Colloque
Mercredi 26 et jeudi 27 novembre 2008
Hôtel du Département du Rhône
L'exposition
de sciences et sociétés :
Particularités, tendances et enjeux

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Programme du mercredi 26 novembre
8h45 : Accueil
9h15 - 10h00 : Ouverture
Le projet culturel et scientifique du Musée des Confluences repose sur
une approche thématique et pluridisciplinaire traitant d’enjeux contemporains
de sciences et sociétés. Un des aspects les plus visibles de son
action demeure l’exposition. Or on le sait, la question de la muséographie
et plus particulièrement dans le secteur des sciences et sociétés est
en transformation faisant appel à une grammaire plurielle, intégrant
des discours divers, bousculant un certain nombre de dogmes, mais
aussi frôlant le basculement ou tout simplement cherchant sa voie entre
la fascination du spectaculaire et un nécessaire didactisme.
Les musées ne sont pas les seuls dans cette situation : d’autres secteurs
culturels poursuivent des chemins parallèles et complémentaires.
Comment, quoi et pourquoi des expositions de sciences et de sociétés ?
- Intervenants
- Michel Côté, Musée des Confluences
Ouverture.
Le Musée se veut un lieu d’enchantement, de connaissance et de réflexion, ouvert
à des publics variés tout en développant une relation de continuité avec les visiteurs.
Comment, dans cette perspective, concevoir une programmation culturelle
et se doter d’instruments assurant la mise en place d’expositions de qualité ? Mais
au fait, qu’est-ce qu’une exposition de qualité ?
Michel Coté est directeur du Musée des Confluences.
Il a été auparavant directeur des expositions et des
relations internationales du Musée de la Civilisation
à Québec, président de la Société des Musées
québécois et d’ICOM Canada. Il a mené de
nombreux projets dans divers pays.
- Johanne Landry, Muséum national d'Histoire naturelle
La Gestion des musées et le développement durable.
A l'heure des discours politiques sur le développement durable, la réflexion sur
l'application de ses trois volets - économique, environnemental et social - à la
gestion des institutions culturelles nous semble incontournable. Cette présentation
débutera par une brève vision de l'évolution des musées en regard du développement
durable pour aborder ensuite quelques exemples concrets et proposer
certaines pistes afin de favoriser une gestion responsable et assurer, peut-être
ainsi, une pérennité à nos musées.
Biologiste de formation, Johanne Landry a travaillé
depuis 30 ans dans plusieurs musées scientifiques,
que ce soit en Californie, en France, en Thaïlande et
au Québec. Elle dirige le Département des galeries
du Muséum national d'histoire naturelle depuis
octobre 2008.
- Serge Chaumier, Centre de Recherche sur la Culture et les Musées
Des sciences aux sciences et sociétés.
Depuis les missions d’études aux positionnements actuels des sciences dans leurs
interrelations sociales et politiques, les projets culturels muséographiques n’ont
cessé d’évoluer. Cette hypothèse d'une démarche contemporaine spécifique
implique de nouveaux modes de relations avec les publics, avec les acteurs de
la culture scientifique et conduit peut-être à penser autrement l'institution, dans
son fonctionnement et dans ses modes de communication.
Serge Chaumier, Professeur à l'Université de
Bourgogne, responsable de l'option muséologie et
muséographie à l'Institut Denis Diderot, directeur
du C.R.C.M., Centre de Recherche sur la Culture et les
Musées
- Jacques Hainard, Musée ethnographique de Genève
Retransmission d'un point de vue.
Jacques Hainard, dirige actuellement le Musée
d’Ethnographie de Genève (M.E.G.) après avoir dirigé
le Musée d’Ethnographie de Neuchâtel (M.E.N.).
