La Bibliothèque du Musée des Confluences
Éléments d’histoire et d’analyse.

Yves JOCTEUR MONTROZIER

Conservateur en chef

Fonds ancien, Bibliothèque municipale de Lyon

En guise de préambule, il est nécessaire d’indiquer que mes recherches en archives m’ont amené à modifier quelque peu le sujet de ma communication et à mettre davantage l’accent sur la constitution et l’histoire des collections que sur leur analyse. Il m’est apparu, en effet, au fur et à mesure des différentes explorations que la constitution du fonds ancien du Muséum de Lyon, aujourd’hui musée des Confluences, est particulièrement éclairante sur le rôle du livre dans une institution scientifique. À la fois au service de la documentation des objets et de leur identification, mais aussi reflet de l’activité scientifique de chaque époque, le livre est un instrument indispensable à la connaissance scientifique. Fustel de Coulanges n’a-t-il pas écrit, « Il faut cent jours d’analyse pour un jour de synthèse » mais l’attribution du livre, au sein du Muséum, a varié en fonction du temps et des hommes. Louis David évoquera les aléas de la constitution des collections des objets du Muséum d’histoire naturelle de Lyon. Il est aisé d’établir un parallélisme entre cette constitution et la réunion des ouvrages imprimés du Muséum et ce rapprochement donne des clefs pour en comprendre la résultante.

1. La première bibliothèque du Muséum : Livres et curiosités

Dès le départ, dès la création de ce qui sera plus tard le Muséum de Lyon, la « curiosité » et le livre sont associés. La formation des cabinets de curiosités s’inscrit dans l’intérêt commun des pays européens pour les choses curieuses et rares venues des pays lointains. Ces cabinets de curiosités seront à l’origine de plusieurs muséums de province en France, à Nantes et à Grenoble notamment, mais aussi à Lyon : l’Académie de Lyon hérite en 1769 du cabinet d’histoire naturelle, du médaillier et de la bibliothèque riche de 6 000 ouvrages du savant bibliophile Pierre Adamoli. Elle installe l’ensemble au premier étage de l’Hôtel de ville. Ce premier « cabinet » est cependant vite transformé et augmenté lorsque Antoine-Joseph Pestalozzi offre en 1771 de céder à la ville de Lyon le cabinet du docteur Jérôme-Jean Pestalozzi, son père, moyennant une rente viagère. Ce cabinet s’avère l’un des plus célèbres des quinze cabinets lyonnais de cette époque car il s’appuie sur le cabinet antérieur de deux Lyonnais voyageurs et collectionneurs du XVIIe siècle : Gaspard de Liergues et son frère, Balthazar de Monconys. L’association de ces trois cabinets, mais aussi des bibliothèques qui y étaient attachées, fonde le Muséum en 1772, sous la houlette de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon. Cette situation demeurera jusqu’en l’année 1789.

Attardons-nous quelques instants sur les bibliothèques qui accompagnaient ces cabinets. Chez les collectionneurs de l’époque des Lumières, livres, médailles, et curiosités étaient une trinité obligatoire, car la confrontation des planches et des descriptions minéralogiques ou botaniques pouvait se faire aisément avec les productions naturelles du cabinet de l’amateur. On retrouve ainsi cette association du livre et de l’objet dans la bibliothèque de Monconys, « amateur de sciences », où les ouvrages étaient déjà davantage que de simples accessoires pour ce remarquable collectionneur. Le Père Jacob dans son Traité des plus belles bibliothèques (Paris, 1644) évoque ainsi la collection : « La beauté et la rareté du cabinet de M. Gaspard de Monconys, seigneur de Liergues et de Pouilly […] est bien l’une des curieuses pièces de l’Europe, tant pour les médailles d’or, argent, airain, verre, plomb et autres matières et pour les pourtraits en taille-douce que pour la bonté des livres qui s’y trouvent quoy qu’en nombre seulement de deux milles. » [1] Le libraire Huguetan, en lui dédiant la traduction du Parfait Joallier par Jean Bachon, mathématicien lyonnais s’exprime ainsi : « C’est là, Monsieur, et dans le triage des bons livres que vous détrempez les amertumes de votre charge, et qu’après vous être, dans le Palais, lassé les yeux sur le rouge et le blanc, je veux dire le sang du coupable et la blancheur de l’innocence, vous allez vous esgayer sur la verdure de l’histoire et dans le parterre des louables curiositez » [2] .

Quant à la bibliothèque du médecin de l’Hôtel-Dieu, Jérôme-Jean Pestalozzi, elle aussi à la mesure de la collection d’objets scientifiques, elle méritait l’attention par les traités d’histoire naturelle et de médecine dont elle était composée. Bien que pour certains auteurs elle ait été achetée par le consulat, il est à peu près certain qu’elle ne suivit pas le sort des objets, car un catalogue de vente daté de 1743 en fait une intéressante description [3] . Le catalogue comportait 1416 numéros, dont 228 numéros consacrés à l’histoire naturelle et 591 numéros pour la médecine, la pharmacie et l’anatomie. Aldrovandi, Gesner, Pline étaient proposés à de hauts prix.

Pierre Adamoli (BML Coste 13065)

Pierre Adamoli (BML Coste 13065)

© BML

Terminons par la bibliothèque d’Adamoli qui comportait, à côté des « naturalia », 6 230 volumes soigneusement choisis, annotés et catalogués, et comme le disait leur propriétaire « non sorte sed arte collecta. » [4] Les naturalia étaient soigneusement rangées dans des « boëtes », tandis que les livres envahissaient peu à peu la maison. Cette bibliothèque a passé la Révolution, nous en reparlerons, et actuellement 4 227 volumes sont encore conservés à la Bibliothèque municipale, tous reconnaissables à leur ex-libris. Les objets ont disparu.

