les catégories de collections

Dans un musée, toutes les collections n'ont pas le même statut ni le même rôle. C'est particulièrement le cas au musée des Confluences du fait de la richesse et de la diversité de ses collections.

collection patrimoniale

Depuis la loi sur les musées de France de 2002, les collections des musées sont soumises à des procédures d’acquisition strictes mises en place pour s'assurer de leur provenance et de leur intérêt. La collection patrimoniale du musée comprend l’ensemble des biens acquis et répertoriés dans son inventaire : c'est la grande majorité des 2,2 millions d'objets. Elle est de ce fait inaliénable et imprescriptible, ce qui implique que les biens ne peuvent pas sortir des collections sans une procédure exceptionnelle ; ils peuvent également être revendiqués par l'institution sans délai de prescription s'ils viennent à être volés.

La collection patrimoniale est constituée de pièces généralement bien référencées et, dans le domaine des sciences naturelles, elle peut contenir des « types » qui sont des représentants mondiaux d'une espèce : le musée des Confluences en compte des milliers, ce qui confère à ses collections un surcroît d’intérêt scientifique et suscite de nombreuses recherches à travers le monde.

L'appellation "musée de France" permet de bénéficier des soutiens de l'Etat, qu'ils soient scientifiques, techniques ou encore financiers.

Deux procédures complémentaires peuvent concerner cette collection patrimoniale :

- depuis 2002, les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) réunissent régulièrement des commissions scientifiques d'acquisition et de restauration composées du conseiller des musées en DRAC et de spécialistes de chaque domaine. Les musées de France sont tenus de leur soumettre leur projet d'enrichissement des collections, qui doit répondre à une éthique irréprochable sur la provenance des objets et à une politique d'acquisition bien définie. L'avis consultatif émis par la DRAC permet, s'il est favorable, de solliciter des aides à l'acquisition et à la restauration auprès des Fonds régionaux d'acquisition et de restauration des musées (FRAM et FRAR).

- depuis la loi sur les monuments historiques de 1913, les objets peuvent également être inscrits ou classés, ce qui leur confère une protection juridique supplémentaire et une surveillance accrue du ministère de la Culture. Au musée des Confluences, 4 instruments du patrimoine astronomique, déposés par l'Observatoire de Lyon (Université Claude-Bernard Lyon 1), ont fait l'objet d'une telle procédure sous l'impulsion de Jean Davoigneau : il s'agit du quart de cercle de Lalande de 1752, de la lunette méridienne de Wilhelm Eichens de 1880 et de deux globes terrestre et céleste de Félix Delamarche de 1824. Les deux premiers objets sont exposés dans Origines, les récits du monde.

matériel d’étude

Le matériel d’étude est formé d’un ensemble d’objets prélevés lors de campagnes de fouilles ou de collectes en archéologie ou en paléontologie par exemple. Il peut s'agir de fossiles rapportés par des étudiants, d'insectes collectés en nombre par des entomologistes partenaires du musée, d'échantillons d’os découverts lors de fouilles, etc. Plus qu’un simple procédé d’acquisition, les fouilles constituent, de par les méthodologies mises en place, une première étape du travail scientifique ; celle-ci est primordiale pour en permettre une exploitation ultérieure, d’où une valeur ajoutée indéniable. Ces activités favorisent l’entrée en collection d’un matériel ciblé et le plus souvent inédit, ce qui entretient grandement la notoriété de l’institution.

Ce matériel collecté, parfois en abondance, est repéré mais non identifié. Aussi est-il nécessaire de passer par une phase de tri et d’étude, effectuée par le personnel du musée ou par des chercheurs extérieurs. Cette phase de tri et d’étude, qui peut être longue, aboutira à une sélection du matériel qui méritera en fin de compte d’intégrer la collection patrimoniale.

