Musée des confluences

Mastodonte

 

description

Il s’agit d’un molaire inférieure fossilisée de Mastodon angustidens, de la période du Miocène moyen (-16 à -11 millions d'années). Les dents de mastodonte, sorte d’éléphant aujourd’hui disparu, suscitaient de nombreux débats et questionnements. On se plaisait à croire qu’elles provenaient de mâchoires d’hommes aux dimensions démesurées.

Cette molaire a été achetée à M. Baraban le 14 mai 1880 par le muséum d'histoire naturelle de Lyon, avec 3 autres molaires de Mastodon augustidens.

exposition

Cette molaire est présentée dans l'exposition Dans la chambre des merveilles, dans la partie consacrée aux échanges entre savants et curieux aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Les cabinets de curiosités jouent un rôle moteur dans la circulation du savoir et des idées. Les visites et les échanges épistolaires au sein du monde des savants et des curieux sont nombreux et fertiles, nourrissant de nouvelles questions et d’importants débats. Les esprits éclairés confrontent leurs hypothèses, entre crédulité et scepticisme. Le réseau européen qui se constitue alors facilite le partage de la connaissance, d’abord entre élites, avant de s’ouvrir à une plus large diffusion de la science, clé d’une meilleure compréhension du monde.

Cabinets of curiosities played a leading role in the flow of knowledge and ideas. Visits and the exchange of letters within the world of scholars and the curious were numerous and fertile, stimulating new questions and key debates. Enlightened minds compared their hypotheses, vacillating between credulity and scepticism. The European network that emerged thus facilitated the sharing of knowledge, initially among elites, later expanding through the wider dissemination of science, the key to a better understanding of the world.

citations sur les dents de mastodontes

« Je suis marri de n’avoir vu M. le lieutenant criminel de Lyon [Balthasar de Monconys], vous deviez le persuader de s’avancer jusqu’ici où je l’eusse reçu le mieux qu’il m’eut été possible et lui eusse montré ma dent qu’on présupposait être de géant, mais je la tiens être d’éléphant et pour m’en assurer mieux je portai ma main dans la gueule de l’éléphant pour toucher et empoigner les siennes internes que je trouvai de forme toute pareille. On me l’a envoyée de Tunis, d’où j’estime qu’il peut avoir recouvré la sienne ». Lettre de Nicolas Fabri de Peiresc à Borrilly, 1631.

« Deux dents de géant grosses comme la moitié du poing ». Cabinet de Pierre Borel, Castres, vers 1645.

« Très souvent sans doute on a pris des ossements d’éléphant, de bêtes marines même pour des os de géants. Très souvent encore on a donné des fables pour des témoignages ». Fortunato Bartolomeo De Felice, 1773.

 

 

 

Modifié le : 
10 Février 2015
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon, France), CC BY-SA