Musée des confluences

Hache cérémonielle

 

description

La lame de jade, pierre verte translucide est percée et maintenue au moyen de liens entre deux tiges de bois sur un manche de bois recouvert de tapa et d'écheveaux en poils de roussette. Ce manche repose sur une demie noix de coco aussi recouverte de tapa, d'écheveaux en poils de roussette et de coquillages.

précision

Cette hache est donnée par Emile Guimet au muséum d'Histoire naturelle de Lyon en 1912.

Emile Guimet, connu principalement pour ses collections d'art asiatique, collectionnait aussi des objets en provenance du monde entier. Il est pour l'Océanie le donateur d'une collection d'une vingtaine de pièces, dont cette hache qui est une pièce remarquable de part la taille de sa pierre et la richesse de l'assemblage.

L’appellation ostensoir est donnée  par les occidentaux au 18 ème siècle du fait de la ressemblance formelle des haches avec l’ostensoir du culte catholique, destiné à la monstration de l’hostie consacrée.  Les récits de voyages de l’amiral Bruny d’Entrecasteaux et du naturaliste Jacques-Julien Houtou de La Billardière mentionnent ces haches et  rapportent qu’en langue vernaculaire de Balade elles sont nommées casse-tête.

La pierre verte servant à la fabrication de la lame des haches était extraite de carrières de néphrite, au sud de la Grande Terre, sur l’île de Ouen, puis transportée en blocs grossiers aux îles Loyautés où elle subissait des transformations. Fagot, médecin-capitaine, rapporte dans le journal de la société des océanistes que chaque île avait une spécificité technique dans la fabrication des haches. Une fois montées et assemblées, elles étaient envoyées sur la Grande-Terre, et utilisées comme objet de prestige, symbole de la puissance des chefs.

Leenhardt les décrit comment faisant partie du panier des richesses des grands lignages qui circulaient lors de grandes occasions, mariages et deuils.

Jusqu’au XIXe siècle, cet objet de pierre précieuse, véritable trésor, ne circulait qu’entre les grandes chefferies.

Until the 19th century, this object of precious stone, a true treasure, only circulated among the large chiefdoms.

expositions

bibliographie

  • Boulay R., 2009 - La hache cérémonielle des Kanak de Nouvelle-Calédonie. In. Tribal Art
  • Fagot, 1949 – Relations familiales et coutumières entre les chefferies des îles Loyauté. In. Journal de la société des océanistes, vol. 5.
  • Kasarherou E., 2013 – La hache de la mission de Puébo. In. Kanak, l’art de la parole. Musée du quai Branly-Actes Sud.
  • Leenhardt M., 1930 - Notes d’Ethnologie néo-calédonienne. Institut d’Ethnologie, Paris.

 

Modifié le : 
6 Octobre 2015
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon, France)