Émile Guimet, une histoire lyonnaise

Deirdre Emmons, responsable des collections Asie, Musée des Confluences.

Lorsqu’on évoque Émile Guimet (1836-1918) et l’histoire des musées lyonnais, il faut revenir sur deux périodes importantes. La première commence en 1879 et correspond à la fondation du premier musée Guimet à Lyon avant son transfert total à Paris et la donation de ses collections à l’État. La deuxième commence en 1913 et marque le retour d’une partie des collections du musée Guimet de Paris dans le même lieu à Lyon et l’ouverture d’un nouveau musée Guimet. Cette deuxième période se poursuit encore aujourd’hui et constitue l’un des socles du fonds des collections d’ethnologie extra-européenne.

Les termes ne manquent pas pour décrire ce personnage et donner du corps et de la vie à ce petit monsieur qui a gravé son nom au fronton d’un des plus prestigieux musées d’art asiatique au monde, le Musée national des arts asiatiques Guimet à Paris. Il est désigné tour à tour comme visionnaire et novateur [1] , humain et bousculant [2] , ou encore anticonformiste. Et pour découvrir l’homme, il faut aussi prendre en compte les différentes fonctions qu’il a cumulées sa vie durant.

« Si j’ai fait de l’industrie, c’était pour être utile au peuple » (E. Guimet) [3]

Fils de l’industriel Jean-Baptiste Guimet, inventeur du bleu outremer artificiel, il prend les rênes de l’entreprise familiale en 1860, il a alors tout juste 24 ans. L’usine installée à Fleurieu-sur-Saône assure la production de ce bleu artificiel de façon quasi inchangée et ce jusqu’en 1967. Cette industrie florissante constitue la base d’un empire industriel d’où naîtra la société Péchiney quelques années plus tard. Émile Guimet succède à son père à la présidence de cette société jusqu’à sa mort en 1918. Cette activité industrielle va lui permettre de financer nombre de projets parmi lesquels la création d’un musée des religions à Lyon.

« Si j’ai fait de la musique, c’était pour donner le goût de l’art ; si j’ai fait des écoles c’était pour l’instruire […] mon existence n’a qu’un but : aimer et servir les prolétaires » [4] (E.G.)

Au-delà de son activité de chef d’entreprise, Émile Guimet se passionne pour toutes les formes artistiques telles que le théâtre, la poésie, la littérature, la musique, influencé ici par sa mère, Rosalie Bidauld, qui était peintre et fille de peintre. Il est l’auteur notamment de nombreuses pièces musicales dont un opéra, Taï Tsoung (du nom d’un grand empereur chinois du VIIe siècle) dont la première se joue à Marseille en 1894. Mais son investissement dans le monde du théâtre ne s’arrête pas là. Le 29 septembre 1879, il inaugure son théâtre à Bellecour, juste la veille de l’inauguration de son musée lyonnais. C’est un théâtre qu’il veut ouvert et accessible à tous. Mais cette réalisation s’avère rapidement un échec financier et architectural et il ferme bientôt ces portes. Cet esprit ouvert et généreux, il le décline dans nombre d’autres activités comme la création de l’Orphéon de Neuville, la fanfare de Fleurieu, et dans bien d’autres projets à vocation sociale. Il affiche clairement sa volonté d’instruire ses ouvriers et finalement le plus grand nombre.

« Il est indispensable de voyager, de toucher le croyant, de lui parler, de le voir agir » (E.G.) [5]

À toutes ses « casquettes » il faut rajouter celle de voyageur et curieux. Émile Guimet la porte très tôt puisque, dès les années 1860, il réalise de nombreux séjours en Espagne, en Égypte, en Grèce et en Turquie, en Roumanie, en Algérie et en Tunisie. Mais c’est son voyage en Égypte qui va être déterminant. Confronté à une culture étrangère, il s’intéresse aux mythes égyptiens mais aussi et déjà à la conservation des œuvres en visitant le musée de Boulacq, fondé et dirigé par l’égyptologue Auguste Mariette. L’intérêt pour les objets de collections accompagne cette découverte de l’ailleurs et bientôt il rajoute une corde à son arc, celle d’amateur et collectionneur. Cette collecte, d’abord auprès des marchands d’art, prend toute son ampleur lors de son voyage en Asie.

