Musée des confluences

Voiture Berliet C2 22 HP double phaéton

 

utilisation

La voiture Berliet C2 double phaéton de 1908 est une voiture de luxe, qui peut également servir au tourisme : Marius Berliet, fondateur de l'entreprise Automobiles M. Berliet et sa femme la testent d'ailleurs pour leur voyage de noces. Le président de la République Raymond Poincaré (1860-1934) en fera de même avec un modèle similaire : la Fondation Berliet lui a d'ailleurs rendu hommage en [2008] en présentant cet exemplaire dans la cour de l'Elysée.

description

La C2 double phaéton de 1908 est la première voiture Berliet à transmission à cardan, alors que la majorité des véhicules de l'époque reçoit des transmissions à chaîne. Elle possède un moteur à 2 arbres à cames : l'un à droite commandant les soupapes d'admission, l'autre à gauche commandant les soupapes d'échappement. Le moteur a 4 cylindres verticaux par groupe de deux et sa puissance est de 22 HP. L'allumage se fait par magnéto, la pompe à eau est commandée par la distribution, le radiateur est en nid d'abeilles et le graissage sous pression. L'embrayage est à disques métalliques logés dans le volant. Le système de la boîte de vitesses est dit "à train baladeur", avec 4 vitesses AV et 1 marche AR (vitesse jusqu'à 50 km/h). La commande d'accélération et d'avance est au volant et les phares fonctionnent à l'acétylène.

La carrosserie en double phaéton, réalisée par Tavier (53 rue Vendôme, 69003 Lyon), désigne les voitures découvertes à double rangée de sièges, dans la dénomination des voitures à chevaux qui les ont précédées.

D'autres modèles de C2 22 HP ont été construites par la firme américaine ALCO (American Locomotive Company), qui souhaitait se diversifier dans l'automobile naissante au début du XXe siècle. L'entreprise Berliet lui avait en effet vendu en 1905 une licence pour fabriquer un modèle de voiture, qui a permis à Marius Berliet de considérablement développer ses activités. ALCO, qui ne fabriquait jusqu'ici que des locomotives, est à l'origine de l'emblème de Berliet en forme de pare-buffle dont étaient parées à l'avant toutes les locomotives à vapeur.

La voiture est fonctionnelle.

inscriptions

  • Berliet sur la calandre
  • n° de série 3096

expositions

  • La voiture est présentée dans l'exposition permanente Sociétés, dans la partie consacrée à la création et à l'innovation industrielle.

L’industrie automobile est née du talent de bricoleurs, d’inventeurs et d’entrepreneurs. On compte ainsi 150 constructeurs dans la région lyonnaise au début du XXe siècle. Cette voiture Berliet, premier modèle à transmission à cardan, témoigne de la qualité de la production réservée alors à une élite. Dans un secteur de plus en plus concentré et mondialisé, l’innovation devient un enjeu majeur pour les entreprises.

  • La voiture fait également écho à l'exposition L'art et la machine présentée au musée des Confluences (13/10/2015-24/01/2016), et plus particulièrement au moteur Bugatti prêté par la Cité de l'automobile à Mulhouse - Collection Schlumpf (inv. MNA 3221), présenté dans la première partie consacrée à la fascination de la machine. De par la noblesse des matériaux, le soin apporté aux finitions et la rareté d'usage de l'automobile en ce début du XXe siècle, cette voiture fait incontestablement partie d'un patrimoine né de l'industrie dont certaines pièces ont été classées aux Monuments historiques (la 1ère étant le camion Berliet de type M en 1982). Elle renvoie aussi à la partie de l'exposition consacrée à la machine en rêve, où l'on croise l'Aérofiat 1.0 d'Alain Bublex (2002, prêt de la Gaelrie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, inv. GGPNV 1827) et  la Giuletta de Bertrand Lavier (1993, prêt du musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, inv. 55.000.17.1).
Éditeur : 
musée des Confluences (Lyon, France)
Modifié le : 
13 Mars 2015
Crédits : 
musée des Confluences (Lyon, France), dépôt de la Fondation Berliet