Si la Révolution fut cruelle aux cabinets de curiosités, elle le fut aussi pour les livres : la municipalité ayant récupéré tout l’Hôtel de ville, les collections de livres suivent le sort des collections d’histoire naturelle. Entassées au palais Saint-Pierre, oubliées pendant trois ans, elles ne reçoivent une affectation que lorsque la Convention réorganise l’instruction publique et crée une Ecole centrale installée dans le Palais Saint-Pierre. C’est le Docteur Jean E. Gilibert qui est chargé de la chaire d’histoire naturelle. Les collections sont transférées au couvent de la Déserte où elles sont extrêmement malmenées. Gilibert meurt en 1814 après douze années à la tête du futur Muséum.

Les livres prennent un chemin différent : un arrêté du 23 brumaire an IV stipule à l’article 23 : « Le cabinet d’histoire naturelle et les livres rassemblés par les soins du citoyen Gilibert seront incessamment transférés, sous sa surveillance, à la Bibliothèque publique » [5] , mais ce plan d’organisation générale ne reçut pas d’exécution. Le 13 pluviôse an V, un autre arrêté prend acte des réclamations de Brun et Tabard, chargés de l’organisation d’une bibliothèque et de celle du citoyen Gilibert à propos des bibliothèques confisquées. Il est décidé que la bibliothèque des chanoines-comtes de Lyon conservée dans le bâtiment de la Manécanterie, près de la primatiale, sera affectée à l’École centrale pour fournir le cabinet d’histoire naturelle et celle des carmes déchaussés sera dévolue au Cabinet de Botanique [6] . Gilibert fut à même de constituer un dépôt important de livres scientifiques si l’on en juge par le rapport du premier bibliothécaire en titre nommé par la ville, M. Delandine (1756-1820), chargé de mettre de l’ordre dans les immenses dépôts accumulés par les saisies révolutionnaires : « Il doit exister aussi une salle dans les bâtiments de Saint-Pierre où M. Gilibert et feu M. Brun, professeur, firent ranger beaucoup d’ouvrages rares en histoire naturelle et en sciences. C’était un choix fait par des savants, très bons bibliographes, de tout ce qu’ils avaient trouvé de mieux dans tous les livres monastiques transportés à Saint-Pierre. La municipalité du Nord doit avoir les clefs de ce dépôt ; il serait utile qu’on voulut bien me les remettre » [7] .

Une partie de ces livres dut émigrer avec les objets du Muséum à la Déserte puisqu’en 1814, un « Inventaire général du cabinet d’histoire naturelle placé dans le ci-devant Batiment de la Déserte » [8] par M. Sionest en présence de Gilibert dresse en tout premier lieu, avant même les objets, une liste de 108 titres représentant 420 volumes qui constituent une excellente bibliothèque d’histoire naturelle. On trouve dans cet inventaire une majorité d’ouvrages de botanique, mais aussi de zoologie (Buffon, très complet, Lacépède), d’ornithologie, de minéralogie (Brongniart), et de médecine (Dalechamp, Vicq d’Azyr, Matthiole), enfin des voyages (Spallanzani, Pallas, Monconys). Cette bibliothèque avait d’ailleurs été complétée par Gilibert lui-même qui y avait ajouté des doubles de sa collection et n’avait pas hésité à avancer les frais de souscription de certains ouvrages [9] . Son fils y avait à son tour ajouté d’autres ouvrages.

2. Le Muséum installé au Palais Saint-Pierre : Mouton-Fontenille

Qu’advint-il de cette dernière bibliothèque ainsi que des prélèvements faits par Gilibert dans les dépôts des confiscations ? Nul ne le sait. Ont-ils été versés dans le fonds de la bibliothèque publique d’alors ? En tout cas, ils ne bénéficièrent pas au Muséum. On aurait pu penser qu’à l’instar du Muséum de Paris qui engrangea résolument grâce aux confiscations les livres jusqu’à constituer très rapidement une bibliothèque spécialisée de 12 000 volumes, le Muséum de Lyon aurait ainsi réellement profité d’une collection de livres rares et utiles. Ce ne fut effectivement pas le cas.

Le successeur de Gilibert à la tête du Muséum, Marie-Jacques Philippe Mouton de La Clotte-Fontenille communément appelé Mouton-Fontenille (1769-1837) propose en 1816 de prendre la succession de Gilibert et c’est lui qui rapatriera les restes des collections de la Déserte pour les installer au Palais Saint-Pierre. C’est avant tout un botaniste et un ornithologiste dont les ouvrages en ce domaine sont restés célèbres.

Ex-libris de Mouton-Fontenille (BML 131010)

Ex-libris de Mouton-Fontenille (BML 131010)

© BML

Notons qu’il avait réuni personnellement une importante collection de livres, composée en grande partie d’ouvrages relatifs aux sciences naturelles et particulièrement à l’histoire naturelle avec planches coloriées à la main. Elle réunissait plus de 500 volumes « bien conservés, reliés ou cartonnés très-proprement, le plus grand nombre avec des gravures » [10] . Ayant besoin d’argent et trouvant ses émoluments trop faibles, Mouton-Fontenille proposa à la ville de les lui acheter en même temps que sa collection d’oiseaux (276 pièces) et minéraux (206 échantillons). [11] Les membres de la commission spécialement nommée pour cet usage proposèrent de ne retenir que 50 ouvrages en 119 volumes pour le prix « recherché sur les bibliographies » [12] de 500 francs. Il vendit de son vivant plusieurs ouvrages remarquablement enluminés à des savants naturalistes anglais de passage à Lyon, ce qui lui attira une mordante épigramme d’un de ses confrères de l’Académie [13] .