Parti en Extrême-Orient – Japon, Chine, Inde — pour réaliser une mission scientifique pour le compte du ministère de l’Instruction publique en 1876, Émile Guimet, accompagné du peintre Félix Régamey, revient conquis de son séjour au Japon qui dure plus de deux mois et demi. Il y consacrera deux ouvrages connus sous le titre des Promenades japonaises [6] . Son séjour en Chine sera quant à lui beaucoup moins concluant.

Ce voyage au Japon s’inscrit dans un contexte d’ouverture du côté français comme du côté japonais. En France, le japonisme [7] se développe dès le milieu du XIXe siècle avec l’exposition de Paris en 1867 qui reçoit la première section officielle japonaise. Du côté japonais, l’ouverture est marquée par la fin de la période d’Edo et deux cents ans de fermeture, la restauration de l’ère Meiji en 1868 et l’occidentalisation de la société japonaise.

Arrivé au Japon dans une période de profonds bouleversements, Émile Guimet profite d’une situation où nombre de pièces sont accessibles à l’achat. Cinq ans avant lui, le financier italien, Henri Cernuschi, fondateur du musée du même nom à Paris, accompagné du critique d’art Théodore Duret, put également jouir de ce contexte favorable. En effet le Japon connaît à cette époque des troubles politico-religieux qui déclarent le shintoïsme religion officielle aux dépens du bouddhisme qui devient banni. De nombreux objets de temples sont vendus ou détruits. Dans le jubilé du musée Guimet publié en 1904, Émile Guimet note qu’il rapporte de son voyage plus de trois cents peintures religieuses, plus de six cents statues de divinités, une importante collection de céramiques mais aussi des livres, des manuscrits et des imprimés. Ces collections viendront former la base de son premier musée en 1879.

« Si je me suis occupé de philosophie, si j’ai fondé le musée des Religions, c’était pour donner aux travailleurs le moyen d’être heureux » (E.G.) [8]

Présenté dans son rapport de mission à son retour en 1877, son projet muséographique se concrétise suite au succès de la présentation de ses collections à l’Exposition universelle de Paris en 1878. Il y pose également les bases de sa conception de la muséographie fondée sur la clarté, l’unité mais aussi l’accès au plus grand nombre, public spécialisé ou simple curieux. Profitant du congrès des orientalistes qu’il organise à Lyon la même année, Émile Guimet lance son projet de musée dont le bâtiment est en cours de construction. Il est inauguré le 30 septembre 1879 par Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique. Dès son origine, le musée Guimet est pensé comme un lieu de transmission du savoir. Dans son projet initial, le musée fait partie d’un ensemble plus vaste qui doit aussi comprendre une bibliothèque et une école de langues. L’enseignement de japonais qu’Émile Guimet va essayer de mettre en place est malheureusement un échec. À l’ouverture en 1879, le musée Guimet n’a pas encore sa forme architecturale définitive, seule une partie du bâtiment est construite : la rotonde d’entrée et la galerie donnant sur l’actuel boulevard des Belges. Au rez-de-chaussée on trouve la céramique de Chine et du Japon, le premier étage est consacré à un panorama des religions de l’Extrême-Orient avec au centre la reproduction du Mandala dit de Kôbô-daishi, et le troisième à un aperçu des religions de l’Égypte, de la Grèce, de l’Italie et de la Gaule. Le musée est ouvert gratuitement tout au long de l’année les après-midi de deux à quatre heures. Cette ouverture s’accompagne de la publication d’un catalogue donnant un commentaire des œuvres exposées et aussi de la création de la Revue de l’Histoire des religions et des Annales du Musée Guimet.

