Musée des confluences

Diadème aux phénix, feng guan

 

description

La Chine, pays multiethnique et multilingue, compte cinquante-cinq minorités nationales (shaoshu minzu). Les miao, qui appartiennent à la famille linguistique hmong-mien, représentent plus de neuf millions d’individus répartis entre les provinces du sud-ouest de la Chine (Guizhou, Hunan, Yunnan, Sichuan, Guangxi et Hubei). Les parures de tête des femmes miao, d’une grande diversité de formes, de couleurs et de matières, se distinguent en fonction de leur lieu de production et de leur usage. Les bijoux et ornements en argent sont pour l’essentiel fabriqués dans la préfecture autonome de Qiandongnan, au sud-est de la province du Guizhou. Travaillant à l’origine l’argent provenant de la province du Hunan, les orfèvres spécialisés utilisent aujourd’hui le baitong, un alliage de zinc, nickel et cuivre qui donne un métal très blanc et malléable. Ils connaissent tout le répertoire symbolique, inspiré des légendes ou croyances populaires, pour créer les formes de ces coiffes et ornements. Phénix -l’oiseau totem des miao - fleurs auspicieuses et feuilles répulsives ou tranchantes de ce diadème auraient ici le pouvoir de se prémunir des forces maléfiques. Portées par les jeunes filles à marier, ces parures valorisent leur beauté tout en servant de marqueur social en mettant en avant la position et la fortune de la famille de cette dernière lors de grandes occasions. Après le mariage, les parures deviennent plus sobres.

exposition

Cette coiffe est actuellement présentée dans l'exposition temporaire Le monde en tête, la donation Antoine de Galbert (06/06/2019-15/03/2020).

L’ornementation de cette coiffe reflète la personnalité et la créativité des artisans miao. On y retrouve cependant des motifs récurrents, tels que des scènes de la mythologie, des représentations de phénix, de fleurs porte-bonheur et de feuilles répulsives ou tranchantes, supposés protéger la tête de la jeune fille des forces maléfiques.

The decoration of this headdress reflects the personality and creativity of Miao craftspeople. It bears recurring motifs too, such as scenes from mythology and representations of the phoenix and auspicious flowers, together with repellent or sharp leaves meant to protect the future bride’s head from evil forces.

bibliographie

  • De fil et d'argent : mémoire des Miao de Chine, catalogue d’exposition, Musée des arts asiatiques, Nice, 2004-2005 / organisée par [le] Conseil général des Alpes-Maritimes ; commissariat de l'exposition, Marie Foissy assistée d'Eliza Barrère, 2004.

  • Catherine Bourzat, Thierry Arensma, Philippe Fatin, Les Chants du Fil: Textiles Tribaux du Sud-Ouest de la Chine, éditions Olizane, 2016.

  • Catherine Olliveaud, Chine et Japon à Fleur de tête, Collection Olliveaud-Touzinaud, catalogue d’exposition, 6 juillet-31 août 2005 / organisée par le Centre départemental de documentation pédagogique de la Charente, 2005.

 

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
10 Mai 2019
Crédits : 
musée des Confluences (Lyon,France), CC BY-SA