Le Muséum de Lyon vit sous l’administration de Mouton-Fontenille des moments très difficiles qui ne changeront qu’avec l’arrivée d’un nouveau directeur, Claude Jourdan. Toutefois, le nouveau maire Gabriel Prunelle, médecin, amateur de sciences naturelles, vient heureusement changer la donne, en faisant rétablir la faculté de sciences et la faculté de lettres, en créant une nouvelle entité : le Palais des arts. La mode est à l’instruction et le cabinet d’histoire naturelle maintenant appelé Muséum revient en grâce. La nomination de Claude Jourdan, directeur de 1832 à 1869, vient à point conforter cette situation propice pour réorganiser le Muséum.

3. La Bibliothèque du Palais des arts : un espace dévolu aux livres de sciences

« On sent depuis longtemps à Lyon le besoin d’une bibliothèque publique dans laquelle les personnes qui s’occupent de la culture des sciences et des lettres puissent faire commodément leurs recherches et de laquelle ils puissent extraire contre leurs récépissés les ouvrages nécessaires pour leurs travaux» [14] . Pour répondre à cette nécessité, le docteur Prunelle, maire de Lyon, fonde en 1831 la Bibliothèque du Palais des arts en s’appuyant sur la riche bibliothèque d’Adamoli, retrouvée et conservée par l’Académie de Lyon. Il demande donc à cinq sociétés savantes lyonnaises, l’Académie des Belles-lettres, sciences et arts, et les sociétés d’Agriculture, de Médecine, et de Pharmacie ainsi que la Société linnéenne de s’y joindre [15] . Il entend donner ainsi dès sa fondation à cette nouvelle bibliothèque une vocation scientifique. Un fonds municipal constitué de doubles tirés de la Bibliothèque de la ville (plus de 6 000) doit compléter ces collections [16] . Tout en garantissant la propriété de chaque institution sur ses ouvrages, Gabriel Prunelle propose aux différentes sociétés de mettre en place une gestion commune des catalogues.

Cette bibliothèque sera dès lors vouée aux sciences, aux beaux-arts et à la technique, cas unique en France. C’est un médecin, le Dr Pichard, qui fut le premier conservateur. Même si certaines de des bibliothèques de sociétés savantes se retireront ultérieurement, le fonds constitué fut extrêmement riche. Il atteignit rapidement 18 000 volumes. Le bibliothécaire Monfalcon tenait à en faire une bibliothèque qui devait « résumer l’état des sciences » [17] . Déterminant des priorités dans les acquisitions à faire, il ne cessa de réclamer aux autorités municipales les fonds nécessaires pour acheter des œuvres de Humboldt, Haller, Cuvier, Linné, Candolle, Buffon, ainsi que la mise à jour des collections des journaux scientifiques. [18]

Il apparaît que fut intégrée à cette nouvelle bibliothèque consacrée aux sciences la collection des livres du Muséum d’histoire naturelle tout comme celle de l’École de dessin [19] . Ce qui laisse supposer que par nécessité de cohérence, la plupart des livres réunis par le Muséum précédemment puis les dons ultérieurs aient été désormais affectés à la bibliothèque du Palais.

Le Second Empire et les débuts de la Troisième république sont en France l’époque des grands dons privés aux Musées [20] et aux Bibliothèques. Ainsi c’est par l’entremise de Charles Fraisse (1804-1870), adjoint au maire, puis conservateur des bibliothèques de la ville, que des bibliothèques scientifiques furent données au Palais des arts.

Le premier don remarquable fut en 1853 celui de la bibliothèque du Dr Prunelle dont nous venons de parler, bibliothèque particulièrement riche de 9 500 volumes en grande partie de sciences naturelles et médicales, don fait par sa sœur Julie.

Le Fonds Bonafous fut donné à la bibliothèque du Palais des arts en 1859 par le frère et la sœur de Mathieu Bonafous. Il était conservé à Turin où ce savant français avait passé une partie de sa vie. Il comprenait 6 288 volumes compris en 29 caisses. Le comité d’inspection des bibliothèques évoque dans son rapport de 1877 le chiffre de 10 000 volumes consacrés particulièrement à la sériciculture et à l’agriculture. Cette donation profita d’une cotation particulière et d’une salle rassemblant l’ensemble des documents imprimés et manuscrits la composant.

Ces deux premiers fonds à dominante scientifique furent accompagnés peu après par la seule acquisition onéreuse de cette période, l’acquisition en 1860 par la ville de Lyon pour la somme de 20 000 francs-or de la bibliothèque de Victor Thiollière, auteur de savantes publications sur la paléontologie, notamment d’une « Description des poissons fossiles provenant des gisements coralliens du Jura dans le Bugey ». Ce fonds de paléontologie comprenait 4 000 documents du XVIIIème et du XIXème siècle qui furent déposés à la bibliothèque du Palais des arts. En contrepartie de cette vente, les héritiers Thiollière donnèrent au Muséum une importante collection de fossiles.

Ex-libris de Victor Thiollière

Ex-libris de Victor Thiollière
align=center class=legende>Reproduction avec l’aimable autorisation du Musée des Confluences

Par dons ou par achats, une grand nombre d’ouvrages d’histoire naturelle et de médecine entrèrent donc dans les collections de la bibliothèque : un rapport daté de 1878 indique que la bibliothèque possède 16 358 ouvrages constituant 49 600 volumes. Sur ces 16 358 volumes, 3 585 sont relatifs aux sciences naturelles et 2 654 aux sciences médicales, c’est-à-dire le tiers des collections.

