Musée des confluences

Narval

Squelette du narval présenté dans la grande salle du musée Guimet de Lyon

 

Comportement : Vie en groupe, composé de 2 à 10 individus, voire jusqu’à une centaine

Plongées : 1,5 km de profondeur pour une durée moyenne de 20 minutes

Reproduction : Entre mars et mai ; gestation d’environ 15 mois d’un seul petit de 1,5 m et de 80 kg allaité 4 mois

Régime alimentaire : Poissons, calmars, crevettes

Prédateurs : Orque, ours polaire, Homme

Durée de vie : 30 à 55 ans

Population : Entre 50 000 et 80 000 individus (estimation)

Statuts et protection : UICN – quasi menacé ; COSEPAC – préoccupant ; annexe CITES II A - espèce vulnérable

 

Les spécificités du narval

Les narvals font partie des mammifères marins, et plus précisément du groupe des cétacés. Mais, contrairement aux autres cétacés et tout comme les bélugas qui vivent dans la même région géographique, les narvals ont la particularité de ne pas avoir de nageoire dorsale. Cela est sans doute dû à leur mode de vie : la nage dans les eaux recouvertes en partie de banquise ou de blocs de glace.

Comme tous les mammifères marins, les narvals sont dépourvus de branchies. Ils ne peuvent donc pas respirer dans l’eau en absorbant l’oxygène dissous dans l’eau. Ils sont alors obligés de remonter à la surface pour respirer. À la différence des mammifères terrestres, leur respiration n’est pas automatique, mais consciente. Pour les narvals, cela implique d’être toujours en éveil, même en phase de sommeil. Pour cela, les narvals ont la faculté de mettre en sommeil une moitié de leur cerveau, permettant ainsi à l’autre moitié d’être active et d’assurer les remontées en surface pour respirer.

A l'exception des mâles, et d'une faible proportion de femelles (10%) qui possède une dent, les narvals n'ont pas de dent. Cette dent, appelée défense comme chez les éléphants ou les morses, correspond à l'hypertrophie d'une dent supérieure gauche. Dans de très rares cas (1/500), les mâles peuvent présenter deux défenses. La fonction de cette dent soulève encore de nombreuses interrogations : est-ce une arme d’estoc pour empaler ou assourdir les poissons comme peuvent le montrer certaines vidéos ? Mais, dans ce cas, pourquoi les femelles en sont-elles dépourvues ? Est-ce un caractère sexuel secondaire servant aux parades et combats entre mâles ? Caractéristique qui pourrait être comparable aux bois de cerfs ? De récentes études ont permis de démontrer que cette dent possède près de 10 millions de terminaisons nerveuses. Il s’agirait plutôt d’un organe sensoriel permettant aux narvals de détecter, pour le groupe, des proies, des variations de la salinité de l'eau, et, plus individuellement, les femelles en chaleur.

 

Le narval et l’évolution

La vie sur notre planète est apparue dans la mer, il y a plus de 3,5 milliards d'années, et a évolué pour coloniser le milieu terrestre et enfin donner la biodiversité actuelle. Si au cours de cette évolution, les mammifères se sont d'abord développés et ont colonisé la terre ferme, une espèce apparentée aux hippopotames actuels a évolué pour être complètement adaptée au milieu aquatique et être à l'origine de tous les cétacés. Les traces de cette proximité se retrouvent dans le mode de vie des narvals, les femelles devant allaiter les petits, mais aussi dans leur squelette puisque les structures osseuses de leurs membres antérieurs sont parfaitement identiques à celles d’un mammifère se déplaçant sur terre, alors que les membres postérieurs ont complètement disparu.

 

Mythe et avenir menacé

Les défenses des narvals pourraient être à l'origine du mythe des licornes. Rapportées en Europe par les navigateurs, ces dents étaient montrées dans les cabinets de curiosités. En Asie, elles étaient, et sont encore, réduites en morceau ou en poudre pour être utilisées comme antipoison ou remède miracle contre la plupart des maux, alors que dans le Grand Nord, elles sont utilisées comme matière première pour des sculptures. Les croyances et pratiques, mais aussi la méconnaissance du monde aquatique ou des relations entre les espèces sont à l'origine d'une forte baisse de la population des narvals. Sans être en voie d'extinction, le narval reste une espèce vulnérable.

 

Exposition

Présenté durant deux ans au siège de l'entreprise Boehringer Ingelheim, le squelette du narval revient au musée en 2019 pour l'exposition temporaire Traces du vivant consacrée à l'étude et aux représentations des os dans les sociétés et les arts.

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
31 Décembre 2019