Le projet architectural ne sera finalement jamais abouti puisque, dès 1882, Émile Guimet songe à transférer ses collections à Paris et à les donner à l’État en échange d’une aide financière de 45 000 francs par an pour l’entretien du musée et la construction d’un bâtiment en tous points identiques à celui de Lyon, ce qui sera finalement édifié place d’Iéna.

« Je m’aperçus qu’à Lyon ne venaient pas les savants, archéologues, philosophes, philologues, qui auraient pu m’être utiles […] dans ce cas on déplace l’usine, c’est ce que je fis » (E.G.) [9]

Ce déménagement du musée à Paris répond pour l’essentiel au besoin pour Émile Guimet de se rapprocher des milieux scientifiques et de réaliser pleinement son projet initial. Il semble en effet que le musée n’a pas connu le nombre de visiteurs attendus et qu’il n’a pas obtenu de soutien financier de la ville de Lyon. Après de nombreuses tractations entre l’État, la ville de Paris et Émile Guimet, le 8 août 1885, le musée Guimet devient une institution nationale après l’approbation de la chambre des députés. Émile Guimet est nommé directeur à vie et le musée portera perpétuellement son nom. Le musée est inauguré à Paris le 11 novembre 1889 par le président de la république Sadi Carnot.

Pendant ce temps-là à Lyon, après une tentative pour vendre le bâtiment à la ville, Émile Guimet le propose aux enchères en 1897 et une société frigorifique se porte finalement acquéreur. Cette société finit de construire la partie du bâtiment qui manquait et ouvre une patinoire. À la faillite de cet établissement, la ville décide de racheter le bâtiment en 1909 pour y transférer les collections du muséum d’histoire naturelle alors trop à l’étroit dans les bâtiments du palais des arts. Ce projet est ratifié en 1911. Le muséum est inauguré le 14 juin 1914.

L’aménagement des collections du muséum d’Histoire naturelle dans la grande salle s’accompagne du retour d’une petite partie des collections du musée Guimet de Paris. Le 22 novembre 1911, Émile Guimet propose officiellement de remettre à la ville de Lyon des objets qui font double emploi à Paris. Dès 1912, une convention est signée entre Émile Guimet et la ville de Lyon et presque trois mille objets sont mis en dépôt de longue durée à Lyon. Cette ouverture officielle par Édouard Herriot le 25 mai 1913 marque le retour d’un important fonds de collections asiatiques sur Lyon et la création d’un nouveau musée lyonnais avec ses propres collections. Ce musée municipal est dirigé par Émile Guimet lui-même jusqu’à sa mort le 12 octobre 1918 à Fleurieu-sur-Saône. L’institution est alors prise en mains par Claude Gaillard (1861-1945), le directeur du muséum d’Histoire naturelle.

« Ce musée à pour objet de propager la connaissance des civilisations de l’Orient et de l’antiquité classique, de faciliter les études religieuses, artistiques, historiques au moyen des images, des objets du culte et des œuvres d’art […] mais l’histoire des religions reste son objectif principal » [10] .

Parmi les dépôts importants consentis pour l’ouverture vient la collection du sinologue hollandais Johannes Jacobus Maria De Groot (1854-1921). Cette collection de plus de six cents pièces liées à la religion populaire chinoise est une commande d’Émile Guimet sur proposition du découvreur. Elle sera brièvement présentée à Paris avant de venir orner les salles du premier étage lyonnais. Mais cette ouverture est également marquée par un achat de la ville de Lyon d’un ensemble de plus de deux cent cinquante pièces japonaises – tsuba, netsuke, laques, etc. — auprès de Florine Langweil, une antiquaire parisienne. Autre pièce de dimension exceptionnelle, la salle des grues est donnée à Lyon sur proposition d’Émile Guimet en 1913. Cette salle, qui est une réplique d’une salle japonaise du XVIe siècle du temple de Nishi Honganji à Kyoto, a été réalisée par les artisans de Kyoto à l’occasion de l’exposition anglo-japonaise de Londres en 1910. Donnée à la France comme symbole des liens qui unissent nos deux pays, elle doit attendre quelques années avant de trouver sa place au premier étage du musée Guimet de Lyon. Entre 1912 et 1967 c’est ainsi plus de trois mille pièces qui viennent augmenter le fonds des collections du nouveau musée Guimet de Lyon.