De 1862 à 1871, une somme annuelle d’environ 1 000 francs fut prise sur le legs Richard pour continuer les abonnements à certains périodiques des collections Bonafous et Thiollière [21] .

Cependant, bien qu’apparemment correctement pourvue, cette bibliothèque du Palais des arts ne répondait pas entièrement aux besoins des scientifiques car son but et ses moyens étaient limités, ce qui est constaté par cette note du bibliothécaire Monfalcon en 1844 : « Des naturalistes se sont plaints, plusieurs fois, de ne point trouver au Palais St-Pierre, certains ouvrages qui n’intéressaient guère que deux ou trois savants et qui, à ce tort, joignaient celui d’un prix extrêmement élevé. Il vous ont cité la Bibliothèque du Jardin des Plantes à Paris […], mais la bibliothèque du Muséum est un établissement ancien, très richement doté […]. Faudrait-il placer à St-Pierre les deux mille ouvrages sur l’entomologie que possédait Victor Audoin, les quatre mille écrits sur la médecine vétérinaire de la bibliothèque Huzard, et les six mille volumes qui ont été imprimés seulement sur la chimie et sur la physique. Mais plusieurs centaines de mille francs seraient une somme insuffisante pour constituer la bibliothèque du Palais des arts sur des bases aussi gigantesques» [22] .

L’ambiguïté entre les collections du Muséum et les dons de livres scientifiques aux bibliothèques publiques est manifestée par le rôle d’Étienne Mulsant (1797-1880) qui, grand savant entomologiste, fut pendant vingt-cinq ans sous-bibliothécaire, puis pendant six ans bibliothécaire en chef de la ville de Lyon, fonction qui lui permit d’avancer ses recherches. Les mauvaises langues disaient qu’il avait passé ses années de bibliothécaire-adjoint « à ne s’occuper que de ses œuvres personnelles ». Cet entomologiste fut une grande figure lyonnaise. Président pendant trente-cinq ans de la Société linnéenne de Lyon qui possédait par ailleurs une riche bibliothèque, il entreprit de donner la description complète des coléoptères de France, immense tâche dans laquelle il fut aidé par Claudius Rey (50 volumes). Son œuvre par ailleurs fut énorme : la liste de ses travaux occupe vingt pages de sa notice nécrologique. [23]

4. Administration de Claude Jourdan (1832-1869)

On ne peut donc parler à cette époque d’une « Bibliothèque du Muséum », car la bibliothèque particulière du Muséum, appauvrie par la perte d’une grande partie de ses livres confiés à la bibliothèque du Palais des arts, et peu développée « in situ » par Jourdan dont ce n’était pas le but prioritaire, ne conservait à cette époque que très peu d’ouvrages. Par exemple, la bibliothèque n’est pas citée dans le livre de Léopold Niepce [24] paru en 1876, « Les bibliothèques anciennes et modernes de Lyon » qui décrit en détail toutes les bibliothèques de la ville de Lyon y compris toutes celles des sociétés scientifiques.

Faut-il penser que par manque de place et dans l’impossibilité d’agrandir ses locaux (le Palais Saint-Pierre abritait outre le Muséum, la Bibliothèque du Palais des arts, les Musées, l’École des arts, la Bourse, le Tribunal de commerce) et de moyens (conjoncture économique défavorable de 1848 à 1858 et diminution du budget du Muséum), Claude Jourdan, par ailleurs intéressé à augmenter les collections de son musée, fut obligé de refuser certaines bibliothèques et que le bénéficiaire fut la bibliothèque du Palais des arts ou qu’inversement, et c’est le plus vraisemblable, les autorités municipales cherchant à développer la bibliothèque du Palais des arts aient confié à celle-ci les grands dons ou achats scientifiques, jugeant que cette bibliothèque avait une vocation scientifique et qu’en outre il était aisé pour les chercheurs de se documenter en gagnant cette bibliothèque publique située à proximité du Muséum et dans le même bâtiment. Malheureusement, les archives sont muettes à ce sujet.

5. Lortet et la bibliothèque comme centre de diffusion de la connaissance

Tout le monde à l’époque reconnaissait la science rare de Claude Jourdan, mais sa médiocrité en tant qu’administrateur. Tout préoccupé par ses prospections et ses travaux, il s’attacha de moins en moins à l’organisation et au fonctionnement du Muséum, et la bibliothèque n’était pas pour ce savant un élément déterminant. C’est sous l’administration de Lortet que les choses vont réellement changer.

En prenant ses fonctions, Édouard Lortet est accablé par l’état général du Muséum, il va s’atteler à la tâche et réorganiser complètement les collections. Il a aussi une culture du livre et la bibliothèque l’intéresse. Elle est pour lui le lieu le plus important de diffusion des connaissances. Il y a beaucoup à faire car il ne trouve, dira-t-il, en arrivant que 200 volumes acquis par son prédécesseur ou donnés par Victor Thiollière. Un de ses premiers soins est la réorganisation de la bibliothèque indispensable pour l’étude et le classement des « richesses des galeries ».

La correspondance administrative témoigne très vite de l’activité de Lortet et ses efforts sont suivis par les autorités avec intérêt. En 1871, il écrit au Ministre de l’instruction publique en évoquant la réorganisation du Muséum pour lui demander l’octroi d’ouvrages. Il reçoit dans les mois suivants onze ouvrages de zoologie, paléontologie, et botanique [25] .

