Musée des confluences

Ours dansant II

 

description

L'ours dansant est une sculpture taillée dans de la stéatite de couleur vert foncé.

Elle a été acquise en 2001 par le muséum d'histoire naturelle de Lyon pour le futur musée des Confluences, sous l'impulsion du directeur Michel Côté (1999-2011) qui a initié la collection d'objets contemporains inuits. Cette politique d'acquisition, qui englobe également la collection de peintures aborigènes, répondait au projet d'approfondissement du thème de l'autochtonie dans la programmation du musée.

"Davie Atchealak est un des plus grands artistes actuels d'art inuit. S'il excelle en sculpture, il exerce aussi son talent en peinture, en dessin... Tout en étant assez naturaliste (le traitement des poils, le mouvement de sa chair sous sa peau), l'ours de Davie Atchealak est complètement imaginaire et danse, non pas comme une ballerine de Degas cette fois, mais plutôt comme...un danseur africain ! C'est une véritable pièce de maître. Son humour subtil ne fait qu'ajouter à sa virtuosité technique. Le numéro d'équilibre de cet ours dansant est admirable : il se tient sur un seul pied ! Moins aérien que l'autre ours dansant de D. Atchealak, (...) voire même un peu pataud, cet ours a une bonhomie plus cocasse et un air foncièrement sympathique. Notons que d'un même sujet l'artiste fait deux sculptures très différentes : chacune étant certainement inspirée par leur différence de matières : l'aspect de la pierre marbrée et polie procure certes beaucoup d'élégance mais ne dégage pas la même " chaleur " que la stéatite verte aux aspérités onduleuses. En sculptant cet ours D. Atchealak illustre à la fois l'environnement naturel des Inuits et leur systèmes de croyances ancestrales. Lorsque les artistes saisissent leurs animaux familiers dans des poses insolites et bizarres, c'est qu'ils cherchent à représenter l'esprit de l'animal. Ainsi, généralement, l'Esprit de l'ours exécute un pas de danse, surpris sur un pied comme pour symboliser son rôle d'intercesseur entre le monde des esprits et celui des humains. Selon les légendes, cet esprit serait bienveillant ; c'est pourquoi le chaman lui demanderait fréquemment de lui venir en aide..." (Louis Gagnon, 2001).

expositions

  • Cette oeuvre est présentée dans l'exposition Espèces, les mailles du vivant, sur le plateau Inuit consacré aux relations homme/animal et à la circulation des âmes d'une espèce à l'autre.

Une circulation des âmes
Dans le Grand Nord canadien, les Inuits conçoivent leurs relations avec les autres êtres vivants comme des relations de personne à personne. Tous les êtres ont des cultures et sont dotés de qualités morales et sociales analogues à celles des humains. Seule la morphologie des espèces et donc leur mode de vie permettent de les distinguer les unes des autres. Dans cette pensée animiste, les humains ne forment qu’un collectif parmi d’autres pris dans le maillage d’un ensemble plus vaste où se maintient, entre chaque composante, un dialogue permanent des âmes.

Le monde des Inuits
Une vision symbolique du monde, englobant vie matérielle, organisation sociale et croyances, marque fortement la culture inuite. Beaucoup d’artistes la représentent dans leurs oeuvres, où se côtoient ainsi, comme autant d’éléments complémentaires de cet univers, humains, esprits et animaux de l’Arctique.

Le lien à la faune
Les Inuits entretiennent avec les autres animaux un lien spirituel particulier qui constitue l’un des piliers de leur monde. Ils communiquent avec eux et leur reconnaissent une conscience. Il n’y a pas de domination et le chasseur doit être capable de convaincre le gibier de s’offrir à lui.

A circulation of souls
In the Canadian Far North, the Inuits think of their relationships with other living creatures as being person-to-person relationships. All creatures have a culture and possess moral and social qualities similar to those of humans. It is only the species’ morphology, and hence way of life, that enables one to be distinguished from another. In this animist thought, humans form only one group among many caught up in a greater whole where a permanent dialogue is carried on between the souls of each entity.

The Inuit world
Inuit culture is strongly marked by a symbolic vision of the world which encompasses day to day life, social organisation and a system of beliefs. We see it in many artists’ work. Humans, spirits and Arctic animals are portrayed side by side, quite simply as complementary elements of this universe.

Ties to wildlife
The Inuits maintain a special spiritual bond with other animals which is one of the pillars of their world. They communicate directly with them and acknowledge their consciousness. There is no domination and the hunter must be able to convince the game to offer themselves to him.

  • En lien avec la thématique de la danse, cette sculpture fait écho à l'exposition temporaire Corps rebelles (13/09/16-05/03/17).

Les artistes inuits représentent souvent les esprits des animaux en train de danser ou dans d’autres postures insolites pour l’animal. Avec sa puissance, son aisance sur terre et dans l’eau et sa capacité à se dresser tel un humain, l’ours est un personnage central de l’imaginaire inuit.

Inuit artists often portray animal spirits dancing or in other unlikely postures. The bear is a central figure in Inuit imagination because of its power, ease on land and in water and its ability to stand up like a human.

sources complémentaires

bibliographie sélective

  • Gagnon Louis, "La collection de sculptures inuites du Muséum d'Histoire naturelle, Lyon. Premières acquisitions", Lyon, Muséum d'histoire naturelle de Lyon, Cahiers scientifiques Hors série n°1, 2003, 84 p.

liens

 

Éditeur : 
Musée des Confluences
Modifié le : 
28 Juillet 2016
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon, France), CC BY-SA