Musée des confluences

Lunette méridienne

 

utilisation

La lunette méridienne a été donnée en 1879 à l'Observatoire de Lyon par le mécène amateur d'astronomie Raphaël Bischoffsheim (1823-1906), à qui l'astronomie française doit un certain nombre d'instruments importants : il a par exemple financé un autre cercle méridien fabriqué par Eichens pour l'Observatoire de Paris, ainsi que l'instrument de l'observatoire Nice installé en 1887. Cet instrument a été utilisé par l'Observatoire de Lyon dans une coupole dédiée, en parallèle avec une lunette méridienne plus petite installée dans un abri adapté.

Cet instrument permet de mesurer très précisément la position d'une étoile lorsqu'elle passe au méridien : on en déduit une certaine cartographie stellaire du Ciel (astrométrie), mais aussi l'heure grâce au couplage de l'observation avec un chronomètre frappeur. Dans tous les observatoires fondés à la fin du XIXe siècle, un instrument similaire est ainsi installé afin de "distribuer" l'heure dans la région : c'est le cas de cet instrument de l'Observatoire de Saint-Genis-Laval, qui donne l'heure aux Lyonnais jusqu'à ce que le tramway ne vienne perturber la transmission des informations. La lunette est également utilisée pour déterminer les pôles géographiques.

Les méridiennes qui fonctionnent encore ont été modernisées et automatisées afin de poursuivre un travail astrométrique ; elles sont progressivement remplacées par les satellites qui réalisent un travail similaire, mais beaucoup plus précis et rapide.

description

La lunette méridienne a été construite par Wilhelm Eichens (1818-1894), l'un des 4 grands constructeurs d'instruments méridiens à la fin du XIXe siècle avec Secrétan, Gautier et Brunner Frères. Elle est composée de plusieurs éléments : la lunette elle-même, d'une focale de 2 m avec une ouverture de 15 cm, se compose d'un fût constitué de deux troncs de cône, dont les bases sont boulonnées sur un cube solidaire des axes de rotation. Ce fût, orienté Nord-Sud, constitue l'axe optique de la lunette qui est perpendiculaire à l'axe de rotation. Ce dernier, orienté Est-Ouest, est constitué de 2 cercles gradués de 80 cm et doit être parfaitement horizontal : c'est pourquoi il repose sur des piliers imposants pour en assurer la stabilité. La lecture de la position se fait à l'aide de microscopes solidaires des piliers, qui permettent de lire les graduations à 2 mn d'angle près. L'ensemble de la lunette nécessite un réglage extrêmement précis ; le chariot de mercure intervient par exemple pour régler l'optique de la lunette en renvoyant l'image sur sa surface horizontale.

La lunette est composée d'un fût en acier peint en noir, de cercles gradués, microscopes, vis, boulons et contrepoids en laiton, de socles originaux en pierre et autres socles en bois. Le chariot comporte un corps et des roues en acier peint en noir, des vis et boulons en laiton et un niveau en mercure.

Dans les années 1980, l'Observatoire de Lyon le dépose à la Cité des Sciences et de l'Industrie, qui effectue une restauration sur les cercles aboutissant malheureusement à la disparition des graduations. A l'exception des piliers d'origine et du banc d'observation qui seront rapatriés plus tard, la lunette méridienne est transférée à Lyon en 2010 pour être déposée au musée des Confluences, dans le cadre de la création du département sciences et techniques et de l'élaboration de l'exposition permanente Origines.

L'instrument présenté n'est pas complet : il manque des contrepoids, des microscopes, ainsi que le système mécanique placé au-dessus de l'instrument pour le régler et le caler. Le chariot de retournement et le banc d'observation avec son mannequin existent encore, mais n'ont pas été réinstallés par manque de place. La lunette a fait l'objet d'une restauration de ses parties métalliques par Stéphane Crevat, restaurateur agréé par la FFCR. Les piliers d'origine, trop lourds pour les plateaux d'exposition, ont été refaits sur proposition des scénographes avec l'accord de l'Observatoire et du musée. Edgar Renaud et Jean-Paul Dubois, de l'Observatoire de Lyon, ont retrouvé des pièces éparses et refait à l'identique quelques éléments. Ils ont participé au dernier remontage de l'instrument à la fin de 2014, avec l'aide de Gilles Adam, Bernard Rutily et Emmanuel Pécontal.

Cet instrument, exceptionnel parce que conservé presque intact depuis son installation, a été classé monument historique le 21 juin 2007, en même temps que le quart de cercle présenté à ses côtés et qui provient également de l'Observatoire de Lyon.

expositions

  • Cet objet est présenté dans l'exposition Origines, sur le plateau consacré à la mesure du ciel et à l'exploration spatiale.

Depuis que l’humanité regarde le ciel, elle repère les astres afin de s’orienter sur terre et sur mer. Elle a établi des cartes stellaires, déduit des distances et des trajectoires, jusqu’à envoyer des satellites et des sondes dans l’espace. Ainsi avons-nous étudié la position, la distance et le mouvement des astres depuis notre système solaire jusqu’aux plus lointaines galaxies. Au XIXe siècle, la lunette méridienne est l’instrument fondamental pour établir des cartes du ciel. En 1894, celle-ci permet de confirmer le déplacement des pôles géographiques.

Ever since man has been looking at the sky, he has used the position of celestial bodies to help guide him over land and sea. He has established stellar maps, deduced distances and trajectories, and even sent satellites and probes into space. As a result, the positions, distances and movements of celestial bodies in our Solar System and those of the most distant galaxies are known to us. In the 19th century, this sort of instrument, the meridian circle, was essential for creating maps of the sky. This particular one was used in 1894 to confirm the displacement of the geographic poles.

  • La lunette a été présentée pour la première fois par le musée des Confluences lors de l'exposition hors les murs Observer, qui a eu lieu à la CCI de Lyon en février 2010.
  • Elle a restituée provisoirement à l'Observatoire lors des journées portes ouvertes de 2011 (9/06/2011-23/03/2012) et des Journées du patrimoine de 2013 (15/09-18/10/2013).

sources complémentaires

bibliographie sélective

  • Le Guet Tully Françoise et Davoigneau Jean. "L'inventaire et le patrimoine de l'astronomie : l'exemple des cercles méridiens et de leurs abris", In Situ, revue sur Internet de l'Inventaire du Ministère de la Culture, n° spécial septembre 2005. L'article comporte à la fin une bibliographie détaillée sur les instruments méridiens, l'inventaire du patrimoine astronomique et les observatoires.
  • Maison-Soulard Laëtitia, "Construire une collection à partir d'un projet scientifique et culturel : l'exemple du département Sciences et Techniques du Musée des Confluences", in Yves Girault et Michel Van-Praët (dir.). Muséo-Muséum : 20 ans d’enseignement de la muséologie au Muséum national d’histoire naturelle, actes du colloque tenu à Paris, 12-13 décembre 2012, p. 271-281.

liens

  • l'Observatoire de Lyon : le propriétaire de cet instrument possède des photographies de la lunette montée dans son abri, avec l'ensemble des éléments qui la constituait alors. L'Observatoire a également photographié d'autres cercles méridiens similaires ou modernisés en France.
  • les instruments historiques à l'Observatoire de Lyon

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
27 Septembre 2016
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon,France), dépôt de l'Université Claude-Bernard Lyon I - Observatoire de Lyon