L’année suivante, comme les cartes géologiques manquent au Muséum, c’est le ministère des Travaux publics qui, suite à une demande du directeur du Muséum de Lyon, met à sa disposition pour la faire prendre la série des cartes géologiques publiées par le corps des mines. Quant à la carte géologique de la France, elle ne sera mise à sa disposition que dans la mesure où le Muséum prendra en charge les frais d’entoilement et de coloriage (125 F). Treize cartes géologiques sont données par les auteurs dont celle du Puy de Dôme par Lecoq.

En 1873, c’est la « magnifique » carte géologique en vingt-quatre feuilles de la Suisse donnée par le Gouvernement fédéral et accompagnée de quinze volumes in-quarto de texte.

Une réelle volonté d’associer le livre aux collections fut la création d’une ligne dans le budget du Musée consacrée aux livres et la construction d’un mobilier spécifique pour les livres.

Les rapports annuels sont très instructifs sur les entrées de documents au Muséum. Outre les entrées régulières sont notées les arrivées de dons importants ou même leur échec. Si Lortet ne réussit pas, malgré toute sa volonté, à acquérir en même temps que la grande collection géologique de Dumortier, composée de 35 000 échantillons, la bibliothèque du grand géologue « précieux instrument d’étude, dont la valeur était doublée par la présence de la collection Dumortier au Muséum » [26] , deux très beaux dons vinrent enrichir la bibliothèque.

En 1877, c’est la bibliothèque de « Feu Terver » qui enrichit la bibliothèque de nombreux ouvrages de malacologie européenne et exotique [27] . Ange-Paulin Terver (1798-1875), fils d’un amateur de sciences naturelles, mena parallèlement à une vie professionnelle intense une activité d’abord de collectionneur de coquilles terrestres et d’eau douce, puis de coquilles marines ou exotiques. Il fit la connaissance du capitaine Michaud et dessina pour lui en 1831 les planches de son complément de l’Histoire naturelle des Mollusques terrestres et fluviatiles de la France de Draparnaud. En 1839, il donna un catalogue des mollusques terrestres et fluviatiles de l’Algérie. À sa mort sa nouvelle collection de coquillages riche de 22 000 échantillons (14 000 coquilles terrestres et fluviales) fut offerte par ses héritiers à la ville de Lyon.

Planche de Terver, Complément de l’Histoire naturelle des mollusques de Michaud

Planche de Terver, Complément de l’Histoire naturelle des mollusques de Michaud
Reproduction avec l’aimable autorisation du Musée des Confluences

Au commencement de l’année 1879, la famille du docteur Jourdan, ancien directeur du Muséum fait don de sa bibliothèque relative aux sciences naturelles s’élevant à 1 329 volumes : « Le plus grand nombre de ces volumes extrêmement précieux par les planches qui les accompagnent et la plupart introuvables dans les autres bibliothèques municipales » [28] .

En 1878, Lortet impatient de développer la bibliothèque demande au Préfet d’obtenir que le bibliothécaire du Palais des arts soit autorisé à remettre au Muséum pour être déposés dans la bibliothèque du Muséum d’Histoire naturelle les doubles des ouvrages de zoologie, de géologie, de paléontologie dont il pourrait disposer. La réponse est favorable [29] .

La montée en puissance de la bibliothèque est l’effet d’une politique volontariste, car Lortet envisage l’installation du Muséum loin du Palais Saint-Pierre : « Lorsque le Muséum sera transporté au Parc, il sera très éloigné des bibliothèques publiques de la ville. Il est donc indispensable qu’il soit pourvu d’une bibliothèque suffisante pour permettre les travaux de recherche et de détermination qui se font dans les laboratoires et dans les galeries. Nous avons donc cherché à accroître nos richesses bibliographiques par tous les moyens possibles. Heureusement que des donateurs nombreux nous sont venus en aide » [30] .

D’après le Bulletin municipal dans lequel est inséré régulièrement le nombre d’ouvrages acquis par la Bibliothèque du Muséum, on s’aperçoit que le nombre d’ouvrages acquis augmente régulièrement. Le graphique suivant montre l’importance des dons et des échanges dans cette politique d’enrichissement :

Graphique montrant l’évolution du nombre de volumes acquis par la bibliothèque du Muséum entre 1872 et 1915.

Graphique montrant l’évolution du nombre de volumes acquis par la bibliothèque du Muséum entre 1872 et 1915.

En 1881, la bibliothèque affiche 1 875 ouvrages en 5 000 volumes. Depuis 1870, le nombre d’ouvrages a été multiplié par 9 en 10 ans.

  On ne saurait insister suffisamment sur le rôle dans l’enrichissement de la bibliothèque du Muséum des échanges, et dans ces échanges le rôle essentiel qu’a joué pendant près d’un siècle la publication des Archives du Muséum de Lyon d’une excellente qualité scientifique. Dans une lettre, cette fois datée de 1900, Lortet souligne combien l’impression des Archives du Muséum de Lyon est décisive pour l’enrichissement de la Bibliothèque : « On peut affirmer que les Archives ne constituent pas une dépense de luxe faite sans profits pour les collections et les ressources bibliographiques de la Ville servant à l’usage de tous. En effet, c’est grâce à un système d’échanges très étendu dans les deux mondes que l’on a pu obtenir d’un grand nombre de Musées étrangers et de sociétés savantes des publications analogues à la nôtre, faites aux frais des gouvernements, des villes ou des associations scientifiques. » et il ajoute : « Un quart à peine de ces ouvrages a été acquis au moyen de crédits attribués au Muséum. Tout le reste provient des échanges engagés au moyen des archives » [31] .

