Musée des confluences

Masque

 

description

Avec ses yeux mi-clos, son long nez droit et sa bouche ouverte, ce masque représente une belle jeune fille. Le diadème qui surmonte le front et les deux longues tresses verticales - parfois décrites comme des cornes - évoquent la coiffure qu'arborent les jeunes mariées (opha).

utilisation

Vivant dans la partie occidentale du delta du Niger, les Urhobo entretiennent une forte relation spirituelle avec les cours d'eau traversant leur territoire, considérés comme les lieux de vie des esprits de l'eau (edjorame). Au sud, dans les localités d'Efru, Eghwu, Otogo ou Evwreni, de grandes mascarades sont organisées lorsque le Niger a atteint son niveau maximal. Elles honorent Ohworhu, un puissant esprit des eaux qui, à cette occasion, surgit des profondeurs pour apporter sa bénédiction. De nombreux masques apparaissent lors de ces festivals, décrits comme les "enfants de l'esprit" (emedjo) ou les "filles au corps jeune" (omotokpoko), en référence aux jeunes femmes en âge de se marier. Le corps des porteurs disparait sous une crinière de fibres de raphia et un long drap blanc qui rappelle la couleur du kaolin, nourriture des forces invisibles. De petites clochettes, dont le tintement est très apprécié par les esprits, sont attachées aux poignets et aux chevilles. L'apparition de ces masques est censée inspirer aux spectateurs un mélange de fascination et de crainte.

exposition

  • Ce masque est actuellement présenté dans l'exposition temporaire Désir d’art, la collection africaine Ewa et Yves Develon (08/02/2019-12/05/2019) au côté d'autres pièces maîtresses de la collection d'Ewa et Yves Develon données au musée en 2018.

Chez les Urhobo, les masques de ce type sortaient pour honorer les esprits des eaux censés peupler les innombrables rivières de la région. Les deux cornes rappellent la coiffure portée par les jeunes femmes en âge de se marier et placées sous la protection de ces esprits aquatiques.

Among the Urhobo people, masks of this type were brought out to honour the water spirits that are supposed to populate the region’s countless rivers. The pair of horns is reminiscent of the headdresses worn by young women before marriage placed under the protection of these aquatic entities.

bibliographie

  • LEBAS Alain (dir.), Arts du Nigeria dans les collections privées françaises, Catalogue d’exposition (Musée de la civilisation, Québec, 24 octobre 2012-12 avril 2013), Milan : 5 Continents, 2012, 442 p.

  • HAHNER-HERZOG Iris, KECSKESI Maria et VAJDA László, African Masks: From the Barbier-Mueller Collection, Geneva, Munich/New York, Prestel, 1998, cat. 143.

source

Documentation établie par Ewa Develon, Alexandre Girard-Muscagorry et Marie Perrier.

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
4 Février 2019
Crédits : 
musée des Confluences (Lyon,France), CC BY-SA