Musée des confluences

Masque Cara Grande

 

description

Ce masque, de forme semi-circulaire, est composé d’une structure en bois, où sont collées des petites plumes vertes (Amazona farinosa et Amazona cf. ocrocephala), et rouges (Ara macao) avec de la cire d’abeille. Les yeux brillants du masque sont constitués de nacre d'eau douce (Unionidae sp.) et les dents d’os de batracien. Le nez est figuré par un élément en bois sur lequel sont collées des plumes d'Ara ararauna. Un pendentif en corde tressée terminé par une boule de cire est accroché au milieu du bas du masque, et représente un labret. Sous les yeux, des plumes (Ara ararauna, Ara macao, Ara chloroptera) assemblées en forme de fleur avec un centre en nacre figurent des pendants d'oreilles. Un arceau constitué de lamelles végétales encercle le pourtour du masque, et une filière de grandes plumes rouges (Ara macao) fichées dans des tubes de bambou ainsi qu’une filière de plus petites plumes vertes (Amazona farinosa) viennent se fixer dedans, formant un rayonnement autour du masque.

Ce masque semble être un élément associé au rite tawa ou fête de la banane, qui a lieu en juin. Deux individus portent alors un tel masque, fixé sur le visage, de manière légèrement incliné, avec un tissu à l’interface, et simulent un affrontement. Néanmoins il semble aussi que ce type de masque soit aujourd’hui en grande partie fabriqué pour la vente. C’est pourquoi il faut rester prudent quant aux sens et fonctions d’un tel objet (Camille Benecchi, 2013).

exposition

Ce masque est présenté dans l'exposition permanente Espèces, la maille du vivant.

Dans les récits mythiques des Amérindiens d’Amazonie, les êtres vivants formaient à l’origine un ensemble culturel où humains et non humains n’étaient pas nettement distingués. Ils se sont ensuite différenciés morphologiquement en collectifs distincts correspondant aux différentes espèces. Mais tous restent considérés comme des personnes, ils sont dotés d’une âme, entretiennent des relations sociales et seule leur apparence les différencie. La pensée amérindienne tisse des liens entre tous les êtres vivants, un réseau très dense où aucun élément n’est important en soi. En Amazonie, les indiens de tel groupe et ceux de tel autre se perçoivent comme des espèces différentes. Pour le matérialiser, parures, masques et peintures corporelles prolongent le corps et constituent une sorte d'habit d'espèce que les membres du groupe portent par-dessus leur forme d'humain.

According to the mythical tales of the Amerindians of Amazonia, living creatures originally formed a cultural group where humans and non-humans were not clearly distinguishable.
Then these living creatures separated morphologically and formed distinct groups of different species. But they were all still regarded as people. They each had a soul, formed social relationships and could only be told apart by their appearance. In Amerindian thought all living beings are connected, they form a very intricate network where no single element is important in itelf. In Amazonia, the Indians of one group and those of another are perceived as belonging to different species. Tangible representations like ornaments, masks and body painting become extensions of the body, constituting a kind of species-specific costume that group’s members wear over their human forms.

bibliographie sélective

  • Benecchi Camille, 2012 - Ornements de plumes de Guyane : des objets en situation muséale originaires des communautés amérindiennes, Comment concevoir les échanges culturels dans le cadre de la conservation-restauration ?, Avignon, École Supérieure d'Art, Mémoire de fin d'études pour le diplôme national supérieur d'expression plastique, option art, mention conservation-restauration, 2 volumes, 221 et 33 p. (cote Amus3265).
  • Benecchi Camille, 2013 - Masque Cara Grande : dossier documentaire réalisé dans le cadre du stage effectué au musée des Confluences. Sommaire : Fiche objet - Étude matérielle et technologique - Recherches iconographiques et documentaires - Bibliographie - Tableaux de l'iconographie recensée (cote Amus3277).
  • Kobel-Streiff R., 1968 - Cara grande, un masque des Indiens Tapirapé (Brésil). Bulletin mensuel des musées et collections de la Ville de Genève, n°88 : 15-18.

 

 

Éditeur : 
Musée des Confluences
Modifié le : 
27 Février 2015
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon, France)