À titre d’exemple voici en 1893 les établissements et sociétés avec lesquelles le Muséum échange ses publications : On y trouve 55 sociétés étrangères et 21 sociétés françaises. Comme on peut le constater les relations du Muséum de Lyon ne sont pas limitées à la France et à l’Europe puisqu’elles traversent l’Atlantique pour aller en Amérique. Un peu plus tard, le réseau s’étendra au Moyen-Orient avec l’Algérie, l’Égypte, Le Liban, et l’Asie (Japon et Indochine).

Carte présentant les lieux d’implantation des établissements et sociétés

Carte présentant les lieux d’implantation des établissements et sociétés

avec lesquels le Muséum échange ses publications en 1893.

L’autre mode d’enrichissement est celui de l’envoi par les ministères de la Marine et des Colonies, des Affaires étrangères, de l’Instruction publique d’ouvrages importants. Les archives comportent une abondante correspondance des directeurs de ministères sous la IIIe République à ce sujet ainsi que les listes des ouvrages mis à disposition par les ministères. L’acheminement étant coûteux, c’est un libraire-éditeur de Paris, Baillière [32] qui allait chercher les ouvrages sur place et les acheminait avec d’autres commandes du Muséum. C’était une forme de subventionnement par l’État et certains ouvrages étaient véritablement disputés.

6. Claude Gaillard : tradition et innovation

Le successeur de Lortet à la tête du Muséum, Claude Gaillard, est d’abord un praticien perspicace et plein de bon sens, il souhaite diffuser la science, et par une nouvelle manière de présenter les collections les rendre accessibles. Le déménagement du Muséum au palais de glace du boulevard des Belges envisagé depuis 1909 se prêtait à une réorganisation complète du Musée dans lequel, il incluait naturellement la bibliothèque. Parmi les projets successifs soumis par l’architecte Tony Blein, retenons que le premier ne répondait pas aux exigences voulues par l’installation d’un Muséum. Claude Gaillard fit observer au maire que le projet ne comprenait ni bibliothèque, ni laboratoire. Or, disait-il, dans un Muséum une bibliothèque est indispensable pour les déterminations scientifiques [33] . D’ailleurs, un programme manuscrit daté de 1896 l’intégrait définitivement près des collections : « Séparée par un large vestibule et au dessus de la loge du concierge se trouvera une grande pièce pour la bibliothèque. Cette salle devra avoir 14 mètres de longueur sur 6 à 8 mètres en largeur au moins. Comme au rez-de chaussée un corridor de 3 mètres de largeur traversera de part en part le bâtiment et mettra la bibliothèque et les laboratoires en communication avec les galeries par le grand escalier » [34] . Le musée fut progressivement installé à partir de 1911, les différentes sections étant installées successivement en commençant par l’anthropologie en 1911 pour finir par la préhistoire en 1939, mais Claude Gaillard dut parallèlement faire face aux difficultés financières des années 1920-1930 et au ralentissement du développement culturel qui les accompagna.

Ainsi le budget d’acquisition de livres se révèle étonnamment constant. Il était passé à 1 000 francs en 1887 sous Lortet, mais après la guerre de 1914, il baisse et passe à 600 francs et ne variera pas une fois jusqu’à la seconde guerre mondiale. Parallèlement, le budget d’acquisition des objets et des transports suit une évolution analogue et passe pour les mêmes périodes de 3 000 francs à 7 000 francs [35] .

Heureusement, il reste les dons et les échanges : en 1925, la bibliothèque du Muséum reçoit 3 000 volumes ou brochures relatifs à la Géologie, l’Anthropologie et la Préhistoire, c’est-à-dire la bibliothèque scientifique d’Ernest Chantre et 2 000 photographies de types ethniques et de paysages divers, avec plus de 600 cartes géographiques, géologiques ou ethnographiques.

Dédicace à Ernest Chantre

Dédicace à Ernest Chantre

Reproduction avec l’aimable autorisation du Musée des Confluences

Un catalogue manuscrit conservé au CCEC montre une sélection de 442 ouvrages riches en paléontologie, préhistoire, anthropologie mais aussi une grande collection de biographies de savants [36] .

En 1932, la bibliothèque reçoit, outre de nombreux ouvrages provenant de ses échanges avec l’étranger, la série complète du Bulletin de l’institut français d’archéologie orientale du Caire, 11 volumes du Museum National of Wales of Cardiff et plusieurs autres ouvrages par MM. Barioz, Claudius Côte et le Gouverneur général de l’Indochine.

Citons pour mémoire la Bibliothèque du Musée Guimet [37] , qui fut riche lors des premières années du Musée de 13 000 ouvrages (1883) et complétée à grands frais lors de ventes aux enchères ou d’acquisition de bibliothèques privées (Garcin de Tassy), elle se trouve entièrement envoyée au nouveau Musée Guimet de Paris. Elle se réduit dit M. Gaillard à 587 brochures et volumes divers conservés dans un placard situé dans le bureau du secrétariat du Musée « envoyés en grande partie par le Musée Guimet de Paris ». Cette bibliothèque s’enrichira par la suite, l’étude des religions orientales devenant à la mode dans les années d’après-guerre [38] .

La guerre de 1939-1945 et les dégâts de l’orage de 1955 ralentirent considérablement le développement du Muséum. À partir de 1962, la bibliothèque ayant déménagé dans l’ancienne salle régionale avec une bibliothécaire professionnelle s’ouvrira même au grand public en 1968. Elle suit un nouveau destin.


