Musée des confluences

Momies de chat

 

description

Ces trois momies bandelettées de chat proviennent des fouilles de Stabl Antar en Haute-Egypte. Datées de l'époque gréco-romaine (-332 av. - 337 ap. J.-C.), elles ont été données en 1901 au Muséum d'histoire naturelle de Lyon par le célèbre égyptologue Gaston Maspero. Elles font partie de la collection de momies animales actuellement étudiée dans le cadre du programme de recherche MAHES « Momies Animales et Humaines Egyptiennes. Perception de la mort en Égypte ancienne à travers l’étude des animaux sacrés ».

exposition

Ces trois momies de chat sont présentées dans l'exposition permanente Espèces, la maille du vivant dans la partie Être au monde / Une coexistence harmonieuse aux côtés d'autres momies animales (chien, crocodile, musaraigne, poisson, ibis...).

Chaque groupe d’humains construit sa propre réalité du monde et détermine sa manière de l’habiter et de lui donner un sens. De ces différents modes de pensée résulte une diversité de rapports à la nature et de liens tissés avec les autres êtres vivants.

L’Égypte pharaonique pense le monde comme un collectif unique dans lequel s’organise l’ensemble des êtres vivants. Tous sont singuliers, d’un point de vue physique comme spirituel, et tous sont reliés par un réseau d’analogies, de correspondances. Dans ce monde équilibré, chacun a sa place et son importance. Il existe une solidarité fondamentale entre les humains, les autres animaux et le reste de la nature.

Les dieux pouvaient se manifester sur terre à travers le corps d’un animal vivant. Il y eu ainsi des taureaux, béliers, crocodiles et faucons sacrés. On reconnaissait ces quelques élus à la présence de marques sur le corps mais le dieu pouvait aussi désigner lui-même son représentant. La grande majorité des momies animales étaient des ex-voto offerts par les fidèles aux divinités afin qu’elles exaucent un vœu. Ces animaux acquéraient un statut sacré à leur mort, après avoir reçu les rites lors de la momification.

Associé à plusieurs déesses félines telles que Bastet, Sekhmet ou encore Pakhet, plusieurs centaines de milliers de chats ont été momifiés à travers toute l’Égypte. À proximité du temple du Spéos Artimédos dédié à la déesse lionne Pakhet, pas moins de 300 000 momies ont été mises au jour.

 

Each group of human beings confers its own reality on the world and finds a way of living in it and making sense of it. These different approaches mean that humans have diverse ways of relating to nature and forming links with other living beings.

Ancient Egypt saw the world as a single unit within which all living beings were organised. All were different, physically and spiritually, but all were connected by a network of similarities. In this balanced world, everyone had their place and their role. A fundamental solidarity existed between humans, other animals and the rest of nature.

The vast majority of animal mummies were ex-votos offered to gods by devotees, with the hope that these deities would fulfil a wish. These animals acquired a sacred status to their death, after receiving the rites during mummification.

Associated with several feline goddesses such as Bastet, Sekhmet or Pakhet, hundreds of thousands of cats were mummified throughout Egypt. Near the temple of Speos Artemidos dedicated to the lioness goddess Pakhet no less than 300,000 mummies have been excavated.

ressources complémentaires

bibliographie

  • Collectif, L'Egypte au musée des Confluences. De la palette à fard au sarcophage. Coédition musée des Confluences – Silvana Editoriale, Milan, 2010, p.88 [cote 10688].
  • Goyon J.-Cl, « Deux pionniers lyonnais de la paléontologie de la Vallée du Nil : Victor Loret et Louis Lortet », dans La passion de la collecte : aux origines du musée des Confluences. XVIIe-XIXe siècles, collection "du Muséum au musée des Confluences" vol. 1, département du Rhône, 2008, p.161-172.
  • Gaillard C., Lortet L., "La faune momifiée de l'ancienne Égypte et recherches Anthropologiques". Archives du Muséum, tome 10, 1909.

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
5 Mars 2015
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon,France)