10h00 - 12h30 : Table ronde 1
Intentions et variations des écritures des programmes ou scénatios d'expositions de sciences et sociétés
Au préalable de tout sujet d’exposition, il y a un propos et des points
de vue forcément emprunts de subjectivité. Selon les institutions ou les
contextes, son élaboration revient à une ou plusieurs personnes, dont
les métiers ou les pratiques professionnelles diffèrent (directeurs,
conservateurs,muséographes, scientifiques…). De ce propos, sera écrit
un programme ou scénario associant nombre de contributeurs différents.
Bien que la place et le rôle de ces derniers dans le processus
d’écriture varient, bien qu’il n’existe pas de format d’écriture type, les
professionnels s’entendent pour dire du programme ou du scénario,
qu’il doit exprimer en détail le propos et les contenus de l’exposition et
donc renseigner au plus près l’ensemble des oeuvres et dispositifs de
médiation imaginés. Défendre un fil clair et le tenir en somme…
Dans la configuration particulière des expositions de sciences et sociétés
où la place et la qualité des contributeurs associés à l’écriture, à
l’élaboration des contenus ou encore à la détermination des oeuvres,
divergent, est-il possible de dégager toutefois certaines tendances ou
caractéristiques relatives à la manière de produire et donc de coécrire
ce type de projets ?
- Intervenants
- Catherine Mariette, muséographe
Exposer, c'est raconter une histoire à plusieurs voix.
L’auteur, les conseillers scientifiques, le scénographe, les différents «réalisateurs»
- plasticiens, documentaristes, inventeurs de dispositifs, graphistes,metteurs en son,
en lumière…prêtent leur voix pour raconter l’exposition. Pour l’auteur, le muséographe,
le travail consiste à traverser et associer toutes ces voix, afin que les idées
et les émotions prennent formes et deviennent intelligibles et partageables.
Catherine Mariette est muséographe. Sa pratique
du métier lui a permis d’être entre les mondes,
en ayant le sentiment de n’appartenir à aucun
et aider à ce que ces mondes s’ouvrent les uns aux
autres. Parmi ses projets d’expositions :
Terra Botanica, Bêtes et hommes, Soleil, Mali kow,
le jardin planétaire, Au pays des Lumière…
- Le service des expositions, Musée des Confluences
La logique d'écriture au Musée des Confluences.
La logique d’écriture repose sur la constitution d'une équipe projet interne.
Un chargé de projet d’exposition partage réflexions avec un référent collections
et un référent publics sur le propos, le parcours thématique, les collections et la
place des publics. Parallèlement, un comité scientifique est mis en place pour
nourrir, préciser et valider les contenus. Chaque phase - concept, scénario,
A.P.S.
et
A.P.D. - est présentée en comité de direction pour discussion puis validation.
- Pierre Nedellec et Yves Moraud, Abbaye de Daoulas
La philosophie culturelle à l'Abbaye de Daoulas.
L'Abbaye de Daoulas crée depuis 1986 des expositions sur le thème des civilisations
du monde, en privilégiant une approche anthropologique centrée sur
l'être humain et la rencontre avec "l'autre". Expositions archéologiques, historiques
ou ethnographiques, présentent des civilisations disparues. Comment les
projets s'écrivent-ils et quels en sont les acteurs ?
Yves Moraud, Professeur émérite à la Faculté des
Lettres Victor Ségalen à Brest, est Président de
l'Association Abbaye de Daoulas. Pierre Nedellec ,
directeur de l'Abbaye de Daoulas, a participé depuis
20 ans, à la création et à la mise en oeuvre des
expositions de l'Abbaye.
- Jean-Claude Duclos, Musée dauphinois
Coécrire une exposition.
Reconnaissant l’expertise de l’habitant autant que celle du scientifique et recherchant
plus largement la participation de la population, l’écomuséologie initie
dans les années 1970 un langage expographique nécessairement participatif
auquel le musée dauphinois est resté fidèle. A cette négociation tripartite –
groupe, scientifique, musée – s’associe alors le politique. Limites et avancées de
ce parti-pris…
Jean-Claude Duclos, né à Marseille en 1947,
est conservateur en chef du patrimoine, directeur du
Musée dauphinois et de la Maison des Droits de
l’Homme de l’Isère. Concepteur de musées et
d’expositions, il est l’auteur d'ouvrages et d'articles
touchant à l'anthropologie du monde alpin et à la
muséologie.