7. Le fonds ancien du Muséum : « Curiositas humana est »

Lettre d’envoi autogr. de E. Haeckel, père de l’écologie,

Lettre d’envoi autogr. de E. Haeckel, père de l’écologie,

accompagnant la Monographie der medusen

Reproduction avec l’aimable autorisation du Musée des Confluences

Il aura fallu beaucoup de temps, de l’énergie, des hasards heureux pour constituer ce fonds de livres anciens du Muséum. Si dans un premier temps, la bibliothèque constituée par Gilibert et Mouton-Fontenille a en partie disparu, ou s’est fondue dans la bibliothèque du Palais des arts, laissant au muséum peu de richesses, c’est bien à Lortet que l’on doit la (re) constitution d’un fonds de livres précieux qui fait l’intérêt de la bibliothèque du Muséum.

Celle-ci est actuellement riche de plus de 10 000 ouvrages principalement consacrés aux sciences naturelles et sciences de la terre auxquels, il faut ajouter 11 000 articles, tirés à part, écrits de nombreux scientifiques, ainsi que 320 périodiques venus de musées ou d’universités du monde entier et faisant encore actuellement l’objet d’échanges, elle le doit à la volonté des responsables successifs.

Planche de Grandidier, Histoire politique, physique et naturelle de Madagascar

Planche de Grandidier, Histoire politique, physique et naturelle de Madagascar

Reproduction avec l’aimable autorisation du Musée des Confluences

Une analyse du fonds actuellement constitué demanderait un temps et des compétences dont je ne dispose pas. En outre, l’absence de registres d’entrées et d’inventaires ainsi que de catalogues anciens ne permet pas une étude détaillée du fonds. Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est que le fonds ancien couvre largement le champ des sciences de la nature, et des sciences humaines, il est spécialement riche en ouvrages de médecine (les ouvrages les plus anciens du fonds : un Galien de 1551, un Hippocrate de 1621), d’histoire naturelle : mammifères (Buffon, Cuvier, Grandidier, Gould, Schinz), ornithologie (Levaillant, les Trochilidés et les Colibris de Lesson ; Mulsant, Gould, Eliott, les plus spectaculaires), Entomologie (coléoptères de Dejean, Mulsant, Rey, l’Entomologie de Linné avec les compléments de Villers), piscidés (Belon, Lortet), malacologie (Locard, Catalogue général des mollusques vivant en France en 1882 ; Terver, Dupuy, de Ferussac, Bourguignat et Germain), minéralogie (Alfred Lacroix, Minéralogie de la France et de ses colonies), paléontologie (D’Orbigny, Cotteau, Depéret et Roman, Loriol, Thiollière, Dumortier, Lortet, Chantre), anthropologie (Wiener et Renel) et Égyptologie (Reinach, Lortet, Gaillard)

Les écoles qui ont fait la célébrité de Lyon, écoles de botanique, d’entomologie, de paléontologie, sont naturellement très bien représentées dans la mesure où les ouvrages sont inséparables des collections. Conservateurs, chercheurs, responsables ont enrichi les collections particulièrement en ces domaines. Les apports étrangers sont plutôt le fruit d’échanges ou de dons de l’Etat, car il n’y a pas eu de dons privés étrangers. Toutes ces acquisitions ou ces dons constituent des références scientifiques, mais aussi participent d’une certaine manière la mémoire de ceux qui ont travaillé au Muséum. Réunis dans l’ombre des objets, ils constituent à présent une collection à part entière.

Le fonds ancien de la bibliothèque du Muséum montre bien par sa qualité, parfois spectaculaire, le rôle du livre dans la découverte du monde et l’inventaire progressif de la nature. Le livre a été dès son apparition associé à la recherche scientifique, à la fois en tant qu’aboutissement logique du travail des savants et en tant que mode de connaissance et d’échange. En prenant pour jalon les dates de publication les plus marquantes, l’histoire des sciences lui accorde une place privilégiée. Il est ici à la fois témoin de l’évolution de sciences et de la volonté des scientifiques lyonnais.



[1] Poidebard et Galle, Armorial des bibliophiles du Lyonnais, Forez et Beaujolais, Lyon, 1907, p. 417.

[2] id, p. 418.

[3] Catalogus librorum Bibliothecae Domini Joannis-Hieronymi Pestalozzi, Medici Lugdunensis celeberrimi. Lugduni, Apud Fratres Duplain, 1743.

[4] cf. Yann Sordet, L’Amour des livres au siècle des lumières : Pierre Adamoli et ses collections. Paris, Ecole des chartes, 2001.

[5] Arrêté relatif à l’ouverture d’une Bibliothèque publique, et à la conservation des Monumens des Sciences et des Arts. Lyon ; J.L. Maillet, s. d. , art XXIII pp. 8 et 9.

[6] L. Niepce, Les Bibliothèques de Lyon, Lyon, Georg, 1876, p. 140.

[7] L. Niepce, Op. cit, pp. 149-150 ou Fonds Coste n°1504.

[8] Inventaire Général du cabinet d’histoire naturelle placé dans le ci-devant Batiment de la Déserte fait en vertu d’un arrêté de Mr le Maire en date du 13 8bre 1814 par M. Sionest aîné, nommé à cet effet et en présence de MM. Dejean drecteur du Jardin des plantes et Gilibert fils doctr médecin. Les ouvrages, est-il spécifié, sont conservés dans une armoire à trois portes placée dans la seconde salle du 2e étage. Photocopie au CCEC.

[9] ADR 4T209 ou AML 78WP21. Rapport adressé au maire de Lyon, Fay de Sathonay par  le conseil d’administration du Jardin botanique et du Cabinet d’histoire naturelle de la Ville de Lyon.

[10]  AM 78WP21 Note des collections proposées pour le cabinet d’histoire naturelle de Lyon. Les Membres de la commission pour l’arrangement du cabinet d’histoire naturelle au maire de Lyon.

