Musée des confluences

Pot à cosmétique

 

utilisation

Ce récipient est destiné à contenir des produits cosmétiques. Il témoigne de l'importance des parures corporelles chez les hommes Nubas, tout comme chez les Peules, de la place du corps masculin comme référent esthétique dans ces populations.

description

Ce pot en terre cuite noircie au feu présente des parties ovales lisses délimitées par un traçage au poinçon d’ivoire avec impressions pivotantes au peigne d’ivoire. Ce décor imiterait le pelage de la girafe. Les larges zones polies représenteraient les taches sombres, les bandes d’impressions les zones plus claires. On retrouve généralement ces motifs géométriques associés au monde animal sur d’autres types de céramiques comme les calebasses, mais également dans les peintures corporelles des jeunes hommes.

D'un point de vue plus technique, avant cuisson, un engobe de terre rouge diluée dans l’eau avec de la suie et/ou du charbon mêlé à de l’huile est appliqué à la main. Le polissage se fait au galet, les impressions avec des outils en ivoire. La cuisson se fait avec d'autres pots en fosse de ± 50 cm de profondeur sur un fond tapissé de bouse de vache. Les récipients sont ensuite recouverts du même combustible. L'allumage s'obtient avec de l’herbe sèche en fin de journée avec un défournage le lendemain matin. Le traitement post-cuisson est fait par enfumage. Les récipients brûlants sont enfouis dans un mélange de balles de céréales et de crottin de mouton écrasé afin de les noircir et de leur donner un éclat brillant.

cartel

Souvent associé au corps humain, le pot peut être traité comme une personne. Chez certains Nubas, sa décoration évoque l’ornementation du corps masculin.

Often associated with the human body, the jar can be treated as a person. Among certain Nuba, its decoration evokes the ornamentation of the male body.

provenance

Cette céramique fait partie de la collection d'objets africains donnés par Denise et Michel Meynet en 2000 au Muséum d'Histoire Naturelle de Lyon.

exposition

Cet objet est présenté dans l'exposition permanente Sociétés, le théâtre des hommes, sur le "plateau céramiques" dans la partie Echanger / Transmettre des savoirs et bien plus encore / La fabrique du social.

textes de l'exposition

Echanger : L’échange est propre à toute société humaine. Il est indispensable à l’essor de nouvelles activités et entraîne la création de normes économiques, sociales et culturelles en évolution permanente. L’échange est une nécessité et un défi constant. Il se bâtit dans la confiance, se modifie par l’affrontement et s’enrichit par la transmission des savoirs et des techniques.

Transmettre des savoirs et bien plus encore : L’apprentissage ne se construit pas seulement dans une relation orientée du maître vers l’élève. En Afrique notamment, la transmission d’un savoir-faire s’opère au sein d’un groupe et implique l’acquisition de gestes techniques, d’attitudes et de valeurs. Fondé sur une pratique en situation et sur des liens établis entre les participants, ce type d’apprentissage est doublement valorisant : il permet aux individus d’agir sur le monde et de s’y intégrer. Il développe l’autonomie des individus, la créativité et la satisfaction retirée du travail.

La fabrique du social : En Afrique subsaharienne, la pratique de la poterie ne se transmet pas explicitement mais se vit au jour le jour. L’apprentissage d’un savoir-faire commence dès l’enfance et induit une façon d’être avec les autres. Accéder au savoir, c’est aussi construire son identité et obtenir un statut.

exhibition

This jar is shown in the permanent exhibition Societies, human theatre, in section entitled Exchanging / Passing on knowledge and much more besides / Fabricating social relations.

Exchanging : Exchange is a feature of every human society. It is essential to the development of new activities and results in the creation of economic, social and cultural norms which constantly evolve. Exchange is necessary and always challenging. It is built on trust, modified by confrontation and enriched by the transmission of knowledge and techniques.

Passing on knowledge and much more besides : Apprenticeship is not simply about learning from one's master. In Africa, in particular, skills are passed on when working as part of a group and so movements and techniques as well as attitudes and values are acquired. Based, as it is, on practical experience and human relationships this type of apprenticeship is doubly rewarding: individuals are able to shape their world and become a part of it. It breeds autonomy, creativity and job satisfaction.

Fabricating social relations : In sub-Saharan Africa, pottery making skills are not taught explicitly but are picked up on a day to day basis. The acquisition of skills begins in childhood and is a socialising activity. Gaining access to knowledge is also a means of constructing one’s identity and obtaining a status.

sources complémentaires

Bibliographie sélective

  • Meynet Denise, Meynet Michel, L'art colon, Lyon, Fage éditions et musée des Confluences, 2013.
  • Zerbini Laurick, L'Afrique sans masque, Un, Deux...Quatre Editions, Lyon, 2002 (reproduction n&b p.190).

 

Éditeur : 
Musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
12 Octobre 2016
Crédits : 
Musée des Confluences (Lyon, France), CC BY-SA