- Caroline Naphegy et Olivier Borgeaud, Le laboratoire
Vers une écriture interdisciplinaire.
Imaginé et initié par le scientifique et écrivain David Edwards, Le Laboratoire est
un espace culturel interdisciplinaire dédié à la frontière des arts et de la science.
La fusion de la vision d’un artiste et d’un scientifique donne naissance à un
processus de création connexe, catalyseur d’innovations.
Depuis 2006, Olivier Borgeaud est directeur adjoint
du nouvel espace culturel parisien Le laboratoire et
Caroline Naphegy, directrice artistique.
- Modératrice : Cécilia de Varine, Musée des Beaux-Arts de Lyon
Cécilia de Varine,
Plasticienne de formation,
chargée des outils d'aide à
l'interprétation au musée des
Beaux-Arts de Lyon, Cécilia de
Varine est présidente de
l'association Médiation
culturelle. Depuis une quinzaine
d'années, elle développe une
réflexion sur les moyens d'un
accompagnement des publics
dans l'appropriation et
l'interprétation des expositions,
et sur les enjeux d'un échange
et d'une coopération entre
populations et institutions
culturelles.
14h00 - 17h00 : Table ronde 2
La place et la force de l'écriture scénographique dans le programme ou scénario d'expositions sciences et sociétés
Contactés par les musées et soumis à la politique des appels d’offres,
les scénographes intègrent généralement un projet d’exposition une
fois le scénario écrit. Sensibles au récit et à la bonne articulation du
propos, ils révèlent à leur manière les forces et les faiblesses d’un
scénario et rentrent en dialogue étroit avec les auteurs ( muséographes,
commissaires, conservateurs…) et réalisateurs associés. Ils participent
ainsi activement à l’écriture de l’exposition. Par leur sens de la mise en
scène et de la mise en espace, par leur capacité à créer des univers et
des ambiances chargés d’émotion, ils ont la lourde tâche de réveiller et
révéler le propos, ou de l’endormir… Ainsi, ils assument une rôle
délicat, d’autant plus que les expositions de sciences et sociétés souhaitent
mêler apport de connaissances, questionnements et émotions.
Leur place dans l’écriture est-elle reconnue à sa juste valeur ? A quel
moment les scénographes souhaiteraient intégrer un projet et pourquoi
? Quelles sont leurs besoins ou attentes vis à vis de l’institution,
muséographes et commissaires confondus ? Quelles difficultés rencontrent-
ils généralement ? Et au fond : Qu’est ce qu’un scénographe
d’exposition ?

Programme du jeudi 27 novembre
9h00 : accueil
9h30 - 10h00 : Ouverture
Muséologie, système des sciences et idéologie de la communication : la question des frontières
Les musées sont des lieux d'expression des différences culturelles
entre sciences, et d'activation des rapports de légitimité entre les
sciences et bien d'autres savoirs sociaux. Symétriquement, ils sont
eux-même engagés dans des rapports de légitimité avec d'autres
dispositifs de communication. Le rythme actuel des réformes du
fonctionnement de la culture et de la recherche rend à la fois difficile
mais urgente, la nécessité de réfléchir à ce que la recherche et
les musées ont à faire et à défendre ensemble. Dans de nombreux
cas, les musées ne font pas de recherche mais ils sont liés aux institutions
scientifiques parce qu’ils ont vocation à mobiliser, présenter
et produire eux-mêmes des savoirs légitimes. Ils sont le lieu
d’expression privilégié d'une différence culturelle donc entre
sciences physiques et sciences de l’homme, différence que
l’organisation professionnalisée de l’enseignement et de la
recherche s’efforce de supprimer au profit du projet de construction
d’un rapport au monde homogène et universalisant.
