Musée des confluences

Télégraphe de Hughes

 

utilisation

Ce télégraphe, inventé par l'Américain David Edward Hughes (18 mai 1831 - 22 janvier 1900), a été adopté par l'administration française des télégraphes en 1861. Il connaît un certain succès jusque vers 1890 en France et dans divers pays d'Europe, en étant réservé aux lignes à grand trafic. Il est ensuite remplacé par le système Baudot.

Physicien anglo-américain, David Edward Hughes commence sa carrière comme professeur de musique dans le Tennessee. Dans les années 1860, il invente le télégraphe inscripteur qui permet d'envoyer des dépêches télégraphiques en clair et de les imprimer en lettres majuscules : peu reconnu dans son pays, il vient en France où son système est adopté par l'administration française en 1861. Il est également l'inventeur en 1877 du microphone à charbon qui permettra d'améliorer la transmission du son dans les premiers téléphones, de la balance à induction et de la cabine téléphonique en France.

description

Le télégraphe imprimeur de Hughes est composé de plusieurs éléments : un émetteur-manipulateur avec 28 touches noires et blanches formant un clavier surmonté d'un pupitre, un mécanisme comportant un électro-aimant, un récepteur-inscripteur (disque tournant sur lequel 28 lettres et signes gravés en relief sont encrés) muni d'une bande papier, un mécanisme d'horlogerie comprenant un poids et une pédale, le tout monté sur une table en bois posée sur un lourd socle en fonte.

Son principe de fonctionnement est le suivant : pour envoyer un message, l'employé chargé de l'émetteur met en marche le rouage d'horlogerie puis appuie sur une touche blanche, ce qui inscrit une lettre sur la bande papier. A l'autre bout, l'employé met son appareil en marche : les deux employés appuient ensuite sur une pédale pour synchroniser leurs appareils. L'expéditeur peut dès lors envoyer une à une les lettres qui composent la dépêche, qui s'imprime simultanément sur les deux postes en lettres majuscules : l'employé n'a plus qu'à découper et coller les morceaux de bande sur le télégramme.

Ce système présentait plusieurs avantages : écriture en clair, rapidité (50 dépêches de 20 mots par heure) et simultanéité sur une même ligne. Il présentait cependant deux inconvénients : le remontage fréquent d'un poids de 60 kg, et la fragilité du mécanisme qui nécessitait un spécialiste. C'est pourquoi il n'a jamais détrôné le système Morse.

Le socle et le poids sont en fonte, le tablier en bois, les éléments d'horlogerie en laiton, le clavier en ivoire et la bande d'inscription en papier.

exposition

  • Ce télégraphe est présenté dans l'exposition Sociétés, dans la vitrine consacrée aux télécommunications envisagées sous l'angle de l'innovation dans notre quotidien.

Transmettre l’écrit, la voix et les données ne représente pas seulement une révolution technique. Les télécommunications suscitent de nouvelles pratiques et bouleversent le rapport au temps et à l’espace. La transmission de l’écrit précède celle de la voix : en témoigne ce télégraphe qui envoie des messages en texte grâce à son clavier alphabétique.

  • Le télégraphe fait également écho à l'exposition L'art et la machine présentée au musée des Confluences (13/10/2015-24/01/2016). De par la noblesse des matériaux et le soin apporté aux finitions, cette machine à transmettre les mots fait partie d'un patrimoine industriel tout en étant doté d'un pouvoir esthétique incontestable.

sources complémentaires

bibliographie sélective

  • Altier Christian, Pérardel Claude, Téléphones d'hier et d'aujourd'hui, Editions de l'Est, 1997.
  • Altier Christian, Télécommunications, Des objets qui racontent l'histoire, Lyon, EMCC, 2001.
  • Bulletin et chronique, Appareil imprimeur de M.Hughes, Annales télégraphiques, n°3, 1861, p. 328.
  • Lecouturier Yves, Le patrimoine français des télécommunications, Collection La Patrimoine des Institutions Economiques, Flohic éditions, Paris, 2002, 565 p.

liens

 

 

 

 

 

 

Modifié le : 
17 Avril 2015
Crédits : 
musée des Confluences (Lyon, France), dépôt de la collection historique Orange (Soisy-sous-Montmorency)