Musée des confluences

Epée d'académicien

 

utilisation

Il s'agit de l'épée de l'Académicien Roger Caillois (1913-1978), créée par le bijoutier joaillier Jean Vendome (1930-) à la demande de l'écrivain passionné de minéralogie. C'est la première des huit épées d'Académiciens que réalisera Jean Vendome.

Écrivain, Roger Caillois a été le directeur de la collection Croix du Sud chez Gallimard et le créateur de la revue Diogène. Auteur entre autres de l'ouvrage Le langage des pierres en 1970, il est également un grand amateur de roches et de minéraux, dont les formes et couleurs servent de support à l’imaginaire : il accumule ainsi une remarquable collection minérale. Comme membre de l’Académie française, il a traduit son goût extrême pour l’univers minéral dans son épée.

description

La poignée est formée d’un pain de tourmaline bleu-vert parfaitement cristallisé, dont les cannelures sont prolongées par des baguettes d’or blanc travaillées dans le style des bagues «5e avenue». Le pommeau est une moldavite sertie de cinq diamants formant une croix. La garde est composée d’un quartz hyalin à inclusion de dendrites arborescentes sur lequel est appliqué une pieuvre stylisée sertie de 160 petits grenats taillés, l’œil étant représenté par un diamant. La partie supérieure de la lame est évidée, recevant en son centre un « vitrail » de pierres colorées : tourmalines rouge, bleue et verte, péridot, aigue-marine, améthyste, obsidienne.

Les cinq symboles souhaités par Roger Caillois sont tous représentés par des pierres pour rappeler que l’Académicien était grand amateur et collectionneur de minéraux : la Croix du Sud sur le pommeau ; la pieuvre (l’animal le plus intelligent du monde, au dire de l’Académicien) sur la garde ; la Tchécoslovaquie par la moldavite de Bohème formant le pommeau pour rappeler le pays de son épouse, Aléna ; le Brésil par le bloc de tourmaline constituant la poignée ; l’espace avec la moldavite de la collection personnelle de Roger Caillois et qui représentait, à ses yeux, «une pierre de l’espace tombée sur la terre».

Cet objet rare a été donné en 1997 au muséum d'histoire naturelle de Lyon par l'Association Régionale de Paléontologie et Préhistoire et des Amis du Musée (ARPPAM), qui l'avait elle-même achetée aux enchères.

exposition

  • Cette pièce n'est pas exposée actuellement.
  • Elle a en revanche été présentée avec d'autres pièces exceptionnelles lors de l'exposition Jean Vendome, un demi-siècle siècle de création de bijoux contemporains, qui s'est tenue au muséum d'histoire naturelle de Lyon (6/11/1999-27/02/2000).

Joaillier né à Lyon, Jean Vendome peut être considéré comme l’un des principaux initiateurs du bijou moderne. Il commence son apprentissage à l’âge de 15 ans après avoir reçu le Premier prix du concours de dessin de la Ville de Paris. Il ouvre son premier atelier-boutique à 18 ans et travaille alors pour la haute-joaillerie, réalisant des bijoux sans cesse renouvelés. Le succès est immédiat et la presse le présente comme un jeune créateur qui élabore un bijou comme une sculpture. « Je suis rentré dans ce métier (…) utilisant les pierres précieuses dans le respect de la profession et honorant les cristaux et les minéraux bruts (…) pour réaliser mes rêves en objets, mais pas pour reproduire des pièces indéfiniment. Le multiple use le modèle ! » affirme-t-il. Il travaille le métal dans le seul but de mettre en valeur les pierres et, par cette alliance, d’évoquer la part d’imaginaire qu’elles portent en elles. C’est en cela qu’il rejoint Roger Caillois et qu’il créa, à sa demande, cette magnifique épée.

bibliographie sélective

  • Caillois R., 1970 - L’écriture des pierres, Skira.
  • Caillois R., 1966 - Images, images... Pierres
  • Gioni M., Parodi G.-C., Schubnel H.-P., 2015 - Roger Caillois la lecture des pierres. Editions Xavier Barral.
  • Lefèvre Sophie, 1999 - Jean Vendome artiste joaillier. Un demi-siècle siècle de création de bijoux contemporains. Somogy, ARPPAM.
Modifié le : 
7 Janvier 2015
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon,France), domaine public