- Par Joëlle Le Marec, Ecole
Normale Supérieure Lettres et
Sciences Humaines de Lyon
Professeur en sciences de
l'information et de la
communication à l'Ecole
Normale Supérieure Lettres et
Sciences Humaines de Lyon,
responsable scientifique du
cluster régional de recherche
"Enjeux et représentations des
sciences, des technologies et de
leurs usages" (Cluster 14). Ses
travaux portent sur les publics
et pratiques dans les musées et
sur la communication
scientifique.
10h00 - 12h30 : Table ronde 3
Attentes et postures des publics vis-à-vis des expositions sciences et sociétés
Les expositions d’art, d’ethnographie, d’histoire ou de sciences ont
rencontré leur public en raison notamment des liens relativement aisés
qui reliaient les collections aux discours. Aujourd’hui, dans un climat
où les sciences font débat avec les sociétés, une nouvelle génération
d’expositions a vu le jour. Intéressées à jouer la carte de la pluri et de
la transdisciplinarité entre les sciences dures et humaines, ces expositions
organisent un nouveau dialogue avec les publics. D’où la question
posée de la réceptivité et de la posture des publics vis à vis de telles
productions. Les publics sont-ils séduits par ce type de projets ? Que
viennent-ils chercher et que comprennent-ils ? Les enquêtes de publics
se sont multipliées, les résultats aussi… Que comprenons-nous de ces
nouveaux rapports que nous, professionnels de la culture et de la
recherche, légitimons aux yeux des publics ? Existe-t-il des questions qui
posent problème, qui échappent ou qui n’intéressent pas les publics ?
Sommes-nous en mesure de mêler toutes les disciplines ? Nos institutions
partagent-t-elles toutes l’envie d’intégrer les attentes des publics
dans leurs productions ?
- Intervenants
- Olivier Thévenin, Université de Franche-Compté
Expériences de visites et paradoxes de réceptions.
L'enquête sociologique réalisée auprès des visiteurs du Musée de la Résistance et
de la Déportation de Besançon visait à la fois à analyser la réception mais également
de prendre en considération plusieurs catégories de variables permettant
d'envisager une évolution du projet scientifique dumusée. Seront abordés certains
paradoxes relatifs aux ressentis des visiteurs, au poids des partisans et aux aspirations
politiques.
Olivier Thévenin, sociologue, est maître de conférences
à l’université de Franche-Comté, membre du
Laboratoire LASA-UFC. Il travaille sur les questions
de la mémoire de la cinéphilie, de la construction
de la réputation artistique, des transmissions intergénérationnelles
et des pratiques des publics de la
culture (musées, théâtre).
- Fabienne Crettaz von Roten et Olivier Moeschler, Université de Lausanne
Une tentative de dialogue science-société.
Un festival scientifique qui souhaite rendre « nomades » la recherche, les chercheurs
et qui investit de nouveaux espaces par une scénographie éclatée, souvent
novatrice, parvient-il à séduire un public nouveau pour la science, plus large et
plus représentatif de la population ? Une étude d'évaluation approfondie de la
dernière édition du Festival national suisse Science et Cité apporte des résultats
intéressants.
Fabienne Crettaz Von Roten est chef d'unité à
l'Observatoire Science, Politique et Société (Université
de Lausanne) et Olivier Moeschler, sociologue
de la culture, est chercheur associé.
- Daniel Jacobi, Université d'Avignon
Mise en exposition de débats de sociétés sensibles.
La mise en exposition d'un thème sciences techniques sociétés qui en outre fait
l'objet de débats politiques et sociaux assez vifs est une véritable gageure. Au
point que certains thèmes "chauds" sont soigneusement évités par les musées,
laissant champ libre aux associations militantes ou défenseurs privés. Une exposition
peut-elle devenir un média capable d'aider et de soutenir le public à
comprendre les enjeux soulevés ?