Les liens qui unissent les deux institutions, Musée Guimet et muséum, ou plutôt les hommes aux commandes de ces institutions, Émile Guimet et Louis Lortet (1836-1909), sont bien plus anciens que le rassemblement physique des deux collections dans un même lieu à partir de 1913. S’il est évident qu’ils se connaissaient car ils fréquentaient les mêmes cercles scientifiques et avaient des intérêts communs pour l’égyptologie, il apparaît également qu’ils ont un temps partagé le projet d’ouvrir une institution autour des collections ethnographiques du muséum, celles d’Émile Guimet et les collections d’Ernest Chantre (1843-1924). Louis Lortet propose en 1875 la création d’une section d’anthropologie et d’ethnologie. Ce projet ne verra jamais le jour et chacun de ces hommes travaillera séparément à la valorisation de ce patrimoine. On sait toutefois, grâce aux livres d’inventaire, qu’Émile Guimet a donné au muséum de Lyon nombre de pièces provenant d’Afrique équatoriale et d’Océanie et ce, dès 1879. Un courrier de Louis Lortet le remercie chaleureusement pour ce don au nom de la ville de Lyon.

L’histoire des collections d’origine extra-européenne se complique entre les deux guerres avec l’ouverture d’une troisième institution dans le même bâtiment, le musée colonial qui changera de nom au fil de l’Histoire. Ouvert en 1927, il sera administré par Benoît Fayolle, gardien en chef du musée Guimet, et ce jusqu’en 1968. Outre des collections qui lui sont propres, il fera aussi l’objet de dépôts du muséum et du musée Guimet.

Et finalement, une quatrième institution vient s’ajouter aux précédentes, c’est le musée des œuvres pontificales missionnaires qui, créé en 1888, sera mis en caisses pour de nombreuses années avant d’être mis en dépôt au muséum de Lyon en 1979.


Pour en savoir plus sur Émile Guimet et ses musées lyonnais :

Sources primaires :

Guimet, Émile, Rapport au ministre de l’instruction publique et des beaux-arts sur la mission scientifique de Émile Guimet dans l’Extrême-Orient, Lyon, Imprimerie Pitrat Aîné, 1877.

Guimet, Émile, Promenades japonaises, Paris, G. Charpentier éditeur, 1878.

Guimet, Émile, Notice explicative sur les objets exposés par E. Guimet et sur les peintures et dessins faits par Félix Régamey, Exposition Universelle, Galerie historiques du Trocadéro, Religion de l’Extrême-Orient, Paris, E. Leroux éditeur, 1878.

Guimet, Émile, Promenades japonaises : Tokio-Nikko, Paris, G. Charpentier éditeur, 1880.

Guimet, Émile, Le jubilé du Musée Guimet, Vingt-Cinquième anniversaire de sa fondation 1879-1904, Paris, Ernest Leroux éditeur, 1904.

Milloué, Léon (de), Catalogue du Musée Guimet, Première partie : Inde, Chine et Japon, Lyon, Imprimerie Pitrat Aîné, 1883.

Musée Guimet, Catalogue des objets exposés, Lyon, Imprimerie Pitrat Aîné, 1880.

Musée Guimet, Guide illustré du musée Guimet de Lyon, Chalon-sur-Saône, Bertrand, 1913.

