“ Le Musée des Confluences vient d’acquérir un mosasaure.
”
Long de 9 mètres et âgé de 70 millions d'années, ce squelette est celui d'un mosasaure. Ce nom signifie littéralement le "lézard de la Meuse", le premier spécimen ayant été découvert en 1770 non loin de ce fleuve, dans les environs de Maastricht.
Ce proche parent des varans était un redoutable prédateur marin. Son crâne long de 1,20 mètres est muni de longues mâchoires à double articulation pouvant ainsi s'ouvrir très largement et lui permettre d'avaler de très grosses proies. Sa longue queue aplatie latéralement devait assurer sa locomotion par ondulation latérale alors que ses membres en forme de palettes natatoires aux multiples phalanges faisaient office de gouvernails.
Les mosasaures représentent une remarquable adaptation des tétrapodes au milieu aquatique, mais ces animaux finirent pourtant par disparaître en même temps que les dinosaures à la fin du Crétacé.
Un tel squelette, aussi complet et remarquablement bien conservé, est unique en France et il rejoint donc les collections Sciences de la Terre du Musée des Confluences.
L’exposition « D’où venons-nous ? » a comme objectif de nous interroger sur nos origines et devenirs. La longue histoire de la vie, depuis la première cellule vivante apparue il y a environ 4 milliards d’années jusqu’à la biodiversité actuellement constatée, a été jalonnée de moment clefs, de bouleversements et d’extinctions.
A l’instar de la sortie des eaux et de la conquête des milieux terrestre et aérien, le retour de la vie aquatique de certains groupes de tétrapodes (vertébrés à quatre pattes) constitue un bel exemple de sélection naturelle et d’adaptation, c’est-à-dire du fonctionnement de l’Evolution. Au cours de l’histoire de la vie, de nombreux groupes de vertébrés terrestres ont en effet re colonisé le milieu marin. Ce retour à l’eau a été rendu possible grâce à de nombreuses modifications morphologiques, physiologiques et écologiques. (…)
Les mosasaures sont un parfait exemple d’adaptation des tétrapodes au milieu aquatique, ils font partie de ces grands reptiles marins de l’ère secondaires popularisés sous le terme de « monstres marins » .
Avec une taille adulte allant de 3 à 15 mètres selon les espèces, les Mosasaures sont de grands reptiles marins qui ont vécu uniquement au Crétacé supérieur, c’est à dire entre –97 et –65 millions d’années. Ils disparaissent donc il y a –65 millions d’années, lors de la plus célèbre des crises biologiques, en même temps que d’autres grands reptiles marins comme les plésiosaures, ou terrestres avec les Dinosaures.
Son nom signifie littéralement le "lézard de la Meuse", le premier spécimen ayant été découvert en 1770 non loin de ce fleuve, dans les environs de Maastricht.
L’ancêtre des Mosasaures serait une espèce apparentée aux varans actuels qui ont subi, au cours des temps, de nombreuses évolutions morphologiques pour en faire un groupe parfaitement adapté à son « nouvel » environnement.
L’augmentation du nombre de vertèbres et une queue aplatie latéralement lui permettaient de se déplacer rapidement par ondulation ; la direction étant donnée par transformation des membres antérieurs et postérieurs en palettes natatoires. Ces dernières sont caractérisées par des os longs, des pattes atrophiées, ainsi qu’un allongement et une multiplication d’une nombre de phalanges.
L’adaptation des Mosasaures au milieu aquatique fut presque que totale. En effet, les dernières études ont pu montrer qu’ils auraient, pour la plupart, un mode de reproduction de type Ovovivipares, les œufs étant incubés et éclosant à l’intérieur du ventre de la mère. Ils auraient ainsi, contrairement aux tortues actuelles, plus besoin de revenir sur terre ferme pour pondre. Cependant, avec un système respiratoire pulmonaire, ils devaient remonter à la surface pour respirer.
Dés leur apparition, il y a près de 100 millions d’années, les Mosasaures ont alors rapidement colonisé toutes les mers du globe, et se sont adaptés à de nombreuses niches écologiques avec des espèces côtières de petites tailles et piscivores, aux grands prédateurs de hautes mer en passant par des formes broyeuses de coquillages.
Les puissantes mâchoires des Mosasaures étaient armées de dents qui se remplaçaient sans cesse et recourbées vers l’arrière facilitant ainsi le maintien de la proie en faisaient de grands prédateurs. Les os crâniens et mandibulaires pouvant bouger entre eux (phénomène de kinétisme) et une double articulation mandibulaire lui permettaient une dislocation de la mâchoire lui permettant ainsi une très grande ouverture de la gueule pour pouvoir s‘attaquer à de grosses proies.
Ce squelette de Mosasaure a été trouvé dans des carrières à Phosphates du Maroc de la région de Sidi Daoui. Ces carrières d’où on extrait encore d’importante quantité de fossiles, notamment en restes de poissons, ont livré 6 espèces de Mosasaures différentes, et pour des niveaux plus récents des mammifères avec notamment le Phosphatherium escuilliei qui est le premier représentant de la lignée des éléphants, et dont le Musée des Confluences a pu acquérir un fossile de cette espèce.
Ce spécimen de Mosasaure, trouvé dans des sédiments marins vieux de –70 millions d’années a été attribué au genre Mosasaurus beaugei. L’intérêt de ce spécimen est double.