Daniel Jacobi, Professeur à l’Université d’Avignon,
est membre du laboratoire Culture & Communication.
Docteur d’État en sociolinguistique, il conduit
des recherches sur la diffusion et la vulgarisation
scientifique, la muséologie et plus généralement
l’éducation non formelle.
- Aymard de Mengin et Pierre Duconseille, Citée des Sciences et de l'Industrie
Problématiques de conception et attentes des publics.
Les expositions de sciences et société font partie de la vocation de la Cité depuis
son ouverture et constituent à présent la majorité des expositions temporaires.
Parmi leurs buts, celui d'armer le visiteur pour se construire un point de vue ou
participer à un débat public reste d'actualité, malgré des partis pris de conception
variés. L'usage des études de publics en préalable de la conception sera discuté.
Aymard de Mengin est responsable du département
d'évaluation et prospective de la Cité des Sciences et
de l’Industrie. Ses travaux portent notamment sur la
construction de la curiosité scientifique. Pierre
Duconseille, commissaire d'exposition, est chef de
projet de la Galerie des innovations.
- Martine Thomas-Bourgneuf, muséographe-muséologue
Pour qui conçoit-on une exposition ?
Si les futurs visiteurs sont les clients véritables des concepteurs d’une exposition -
en particulier le muséographe qui en définit les contenus - les institutions muséales
sont cependant les commanditaires de leur travail, et elles représentent donc une
sorte de public intermédiaire. De plus, les intervenants dans la conception sont
multiples, chacun ayant aussi son idée des publics. Avantage ou inconvénient ?
Martine Thomas-Bourgneuf est muséographe-muséologue
indépendante. Elle conçoit les contenus
d’expositions temporaires ou permanentes, sur des
thèmes de vulgarisation scientifique et historique.
Récemment : Trésors Engloutis d’Égypte.
- Modératrice : Nathalie Candito, Musée des Confluences
Nathalie Candito,
chargée d’études - Evaluation -
Musée des Confluences, Lyon
- Avec la participation de Daniel Schick
du jeudi : On n'a pas tout dit.
Producteur, animateur,
journaliste télé et radio.
Il travaille pour des émissions
scientifiques et culturelles,
notamment diffusées sur
France musique, France Inter,
France 2, France 3…
- Projection de "Paroles de publics : sciences et sociétés ?"
Film réalisé par Marianne
Rigaud-Roy, chargée de projet -
Expositions - Musée
des Confluences, Lyon.
14h00 - 16h00 : Table ronde 4
Les expositions sciences et sociétés face à la critique médiatique ?
Les musées et autres institutions culturelles ont emprunté de manière
croissante les voies de l’ouverture et de la communication, en développant
notamment une série d’outils pour faire entendre leur légitimité
et en organisant des rendez-vous réguliers avec les médias : conférences
de presse afin que les journalistes rencontrent les acteurs et visitent
les expositions. Si les expositions d’art rencontrent régulièrement
la critique médiatique, c’est parce que le critique d’art existe, que l’art
est un fait social et économique. Qu’en est-il des expositions de
sciences et sociétés qui combinent à elles seules des dimensions scientifique,
sociétale et artistique, et qui s’inscrivent dans le champ de
l’actualité et des débats ? Trouvent-elles trace d’une critique dans les
magazines de sociétés, culturels ou encore scientifiques ? Comment
sont-elles perçues et appréciées dans les rédactions, et qui s’intéresse
à elles ? Les processus d’écriture et de médiation sont-ils analysés en
regard des messages et discours intentionnels ? L’exposition est-elle
perçue par les médias comme un média fonctionnel ?
- Intervenants
- Jean Davallon, Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse
L'exposition est-elle objet de critique ?
