Musée des confluences

L’art comme forme de résistance dans l'Australie aborigène

 

résumé

Les multiples mouvements artistiques aborigènes qui se sont développés en Australie tout au long du XXe siècle ont ouvert un espace de négociations culturelles à la portée hautement politique. Peintures sur écorces de Terre d'Arnhem ou acryliques sur toiles, ces oeuvres ont accompagné le mouvement des Droits à la Terre (Land Rights) à l’origine des premières restitutions foncières dans les années 1970.

L'article présente l'historique de ce mouvement et examine plus en détails l'origine rituelle des oeuvres contemporaines : les peintures sur sable purlapa qui fondent la relation existentielle entre un individu et un lieu. Dans l'Australie postcoloniale, l'expression de ce lien à la terre prend la forme d'un acte de résistance.

abstract

The multiple aboriginal artistic movements which developed in Australia throughout the twentieth century have opened up an area of cultural negotiation with a highly political impact. Whether paintings on bark from Arnhem Land or acrylics on canvas, these works accompanied the Land Rights movement at the origin of the first land restitutions in the seventies.

The article presents the history of this movement and examines the ritual origin of these contemporary works in more detail: the purlapa paintings on sand expressing the existential relationship between an individual and a place. In post-colonial Australia, the expression of this link to the land represents an act of resistance.

 

Arnaud Morvan est chercheur en anthropologie et histoire de l'art, affilié au Laboratoire d'Anthropologie Sociale. Il soutient sa thèse en anthropologie sociale (EHESS / University of Melbourne), Traces en mouvement : histoire, mémoire et rituel dans l’art kija contemporain du Kimberley Oriental (nord-ouest australien), en 2010.

En 2013, il est commissaire scientifique de l’exposition Mémoires Vives Une Histoire de l'Art Aborigène au musée d'Aquitaine de Bordeaux. Cette exposition présente la richesse et la modernité de l’art aborigène, en confrontant les sources anciennes de la culture aborigène australienne à ses évolutions artistiques les plus récentes.

Il entreprend actuellement des recherches sur le statut des restes humains dans les collections muséales et leur utilisation dans les pratiques artistiques contemporaines, interrogeant la frontière de la mort et du vivant en art et les représentations de la maladie.

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
3 Mars 2015