Sources secondaires :

Auriault Bénédicte, Le musée Guimet de Lyon : de l’installation au retour (1878-1918), mémoire de maîtrise, Université Jean-Moulin Lyon III, 2005.

Buttin Odile, Construction d’un grand musée de province : le musée Guimet de Lyon ? 1979-1988, monographie, Paris, Ecole du Louvre, 1986.

Chappuis, Françoise, Macouin, Francis (sous la direction de), D’outremer et d’Orient mystique : les itinéraires d’Émile Guimet, Paris, édition Findakly, collection Patrimoines d’Orient, 2001.

David, Louis, Histoire du Muséum de Lyon, Lyon, édition ARPPAM, 1998.

Emmons, Deirdre, Dieux de Chine, le panthéon populaire du Fujian de J.J.M. de Groot, Clermont-Ferrand, Un, Deux… Quatre Éditions, 2003.

Emmons, Deirdre, Destination Japon, Lyon, EMCC, 2005.

Emmons, Deirdre, « Lyons natural History Museum » in Japanese collections in European museum II, Bonn, Bier’sche Verlagsanstalt, 2005.

Fayolle, Benoît, Le livre du musée Guimet de Lyon, Lyon, Emmanuel Vitte, 1958.

Frank, Bernard, Le panthéon bouddhique au Japon – Collections d’Émile Guimet, Paris, édition de la réunion des musées nationaux, 1991.

Macouin, Francis, Omoto, Keiko, Quand le Japon s’ouvrit au monde : Émile Guimet et les arts d’Asie, Nouv. éd. augm, Paris, Réunion des musées nationaux, Gallimard Jeunesse, (collection Découvertes Gallimard Histoire), 2001.

Macouin, Francis, « Émile Guimet, champion de l’Orientalisme », Historia, juillet 2001, n° 655.

Mauriac Muriel, Émile Guimet et le Japonisme, mémoire de maîtrise sous la direction de M. Foucart, Université Sorbonne-Paris IV, 1993-1994.

Omoto, Keiko, « Émile Guimet et le Japon », L’œil, janvier 1993, n° 448.

Raibault Laure, Guimet’s « practical orientalism » : a moralistic and scientific quest for distant religions, MA History of Art and Archeology, University of London, 2004-2005.

Waluga Coralie, Émile Guimet : un bourgeois malgré lui ?, mémoire IEP, Université Lumières Lyon II, 1992.



[1] Jean-François Jarrige, président du Musée nationale des Arts asiatiques Guimet et membre de l’Académie des Inscriptions et Belles lettres dans un extrait des Comptes-rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, fasc. IV, nov.-déc. 2000

[2] Conversation avec Hubert Guimet, arrière-petit-fils d’Emile Guimet, le 4 avril 2007 à Fleurieu-sur-Saône.

[3] Le Progrès de Lyon, « Les grands lyonnais et leurs œuvres… : Emile Guimet, fondateur et donateur du musée national des religions », 1er septembre 1937

[4] Le Progrès de Lyon, op. cit. [4] Emile Guimet, Le Jubilé du musée Guimet, 25e anniversaire de sa fondation, 1879-1904, p.4

[5] Emile Guimet, Le Jubilé du musée Guimet, 25e anniversaire de sa fondation, 1879-1904, p.4

[6] Guimet, Émile, Promenades japonaises, tome 1 et 2, Paris, G. Charpentier éditeur, 1878 et 1880

[7] Le japonisme est l'influence de l'art japonais sur les artistes, premièrement français, puis occidentaux.

[8] Le Progrès de Lyon, « Les grands lyonnais et leurs œuvres… : Emile Guimet, fondateur et donateur du musée national des religions », 1er septembre 1937

[9] Emile Guimet, Le Jubilé du musée Guimet, 25e anniversaire de sa fondation, 1879-1904, 1904, p.6

[10] Guide illustré du Musée Guimet de Lyon, 1913, p.4