Un cas différent concerne les collectes qui ont été rassemblées en nombre par un auteur au sein d’une collection nominale (insectes, coquilles, fossiles…). Dans le meilleur des cas, l’ensemble est parfaitement classé, référencé, identifié et peut directement intégrer la collection patrimoniale. Dans la plupart des cas cependant, il est nécessaire de procéder à un tri et une mise en ordre au sein d’un matériel hétérogène du point de vue de la préparation, de l’étiquetage et de l’identification, en prenant garde de ne pas en dénaturer l’esprit. Pendant cette phase transitoire, la collection peut être assimilable en quelque sorte à une collection d’étude.

D’une manière générale, la pratique de la collection d’étude permet aujourd’hui de concilier de manière pratique les contraintes de conservation du patrimoine national et les besoins de la recherche scientifique. Si la situation est assez claire pour les collections acquises après la loi sur les musées de France de 2002, il en va autrement pour les collections antérieures. Il faut se souvenir que la plupart des musées sont les héritiers d’une longue histoire, et les conservateurs sont inévitablement confrontés à la présence de séries d’intérêt varié qui seraient aujourd’hui en partie assimilées à des collections d’étude.

collections de référence

Certaines collections forment des ensembles de référence pour les scientifiques.

Le matériel de référence taxinomique regroupe des spécimens qui ont une valeur et une fonction bien particulières : ils constituent la référence matérielle et physique des espèces décrites à l’échelle mondiale (autrement dit les taxons, la taxinomie consistant à décrire et définir les taxons). Ces spécimens sont couramment appelés "types". Reflets de l’activité de description des scientifiques naturalistes, ils sont souvent regroupés au sein de la collection spécialisée d'un auteur.

Le matériel de référence systématique est à la fois le résultat et le support des études de systématique, discipline qui est en quelque sorte le prolongement de la taxinomie et s’attache à dénombrer et classer les espèces en fonction de leur parenté, mais aussi à en définir les caractères comme la répartition. La systématique s’inscrit dans un processus de perpétuelle mise à jour de la connaissance (on parle de « révisions »). Devant le nombre important d’espèces, les systématiciens sont souvent contraints de se spécialiser dans l’étude d’un seul groupe à une échelle géographique donnée. La nécessité de conserver un témoin physique des connaissances accumulées induit la conservation d’un important fonds de matériel servant aux études de systématique mais aussi de faunistique. Des axes d’étude privilégiés ont été définis, au point de vue systématique mais aussi géographique : le niveau français qui est indispensable à la compréhension de la faune régionale ; la région ouest-paléarctique, incluant la zone circumméditerranéenne, qui est le domaine d’appartenance biogéographique de notre faune ; l’Afrique sub-saharienne avec nos liens historiques en terme de recherche scientifique ; l’Amérique du Sud, berceau de diversité biologique.

Le matériel régional tient une place à part au sein des collections. Il est réparti au sein de collections renfermant une large proportion de matériel local.

collection muséographique

Elle recouvre plusieurs réalités bien distinctes : il peut s'agir de pièces acquises pour leur aspect spectaculaire ou pour compléter un ensemble cohérent. Elle peut aussi être constituée de lots acquis spécifiquement pour les expositions, qui vont s'abîmer, même dans de bonnes conditions de conservation : c'est par exemple le cas des papillons, qui perdront peu à peu de leur éclat et devront être remplacés d'ici quelques années.

La collection compte enfin quelques maquettes, moulages et reconstitutions qui ne peuvent prétendre entrer dans la collection patrimoniale : ces objets soutiennent le discours des expositions permanentes, ou bien sont destinés à être touchés, comme par exemple l'ammonite dans Origines, ou les cornes d'antilope dans Espèces.

collection de médiation

Le musée des Confluences a constitué depuis des années un ensemble d'objets de médiation, mis à la disposition des publics pour qu’ils puissent toucher, sentir, écouter ces objets sans gêne pour la conservation du patrimoine. Cette collection de plus de 400 pièces est composée de véritables objets en lien avec les thématiques des expositions permanentes, mais aussi de moulages. Elle compte notamment de nombreux instruments de musique, des météorites, des pièces archéologiques, des téléphones et plus encore.

Plusieurs de ces objets sont présentés par les médiateurs lors des visites et des ateliers.