Sociétés, le théâtre des hommes

Résumé

L’être humain est un migrant qui se rassemble, s’arrête pour un temps et forme sociétés, cultures et civilisations. L’exposition interroge ces modes de fonctionnement, à partir de trois constantes que sont l’organisation, l’échange et la création. La scénographie crée un paysage inédit qui éveille la curiosité par le rapprochement et le dialogue de pièces issues de cultures et d’époques éloignées.

Quelques clés de l’exposition

L’entrée de la salle est conçue tel un point focal dans lequel s’entrelace une composition multi-écrans de vidéos d’activités humaines. Elles mettent en mouvement et colorent la salle, comme un flux calme et infatigable. Sur une maille très fine ondule un jeu linguistique de verbes qui font écho et ouvrent des perspectives sur la lecture de la collection.

Organiser, échanger et créer : ces actions clés de la vie humaine, qui structurent son quotidien, sont les trois grands angles de lecture proposés. Sans parcours imposé, le visiteur va de l’un à l’autre pour établir des connexions et les remettre en perspective. Trois lanternes, disposées en fond de salle, lui permettent d’aller plus loin dans l’expérience du thème choisi, de susciter le débat et l’échange, de manière interactive et ludique.

Organiser

Plusieurs enjeux majeurs sont abordés dans cet espace : l’organisation du territoire et les pouvoirs civil, militaire et religieux.

Organiser la vie en communauté demande une structuration du territoire : représenter et cartographier un espace, c’est déjà se l’approprier. Le cercle répétiteur, instrument de cartographie occidentale depuis la fin du XVIIIe siècle, fut indispensable à la conquête du monde. En Australie, depuis le XXe siècle, la peinture aborigène représente un espace à la fois physique, spirituel et politique. Ce lien à la terre, nié par les colonisations pendant deux siècles, explique que ces toiles puissent constituer un acte de propriété mais aussi un manifeste politique.

Le contrôle de la vie collective prend différentes formes, présentées ici. Durant la période Edo (1603-1868), le Japon vit replié sur lui-même sous le régime du bakafu, gouvernement militaire, avec une discipline et une hiérarchie codifiées par des rituels d’apparat. Au-delà de leurs fonctions guerrières, les sabres, les armures, les casques et les bannières sont si beaux et raffinés qu’ils exercent sur le peuple une fascination propre à maintenir l’ordre. Ils sont aujourd’hui les symboles du Japon éternel, figé dans le temps.

Échanger

Indispensable à la vie sociale, l’échange se bâtit dans la confiance, se modifie dans l’affrontement et s’enrichit par la transmission des savoirs et des techniques. Il revêt différentes formes qui s’imbriquent dans des rapports subtils entre groupes de populations ou individus : l’échange monétaire, culturel, intellectuel, la confrontation armée…

Chaque culture présente une identité authentique qui se construit aussi par l’appropriation de codes qui l’ont influencée. Ainsi de la statue Baoulé casquée de Côte d’Ivoire présentée dans l'exposition : à l’iconographie traditionnelle, le sculpteur intègre le casque colonial occidental pour signifier le rôle puissant, prestigieux du personnage qui le porte.

Les échanges sont régis par des règles d’équivalence entre les biens. En Océanie, la thésaurisation et la redistribution des monnaies permettent d’acheter son rang social. Ainsi sur l’île de Malaita, les monnaies sont évaluées et mesurées lors de cérémonies avant de permettre l’accès au rang supérieur.

Dans les sciences et techniques, l’échange des savoirs oscille entre secrets et partages. La coopération à l’échelle internationale a permis à partir des années 30 la création des premiers accélérateurs de particules et la compréhension de la matière, ouvrant la voie au nucléaire ou à la radiothérapie.

Créer

L’être humain se définit comme Faber et Sapiens. Entre enthousiasme et stagnation, élans et terreurs, il adapte et fait évoluer son environnement en innovant. Cela lui impose de mobiliser ses connaissances et savoir-faire pour extraire de son environnement les matériaux nécessaires à l’amélioration de ses conditions de vie ; un domaine dans lequel larégion lyonnaise s’est illustrée à de nombreuses reprises.

Dans la vie quotidienne, des ustensiles de cuisine aux objets de communication, les innovations répondent à des besoins. Elles peuvent également les créer et alimenter un cycle de consommation. L’arrivée de l’électricité et des moteurs a ainsi révolutionné les modes de préparation culinaires, de même que l’installation de réseaux de télécommunication a démultiplié les échanges écrits ou vocaux, avec des objets innovants, démocratisés à très grande échelle.

Il n’y a pas de création ex nihilo : à partir d’un besoin fondamental, se vêtir, se protéger, se distinguer, se développent des filières créatives, commerciales et industrielles. Héritier des soieries lyonnaises du XVIe siècle, Brochier technologies a adapté le tissage jacquard à de nouveaux matériaux comme la fibre optique, créant ainsi des tissus lumineux. Cette innovation désormais brevetée, utilisée pour la première fois dans un défilé haute couture d’Olivier Lapidus en 2000, a permis de réaliser ce modèle unique de robe de mariée. Conçue d’emblée comme un objet de collection pour le musée des Confluences, elle est dessinée par Mongi Guibane.

Scénographie

Surface : 812 m²

Principes généraux : L’exposition se présente comme un véritable théâtre divisé en 3 secteurs. Le visiteur déambule de manière libre parmi des plateaux. A l’entrée, un dispositif multiécran affiche des mots en plusieurs langues en reprenant ces trois thématiques Chaque plateau constitue un sous-thème et correspond en principe à une (parfois deux) unités géographiques. Chaque plateau est équipé d’un audiovisuel qui donne un éclairage sur ce sous-thème. Les 3 lanternes qui correspondent aux 3 parties de l’exposition accompagnent le visiteur par des dispositifs innovants dans sa réflexion sur nos sociétés. Le ruban est une projection sur 9 écrans situés au dessus des vitrines de l’exposition. Signé par le réalisatuer Christian Barani, cette production a pour vocation de donner un lien entre les trois parties de l’exposition. Il ne s’agit pas d’un documentaire mais d’images évocatrices des grandes problématiques de l’exposition.

Equipe projet du musée : Marianne Rigaud-Roy (chargée de projet), Cécilia Duclos (chargée de production), Deirdre Emmons et Anne Marie Delattre (collections), Anne Mozzo-Lemarchands (publics), Nathalie Candito (évaluation des publics)

Scénographes : agence Du&Ma

Conception et réalisation scénographiques

  • Distribution électrique : Eiffage Energie
  • Éclairage : Big Bang
  • Matériel audiovisuel : IEC
  • Agencement et parquet : Goppion
  • Signalétique : Boscher
  • Soclage : Version Bronze

Audiovisuels

  • Animations : La station Animation
  • Documentaires : Les films d’ici
  • Multimédia : L’atelier 144
  • Production des interactifs : Inook
  • Production projections : Gédéon

Liens

 

Les audiovisuels associés à chaque thème prolongent le propos : suspendus au-dessus des plateaux, ou abrités au sein de lanternes, petits abris fragiles comme des châteaux de cartes, ils constituent une rupture dans le temps de la déambulation.