs particularités, et en effet en premier lieu, son état de conservation. Il y a près de 150 millions d’années, la dépouille reposant au fond d’une lagune tropicale fut rapidement recouvert d’un voile de cyanobactéries le protégeant ainsi des organismes destructeurs et de l’éparpillement des ossements. Victor Thiollière découvre donc le spécimen intacte, dans la position même de sa mort : le corps arqué, couché sur le dos et les membres écartés. Tous les os sont reliés ainsi que les plaques dermiques qui recouvrent l'ensemble du corps. La petite taille du spécimen (56 cm) avait dans un premier temps laissé penser qu'il souffrait d’une pathologie, mais les études ostéologiques ont démontré le contraire et qu’il avait atteint sa taille adulte.

L’autre intérêt de ce spécimen est que c’est à partir de celu-ci que l’espèce Crocodileimus robustus a été décrite. Il s'agit donc d'un échantillon "type". Aucun autre reste, même fragmentaire, n'a été cependant depuis lors attribué à cette espèce. Toutes ces raisons en font encore aujourd'hui une pièce unique au monde.

expositions

  • Le crocodile fossile est présenté dans l'exposition permanente Origines, les récits du monde, dans la partie consacrée aux facteurs externes de l'évolution des espèces, comme les collisions avec des météorites, les variations de l'axe de la Terre par rapport au soleil, ou encore la tectonique des plaques. 

Les phénomènes astronomiques ou liés à l’activité interne de la Terre provoquent des changements climatiques et environnementaux importants et, parfois, la séparation ou la mise en compétition de populations. Leurs répercussions sur le monde du vivant vont de la diversification à la disparition d’espèces. Par exemple, il y a 150 millions d’années, vers la fin du Jurassique, la position des continents est différente. L’Europe est largement recouverte par les eaux et son climat est chaud et sec. À soixante kilomètres au nord-est du musée des Confluences se trouvait une lagune tropicale bordée de petits îlots coralliens.

Astronomical phenomena, or the Earth’s geological activity, cause significant climatic and environmental changes and may lead to the separation of populations, or competition amongst them. As a result, species in the living world may diversify or become extinct.Towards the end of the Jurassic era, about 150 million years ago, the position of the continents was different. Europe was mostly covered by water and its climate was hot and dry. There was a tropical lagoon bordered by small coral islets sixty kilometres to the northeast of the musée des Confluences.

  • En préfiguration du parcours permanent, le spécimen a été présenté dans l'exposition Le Musée des Confluences dévoile ses réserves au musée Gallo-romain de Lyon-Fourvière (16/12/10-08/05/2011).

sources complémentaires

bibliographie sélective

  • Philippe M., Besson D., Berthet D., Fossiles de Cerin, coédition Muséum de Lyon et Un, Deux... Quatre Editions, 2004, 127 p.
  • Les reptiles fossiles du Bassin du Rhône, article de Louis Lortet in Archives du Muséum d'Histoire Naturelle de Lyon, 1892 - cote REV1_1892_5_1

lien [consulté le 05/01/17)

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
19 Décembre 2016
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon, France), CC BY-SA