Musée des confluences

L'éternité parfois s'éveille...

 

description

L'éternité parfois s'éveille... est une œuvre du plasticien caladois Jean-Philippe Aubanel. Elle est constituée de 140 tableaux mesurant chacun 30 x 24 cm et pouvant être différemment agencés mais toujours présentés en totalité. Pour son installation au musée, l'artiste a choisi d'assembler les éléments en format "portrait", en rectangle en hauteur, avec un effet monumental. La composition mesure ainsi 2,40 m par 4,20 m. La technique est mixte avec acrylique, cire et vernis sur toile acrylique polytoile préparée au blanc, tendue sur chassis bois à clés.

Selon la volonté de l'artiste : L'oeuvre doit être montrée dans sa totalité. Sa surface peut varier. Ligne, carré, rectangle, pyramide, cercle...

Critique allégorique de l’ego face à une mort inéluctable, cette pièce se classe parmi les Vanités de l'histoire de l’art occidental. Elle a été commandée à l'artiste pour le parcours permanent et acquise par le musée des Confluences en 2014.

En préfiguration de la thématique sur les devenirs possibles après la mort, l'exposition hors les murs Désirs d'éternités organisée au musée de Saint-Romain-en-Gal en 2010 avait présenté une pièce de Jean-Philippe Aubanel : Vanités, une fois, rien qu’une fois (2010).

exposition

L'oeuvre de Jean-Philippe Aubanel est présentée dans l'exposition permanente Eternités, visions de l'au-delà.

En fin de parcours, elle dialogue avec le Bouddha couché en parinirvâna.

La diversité des rituels funéraires traduit des conceptions différentes de l’au-delà. Deux représentations du temps se distinguent et s’opposent devant le monde et sa fin, comme devant l’individu et sa mort. Soit le temps est cyclique : le monde a toujours existé et existera toujours, entre destructions et renaissances. L’être humain y tient une place d’importance relative. Soit le temps est linéaire : le monde a un commencement, une durée et une possible fin. L’être humain s’intègre dans cette logique. La vision de la mort et celle de l’existence sont liées à ces deux conceptions principales.

Le judaïsme, le christianisme et l’islam, religions à fondements bibliques, ont une perception qui valorise le destin de chacun en ce monde. Dans l’histoire – chrétienne – de l’art, la Vanité est une critique allégorique de l’ego et des réalités de ce monde face à une mort inéluctable. Elle invite à s’en détacher pour se tourner plus justement vers l’au-delà.

Thématique fondamentale qui traverse la littérature et la peinture de la Renaissance et du XVIIe siècle, la Vanité est une méditation sur la destinée humaine. Elle suggère que l’existence terrestre est précaire et de peu d’importance. La Vanité contemporaine porte davantage sur l’aspect éphémère de la vie.

- Le regardeur : « Après avoir découvert le sens profond de mon ignorance, je retrouverais peut-être la certitude d’être sauvé ».
- La toile : « Jamais tu ne me regardes là où je te vois ».
- Le regardeur debout : « Il serait déjà beau de témoigner que nous avons conscience de notre nuit ».
- La toile : « Il y a plein de manque et de mystère là derrière. A bon regardeur, salut ! ».
Jean-Philippe Aubanel, mars 2014.

La fin ultime, qu’il s’agisse de celle du monde, de l’humanité, ou de chacun d’entre nous, est difficile à concevoir et à accepter. Apparaissant pour certains comme un déni, cette difficulté ne serait-elle pas l’un des traits caractéristiques de notre nature humaine ? Ne sommes-nous pas avant tout des êtres de vie, pour qui l’idée de fin, quelle qu’elle soit, demeurerait inconcevable et inacceptable ?

Different conceptions of the afterlife are illustrated by the diversity of funerary rituals. Time can be thought of in two opposing ways when contemplating the world and its end or one’s own death. Either time is cyclical: the world has always existed and will always exist, it may be destroyed and re-born and within it human beings occupy a place of relative importance. Or time is linear: the world has a beginning, a life span, a probable end and human beings are part of this scheme of things. Visions of death and existence are related to these two principal conceptions.

Religions with biblical foundations, Judaism, Christianity and Islam, sense that each individual in this world has a destiny which needs to be valued. Vanitas is an allegorical critique of the ego and the realities of this world in the face of inevitable death; it has existed throughout the history of Christian art. It invites us to detach ourselves from this world in order to face the beyond.

Vanitas is a meditation on human destiny, a fundamental theme appearing throughout Renaissance and 17th century art and literature. It suggests that earthly existence is precarious and of little importance. Contemporary Vanitas focuses more on the ephemeral aspect of life.

Viewer: “After having discovered the extent of my ignorance, I might find I’m certain to be saved.”
Canvas: “Never do you view me in the places I view you.”
Viewer Standing: “It would at least be wonderful to say we knew our own night.”
Canvas: “So much is unfathomable and mysterious behind the canvas.
Safe journey, Viewer, greetings to you!”.
Jean-Philippe Aubanel, mars 2014.

It is difficult to accept and imagine the ultimate end, whether it be that of the world, of humanity, or ourselves. Some see this unacceptance as a denial, but isn’t this difficulty one of the characteristic traits of human nature? Are we not, first and foremost, living beings for whom the idea of an end, in whatever form, will always be inconceivable and unacceptable?

sources complémentaires

bibliographie sélective

  • Carlier Sylvie, Marie Colavita, Yannick Courtel, Roger D'Orazio, Jean-Philippe Aubanel l'insurrection de la couleur, Coédition Artly / musée Paul-Dini, Lyon, 2004 (cote 2336).

liens [consultés le 07/11/16]

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
2 Novembre 2016
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon, France)