Musée des confluences

Microscope simple de Leeuwenhoek (réplique)

cartel

Antoni van Leeuwenhoek, drapier de Delft, fabrique à partir de 1676 des microscopes simples alors que la microscopie existe depuis une quarantaine d'années. Avec ces instruments très performants, il découvre cellules, protozoaires, microorganismes, tout le monde de la microbiologie jusque-là invisible.

utilisation

Ce type de microscope simple a été utilisé pendant 40 ans par Antoni van Leeuwenhoek (1632-1723), marchand-drapier et observateur passionné de la nature : il utilise déjà des compte-fils pour contrôler la qualité de ses draps, mais le grossissement est insuffisant pour observer des spécimens. A partir de 1676, il fabrique donc un nouvel instrument dont le pouvoir grossissant est nettement supérieur, donnant une impulsion décisive à la microscopie naissante. Il observe d’abord le visible avant de découvrir l'invisible, qu’il dénomme animalcules : il s’agit en fait de protozoaires, de spermatozoïdes ou encore de bactéries.

Bien que Leeuwenhoek n’ait pas suivi une formation scientifique, ses travaux sont reconnus par la Royal Society de Londres (Académie des Sciences), à qui il transmet régulièrement le résultat de ses recherches dans une correspondance très riche. En bouleversant le regard porté sur la nature, il a ouvert la voie à l'observation moderne et à la microbiologie.

Cette réplique est difficile à dater mais date probablement du XIXe siècle, car la facture semble assez ancienne. Deux séries de répliques ont en effet été produites : l'une en 1886 par John Mayall Jr., secrétaire honoraire de la Royal Microscopical Society en Angleterre, l'autre en 1933 par Bausch & Lomb, fabricant à Rochester aux États-Unis.

description

Le microscope simple de Leeuwenhoek est composé d’une lentille bi-convexe en verre insérée entre deux plaques de métal, qui permet un grossissement de 70 à 250 fois pour une résolution de 1,5 microns. L'objet à examiner est fixé sur une pointe dont la hauteur et la profondeur se règlent à l'aide de vis, en utilisant de la glu ou des préparations en verre pour attacher le spécimen et éviter qu'il ne bouge pendant l'observation. L'instrument doit être tenu très près de l'œil, ce qui nécessite un temps d'accommodation pour que l'image se forme nettement. Le modèle, assez peu pratique, n'a pas été reproduit par d'autres fabricants : c’est Huygens qui en a amélioré le principe et le maniement avec son modèle des années 1680.

Plaques en argent rivetées, lentille bi-convexe probablement en verre soufflé et poli. Leeuwenhoek a également utilisé du laiton et de l'or pour fabriquer les plaques.

exposition

Ce microscope est présenté dans l'exposition Espèces.

bibliographie sélective

BOUTIBONNES Philippe, "L'œil de Leeuwenhoek et l'invention de la microscopie", dans Alliage n°39, 1999, consultable en ligne : http://www.tribunes.com/tribune/alliage/39/boutibonnes_39.htm [consulté le 20/12/2014]

FOURNIER Marian, "Personal styles in microscopy : Leeuwenhoek, Swammerdam and Huygens", dans Generali Dario et Ratcliff Marc J., From makers to users, [Milan], Leo S. Olchki editore, 2007, p. 217-225.

GIORDANO Raymond V., Singular Beauty : simple microscopes from the Giordano collection, catologue of an exhibition at the MIT Museum September 1st 2006 to June 30th 2007, Cambridge, MIT museum, 2006.

GIORDANO Raymond V., The Discoverers’Lens : a photographic history of the simple microscopes (1680-1880), Tallmadge, Classical Science Press, 2012.

TURNER G. L’E., Essays on the history of the microscope, Oxford, Senecio publishing company ltd, 1980.

Éditeur : 
musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
20 Décembre 2014
Crédits : 
Collection Giordano acquise avec le soutien de l’Institut Mérieux