[11] .id.

[12] ibid.

[13] Poidebard et Galle, op.cit , p. 442.

[14] L. Charvet, La Bibliothèque du Palais des arts de Lyon : rapport du comité d’inspection, Lyon, Mougin-Rusand, 1878, p.10.

[15] Arrêté du maire de Lyon. ADR. T 291.

[16] L’ancienne bibliothèque de la ville subsistait,  et dans le partage des fonctions et des collections, elle se voyait attribuer  la Théologie, la Jurisprudence, l’Histoire et les Belles-lettres.

[17] Monfalcon, Rapport sur les livres, p. VIII.

[18] Monfalcon, Etude sur la bibliothèque de la ville, f°19r°.

[19] Ce qui est confirmé par Fraisse, Notice sur la Bibliothèque du Palais-des-Arts de Lyon , 1851, p. 11.

[20] Le Muséum de Nantes reçut ainsi en 1863 la bibliothèque du baron Bertrand-Geslin, fils de l’ancien maire de la ville, afin d’être mise à disposition du public pour l’étude des collections et comme support d’un cours de géologie, minéralogie et conchyliologie. Cf. Un musée dans sa ville sous la direction de J. Dhombres, 1990.

[21] J.F. Lutz, Dons et legs à la Bibliothèque municipale de Lyon, 1850-1950. T. 2 : annexes, p.102.

[22] J.B. Monfalcon, Catalogue par ordre alphabétique des bibliothèques du Palais des arts à Lyon. Lyon, Louis Perrin, 1844, p.VII.

[23] C’est par erreur que Livres au Muséum, Lyon, Ed. Media Conseil Communication, 2002 indique que la collection d’insectes de Mulsant est allée au Muséum et ses livres à la Bibliothèque de Lyon. D’après P. Richoux, la bibliothèque d’Etienne Mulsant conservée par son fils Victor, religieux et professeur de sciences naturelles,  fut conservée jusqu’en 1970 par l’Institution Sainte-Marie à Saint-Chamond. Les 1200 volumes, brochures, cahiers sont depuis conservés par la Société de Sciences naturelles de la Loire.

[24] L. Niepce, Les Bibliothèques anciennes et modernes de Lyon. Lyon, Georg, 1876.

[25] ADR 4T236.

[26] ADR 4T215.

[27] id.

[28] Lettre de Lortet au préfet demandant 470francs sur le chapitre des dépenses imprévues pour la reliure urgente de 208 volumes. ADR 4T236.

[29] ADR 4T236. Le préfet demande que la liste exacte des ouvrgaes réçus lui soit adressée, ainsi que les numéros de leurs inscriptions sur le registre d’inventaire de la Bibliothèque du Muséum.

[30] Rapport du Muséum 1878. ADR 4T215. Même propos dans le Rapport 1879 : « Grâce aux dons qui nous ont été faits par les auteurs ou par le ministre de l’instruction publique, grâce aussi aux échanges que nous sommes en état de faire avec les sociétés savantes de France et de l’étranger, nous espérons pouvoir arriver un jour à créer dans le nouveau Muséum, à côté des galeries d’histoire naturelle, une bibliothèque suffisamment complète où l’on pourra puiser les éléments nécessaires pour l’étude et la détermination de toutes nos collections ».

[31] ADR 4T236 Lettre de Lortet du 9 décembre 1900 (photocopie).

[32] Baillière était le principal éditeur scientifique de Paris. Certains de ses catalogues étaient spécialisés en histoire naturelle. Sa famille installée à Londres, New-York, Melbourne et Madrid formait un réseau international. Cf. D. Gourevitch et J.F. Vincent, J.-B. Baillière et fils, éditeurs de médecine. Paris, De Boccard, 2006.

[33] Cf. AM 475WP34 18 novembre 1911, cité par Sophie Chaumont, Transfert et installation du Musée d’Histoire naturelle de Lyon, 1909-1939, Univ. Jean Moulin Lyon III, 2002, p. 22.

[34] ADR 4T209 Programme des services et des installations qui doivent prendre place dans le nouveau Muséum d’histoire naturelle au parc de la Tête d’or  (mention au crayon : juin 1896)

[35] Voir à ce sujet ADR 4T241 et 4T242 (Projets de budget du Muséum).

[36] Vers 1940, la Bibliothèque s’enrichit de l’importante bibliothèque de l’ancien conservateur Claude Gaillard, lequel était en rapport avec de nombreux zoologistes, paléontologistes, préhistoriens et égyptologues.En 1944, don manuel de Mme veuve Roman, en exécution des volontés de son mari, professeur de l’université de Lyon qui remet 128 volumes relatifs à la géologie et à la paléontologie. En 1960, c’est Mme Claudius Côte, femme d’un des grands donateurs du Muséum, qui donne une quarantaine d’ouvrages scientifiques de la bibliothèque de son mari.

[37] Suite à une note de service du 19 mars 1936 de la mairie de Lyon demandant la mise à disposition du public de la Bibliothèque du Musée Guimet qui compte 15 à 20.000 volumes, M. Gaillard répondit vertement que les 15 à 20.000 volumes se réduisaient à 587. ADR 4T240.

[38] En 1963, la bibliothèque du Musée Guimet reçoit un don d’un collectionneur de 700 ouvrages. Elle est très développée : « Sa nécessité se manifestant de plus en plus en raison des demandes de nombreux visiteurs intéressés par l’étude de l’histoire des religions de l’orient et de l’Extrême-orient ». ADR 3757W6, 1963, p. 204.