L'apparition de la critique du musée et des expositions semble liée à la « culturalisation
» de celui-ci. C'est lorsque le public est considéré comme ayant une part
active dans la réception d'une création culturelle, en pouvant notamment exprimer
une opinion sur cette dernière, que naît la critique. Tant que la vocation du musée
était éducative, la critique ne pouvait qu'avoir une place réduite…
Jean Davallon dirige le laboratoire Culture et
Communication (Université d’Avignon et des Pays
de Vaucluse) et codirige le Programme international
de doctorat Muséologie, Médiation Patrimoine,
Il travaille sur l’analyse de l’exposition
comme média et sur la patrimonialisation comme
processus symbolique.
- Marie-Sylvie Poli, Université P.M. France de Grenoble
Critique d'exposition ou journalisme sociopolitique : rien n'est encore joué.
Il est aujourd'hui avéré que les expositions de sciences et sociétés fonctionnent
comme un média culturel à part, dont le rôle consiste à proposer des approches
et des regards critiques faisant appel aux sciences dures, humaines et aux artistes.
En conséquence, une nouvelle forme de critique s'est déployée. Se distingue-t-elle
de la critique d'expositions d'art ou de science "classiques" ?
Marie-Sylvie POLI, Professeur à l'Université P.M.
France de Grenoble au laboratoire ROMA, est chercheur
en muséologie et en communication. Elle
s'intéresse aux liens entre média exposition,
langage et communication verbale.
- Luc Le Chatelier, Télérama
Se confronter à l'exercice de la critique.
Si c’est l’architecture qui le passionne au départ, Luc Le Chatelier n’est pour autant
pas insensible à la scénographie et la muséographie. Il trouve que la légitimité à
critiquer le contenu d’une exposition reste très discutable. Par contre, la manière
dont l’institution s’adresse au public l’interpelle véritablement.
Luc Le Chatelier, 53 ans, est journaliste depuis
1981. Reporter à Télérama, il travaille actuellement
sur les domaines de l'architecture, de
l'urbanisme, du patrimoine, de l'aménagement du
territoire et des politiques culturelles.
- Anne-Marie Romero, journaliste
Le poids des contextes.
Si le journal entend cloisonner rigoureusement les rubriques, le journaliste sait par
ailleurs toujours constater l’existence des passerelles. Le retour en force des
"Beaux-Arts", le boom du Marché de l'Art, la fétichisation des objets, la mort du
Musée des
A.T.P. et du Musée de l'Homme ont été autant de facteurs consacrant,
dans les directions des rédactions, la certitude qu'une exposition "d'idées" n'était
pas porteuse, parce que difficilement illustrable, donc "élitiste" et démodée.
Anne-Marie Romero-Ernoult, durant 20 ans responsable
de la rubrique Patrimoine, Archéologie et
Musées au Figaro, collabore désormais à Connaissance
des Arts, ArtSud et Plume.
- Gérard Lefort, Libération
Le point de vue sur la critique.
Gérard Lefort est rédacteur en chef adjoint Culture
du quotidien Libération.
- Modérateur : Laurent Wolf, Samedi Culturel (Le Temps) - Etudes
Laurent Wolf
Journaliste, critique d'art,
sociologue. Responsable du
Samedi Culturel, supplément
hebdomadaire du quotidien
suisse Le Temps. Chargé de la
rubrique exposition à la revue
Etudes (Paris).
16h30 - 16h45 : Pause
16h45 - 17h30 : Synthèse
- Par Jacqueline Eidelman et Gérard Lefort, Arts, Cultures et Consommations - Libération
Jacqueline Eidelman, docteur en
sciences humaines et sociales,
est sociologue au C.N.R.S. depuis
1980. Rattachée au CERLIS, elle
co-dirige l'équipe « Arts,
Cultures et Consommations ».
Gérard Lefort est rédacteur en
chef adjoint-Culture du quotidien
Libération.