Musée des confluences

Horloge à encens

 

utilisation

Depuis la dynastie Sung (960-1279), les Chinois utilisent des bâtons d'encens pour mesurer le temps, car le matériau est d'usage courant et il brûle lentement et régulièrement. Divers systèmes ont existé : rouleau d'encens avec des nœuds à intervalles réguliers, bâtonnets se consumant dans une urne, horloge à encens de type dragon-bateau. C'est ce dernier modèle qui est présenté ici : il peut servir à mesurer l'écoulement du temps si l'on place plusieurs fils, mais aussi à réveiller à une heure précise en plaçant un seul fil à la distance voulue. L'encens rythme le temps en Chine, au Japon et un peu partout en Asie.

description

L'horloge à encens dite horloge de feu est constituée d'un bateau en forme de dragon avec la gueule ouverte, en bois laqué, doré et orné sur les côtés de médaillons peints. Le principe de fonctionnement est le suivant : l'horloge est d'abord surélevée et l'on place en-dessous une assiette ou une coupelle métallique. La coque du bateau est munie de supports à intervalles réguliers, sur lesquels on pose un bâton d'encens à l'horizontale. On dispose alors sur ce bâton jusqu'à six ou sept fils tendus par des poids à chaque extrémité, disposés eux aussi à intervalles réguliers : lorsque le bâton se consume, les fils brûlent un à un, les poids se détachent et produisent alors un son en tombant dans la coupelle.

Sur les flancs de l'horloge sont dessinées deux scènes identiques entourées de motifs floraux, avec 4 personnages dans un jardin, dont certains portent des plats. Des écailles ornent le cou, la queue et les cuisses du dragon.

L'horloge a été acquise en 2007 par le musée des Confluences dans le cadre de la création de la collection sciences et techniques d'instruments de mesure. Elle dialogue avec les collections ethnographiques chinoises, tout en mettant en évidence l'importance des sciences en dehors de l'Occident. Il en va de même pour les horloges japonaises et le cadran solaire chinois également acquis à la même époque.

exposition

Cet objet est présenté dans l'exposition permanente Origines, les récits du monde dans l'une des vitrines consacrées à la mesure du temps, aux côtés d'autres instruments.

Pour se repérer dans le temps, l’humanité a longtemps observé son environnement, notamment le mouvement régulier des astres. Puis elle s’est dotée d’instruments de mesure de plus en plus précis. La multiplication et la mondialisation des échanges depuis le XIXe siècle ont rendu nécessaire le partage d’un temps commun qui depuis est devenu universel.

In order to make sense of time mankind has always observed his surroundings and in particular the movement of celestial bodies. Then humanity acquired more and more accurate measuring instruments. The 19th century brought a multiplication of global exchanges and it was deemed necessary to share a common time which has since become universal.

sources complémentaires

archives

  • Acquisition de l'horloge à encens chinoise, validation par la commission scientifique régionale Rhône-Alpes des collections des musées de France du 24 avril 2007 : formulaire DRAC (14/02/2007, cote Amus767).
  • Horloge à encens (2007.6.1), restauration par Emilie Blanc : rapport (octobre 2012, cote Amus3197).

bibliographie sélective

  • Bedini Silvio A., The trail of time : Time measurement with Incense in East Asia, Cambridge, Cambridge University Press, 1999.
  • Bedini Silvio A., Time measurement with incense in Japan with sticks and coils : résumé de l'ouvrage précédent avec des gravures, consultable en ligne [consulté le 11/03/2016].
  • Tardy, "La Chine" dans Du gnomon à la montre : origine de la mesure du temps, Paris, Tardy, 1986, p. 21-27 (cf. figure 18 p. 24).
 
Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
11 Mars 2016
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon,France)