Musée des confluences

Micro-ordinateur Micral N

 

utilisation

Dans l'histoire de l'informatique, en plein développement depuis la Seconde Guerre mondiale, le Micral N constitue une étape fondamentale puisqu'il est le premier micro-ordinateur au monde. Il a été prototypé en décembre 1972 par le Français François Gernelle au sein du bureau d'étude R2E dirigé par André Truong, en réponse à un appel d'offre de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Il s'agissait de concevoir un système de mesure et de calcul de l'évapotranspiration des sols par la méthode dite du bilan d'énergie : mesures de température et d'humidité à différentes hauteurs au-dessus du sol. Le but était de savoir s'il fallait ou non arroser les maïs et autres cultures. La machine devait être autonome en batterie et supporter de fonctionner dehors au milieu des champs. D'une taille raisonnable, transportable et meilleur marché que les mini-ordinateurs utilisés jusqu'alors, le Micral N a pour ces raisons été préféré à ses concurrents de l'époque.

La machine a été baptisée "micro-ordinateur" par son inventeur par analogie avec le terme de "micro-processeur" dont elle est équipée. Ce nom a cependant été refusé lors du dépôt de brevet, toute innovation devant être décrite, paradoxalement, avec des mots existants. "Micral" vient de l'argot français pour dire "petit". André Truong en a disputé la paternité à François Gernelle, qui l'a emporté en justice en 1998.

Le Micral N est commercialisé à partir d'avril 1973 et se vend à plus d'un millier d'exemplaires la première année. La gamme des Micral s'étend ensuite pour suivre l'évolution des technologies, intégrant notamment une interface écran et clavier dans le Micral 80. En 1978, la société R2E est absorbée par le géant industriel CII HoneyWell-Bull.

description

Le Micral N se présente sous forme d'un boîtier métallique muni d'une façade à l'avant équipée de boutons en plastique : avec une interface homme-machine sans écran ni clavier, les entrées sont assurées à l'aide de commutateurs et l'affichage s'effectue sur des voyants disposés sur la face avant. Équipé du microprocesseur Intel 8008, le Micral N fonctionne sur une fréquence d'horloge de 0,5 Mhz et ne dispose que de 51 instructions. Dans l'histoire de l'informatique comme des instruments scientifiques modernes, il fait partie de ce qu'on appelle "les boîtes noires", dont les composants et les principes de fonctionnement restent cachés.

Il a été mis en dépôt en 2009 au musée des Confluences par la Cité des Sciences et de l'Industrie - Universcience à la suite de la création des collections sciences et techniques en 2005, pour enrichir le discours des expositions permanentes. Il a fait l'objet en 2013 d'une restauration légère par Stéphane Crevat, restaurateur métal.

expositions

  • Le micro-ordinateur Micral N est présenté dans l'exposition permanente Sociétés, le théâtre des hommes.

L'objet est présenté dans la partie consacrée aux échanges et à la mise en réseau des savoirs, avec deux autres objets sciences et techniques : un accélérateur de particules et une machine à chiffrer. Les sciences et techniques ne peuvent en effet se concevoir sans échanges : idées, connaissances, instruments ou encore outils circulent et s'adaptent dans le temps et l'espace, comme en témoignent par exemple la boussole chinoise, la mécanique grecque ou les mathématiques arabes. Le rythme et la nature de ces échanges dépendent étroitement du contexte de production des savoirs, entre secret et partage. Avec l’essor de réseaux numériques mondialisés, les échanges entre chercheurs, ingénieurs et citoyens ont connu une accélération sans précédent, modifiant dans le même temps pratiques et enjeux : inflation des données et traitement en temps réel posent la question de la maîtrise des savoirs scientifiques et techniques, de leur conception à leurs conséquences.

Dans les sciences et les techniques, idées, instruments, outils et procédés s’inventent, s’influencent et se confrontent dans des réseaux d’échanges, entre secret et partage. Le rythme et la nature de ces échanges dépendent étroitement du contexte de production et de transmission des savoirs. Avec l’essor de réseaux numériques mondialisés, chercheurs, ingénieurs et techniciens produisent chaque jour davantage de données. Une part de ce savoir encyclopédique est aujourd’hui à la portée de tous, donnant ainsi à chacun l’illusion d’une culture universelle.

L’essor de l’informatique est lié à la cryptographie : les premiers ordinateurs servent notamment à casser les codes des langages chiffrés utilisés pour assurer le secret des échanges militaires. Même en temps de paix, les retombées des techniques militaires sont considérables dans notre vie quotidienne.

Basé sur le microprocesseur Intel 8008, le Micral N est le premier micro-ordinateur du monde. Malgré son échec commercial, il représente une étape décisive vers la démocratisation de l’informatique.

In science and technology, ideas, instruments, tools and processes get invented, influence others and confront each on the networks of exchanges, sometimes secretly, sometimes openly. The pace and the nature of these exchanges depend strictly on the context of production and the transmission of knowledge. With the rise of globalised digital networks, researchers, engineers and technicians produce more and more data every day. A portion of this encyclopaedic knowledge is now available to all, thereby giving everyone the illusion of a universal culture.

The expansion of information technology is linked to cryptography: the earliest computers were employed, in particular, to break encrypted codes used to guarantee the secrecy of military exchanges. Even in times of peace, the spin-offs of military technology exert a considerable influence over our daily lives.

Based on the Intel 8008 microprocessor, the Micral N was the first micro-computer in the world. Despite its commercial failure, it represents a decisive step towards the democratisation of computers.

  • Le micro-ordinateur Micral N a été présenté dans l'exposition de préfiguration Le Musée des Confluences dévoile ses réserves au musée Gallo-romain de Lyon (16/12/2010-8/05/2011).
  • Il a été également présenté lors de l'évènement "Collections" dans l'ancien muséum d'Histoire naturelle de Lyon en 2009, avec d'autres objets acquis ou déposés récemment.

sources complémentaires

bibliographie sélective

  • Collectif, L'informatique, Des objets qui racontent l'histoire, Lyon, EMCC, p. 88-89 (cote 5976).
  • Gernelle François, "La naissance du premier micro-ordinateur. Le Micral N", in Actes du Deuxième colloque sur l'histoire de l'Informatique en France, CNAM, Paris, 1990.
  • Jacomy Bruno, L'aventure de la micro-informatique, dossier pédagogique réalisé pour le Musée des Arts et Métiers (cote DOC000053).
  • Lilen Henri, La saga du micro-ordinateur. Une invention française, Paris, Vuibert, 2003 (cote 10284).
  • Lilen Henri, Une (brève) histoire de l'électronique, Paris, Vuibert, 2003.
  • Methel Gilles, "Une brève histoire du clavier", in Entrelacs n°5, 2005, p.53-58.

liens [consultés le 26/10/2016]

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
26 Octobre 2016
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon, France), dépôt d'Universcience – collections muséologiques,