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L'exposition de sciences et sociétés

 
L'exposition de sciences et sociétés

Colloque
Mercredi 26 et jeudi 27 novembre 2008
Hôtel du Département du Rhône

L'exposition
de sciences et sociétés :
Particularités, tendances et enjeux
 

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Programme du mercredi 26 novembre

8h45 : Accueil
 

9h15 - 10h00 : Ouverture

Le projet culturel et scientifique du Musée des Confluences repose sur une approche thématique et pluridisciplinaire traitant d’enjeux contemporains de sciences et sociétés. Un des aspects les plus visibles de son action demeure l’exposition. Or on le sait, la question de la muséographie et plus particulièrement dans le secteur des sciences et sociétés est en transformation faisant appel à une grammaire plurielle, intégrant des discours divers, bousculant un certain nombre de dogmes, mais aussi frôlant le basculement ou tout simplement cherchant sa voie entre la fascination du spectaculaire et un nécessaire didactisme. Les musées ne sont pas les seuls dans cette situation : d’autres secteurs culturels poursuivent des chemins parallèles et complémentaires. Comment, quoi et pourquoi des expositions de sciences et de sociétés ?
 

  • Intervenants
    • Michel Côté, Musée des Confluences
      Ouverture.
      Le Musée se veut un lieu d’enchantement, de connaissance et de réflexion, ouvert à des publics variés tout en développant une relation de continuité avec les visiteurs. Comment, dans cette perspective, concevoir une programmation culturelle et se doter d’instruments assurant la mise en place d’expositions de qualité ? Mais au fait, qu’est-ce qu’une exposition de qualité ?

      Michel Coté est directeur du Musée des Confluences. Il a été auparavant directeur des expositions et des relations internationales du Musée de la Civilisation à Québec, président de la Société des Musées québécois et d’ICOM Canada. Il a mené de nombreux projets dans divers pays.
       
    • Johanne Landry, Muséum national d'Histoire naturelle
      La Gestion des musées et le développement durable.
      A l'heure des discours politiques sur le développement durable, la réflexion sur l'application de ses trois volets - économique, environnemental et social - à la gestion des institutions culturelles nous semble incontournable. Cette présentation débutera par une brève vision de l'évolution des musées en regard du développement durable pour aborder ensuite quelques exemples concrets et proposer certaines pistes afin de favoriser une gestion responsable et assurer, peut-être ainsi, une pérennité à nos musées.

      Biologiste de formation, Johanne Landry a travaillé depuis 30 ans dans plusieurs musées scientifiques, que ce soit en Californie, en France, en Thaïlande et au Québec. Elle dirige le Département des galeries du Muséum national d'histoire naturelle depuis octobre 2008.
       
    • Serge Chaumier, Centre de Recherche sur la Culture et les Musées
      Des sciences aux sciences et sociétés.
      Depuis les missions d’études aux positionnements actuels des sciences dans leurs interrelations sociales et politiques, les projets culturels muséographiques n’ont cessé d’évoluer. Cette hypothèse d'une démarche contemporaine spécifique implique de nouveaux modes de relations avec les publics, avec les acteurs de la culture scientifique et conduit peut-être à penser autrement l'institution, dans son fonctionnement et dans ses modes de communication.

      Serge Chaumier, Professeur à l'Université de Bourgogne, responsable de l'option muséologie et muséographie à l'Institut Denis Diderot, directeur du C.R.C.M., Centre de Recherche sur la Culture et les Musées
       
    • Jacques Hainard, Musée ethnographique de Genève
      Retransmission d'un point de vue.
      Jacques Hainard, dirige actuellement le Musée d’Ethnographie de Genève (M.E.G.) après avoir dirigé le Musée d’Ethnographie de Neuchâtel (M.E.N.).
       

10h00 - 12h30 : Table ronde 1

Intentions et variations des écritures des programmes ou scénatios d'expositions de sciences et sociétés

Au préalable de tout sujet d’exposition, il y a un propos et des points de vue forcément emprunts de subjectivité. Selon les institutions ou les contextes, son élaboration revient à une ou plusieurs personnes, dont les métiers ou les pratiques professionnelles diffèrent (directeurs, conservateurs,muséographes, scientifiques…). De ce propos, sera écrit un programme ou scénario associant nombre de contributeurs différents. Bien que la place et le rôle de ces derniers dans le processus d’écriture varient, bien qu’il n’existe pas de format d’écriture type, les professionnels s’entendent pour dire du programme ou du scénario, qu’il doit exprimer en détail le propos et les contenus de l’exposition et donc renseigner au plus près l’ensemble des oeuvres et dispositifs de médiation imaginés. Défendre un fil clair et le tenir en somme… Dans la configuration particulière des expositions de sciences et sociétés où la place et la qualité des contributeurs associés à l’écriture, à l’élaboration des contenus ou encore à la détermination des oeuvres, divergent, est-il possible de dégager toutefois certaines tendances ou caractéristiques relatives à la manière de produire et donc de coécrire ce type de projets ?
 

  • Intervenants
    • Catherine Mariette, muséographe
      Exposer, c'est raconter une histoire à plusieurs voix.
      L’auteur, les conseillers scientifiques, le scénographe, les différents «réalisateurs» - plasticiens, documentaristes, inventeurs de dispositifs, graphistes,metteurs en son, en lumière…prêtent leur voix pour raconter l’exposition. Pour l’auteur, le muséographe, le travail consiste à traverser et associer toutes ces voix, afin que les idées et les émotions prennent formes et deviennent intelligibles et partageables.

      Catherine Mariette est muséographe. Sa pratique du métier lui a permis d’être entre les mondes, en ayant le sentiment de n’appartenir à aucun et aider à ce que ces mondes s’ouvrent les uns aux autres. Parmi ses projets d’expositions : Terra Botanica, Bêtes et hommes, Soleil, Mali kow, le jardin planétaire, Au pays des Lumière…
       
    • Le service des expositions, Musée des Confluences
      La logique d'écriture au Musée des Confluences.
      La logique d’écriture repose sur la constitution d'une équipe projet interne. Un chargé de projet d’exposition partage réflexions avec un référent collections et un référent publics sur le propos, le parcours thématique, les collections et la place des publics. Parallèlement, un comité scientifique est mis en place pour nourrir, préciser et valider les contenus. Chaque phase - concept, scénario, A.P.S. et A.P.D. - est présentée en comité de direction pour discussion puis validation.
       
    • Pierre Nedellec et Yves Moraud, Abbaye de Daoulas
      La philosophie culturelle à l'Abbaye de Daoulas.
      L'Abbaye de Daoulas crée depuis 1986 des expositions sur le thème des civilisations du monde, en privilégiant une approche anthropologique centrée sur l'être humain et la rencontre avec "l'autre". Expositions archéologiques, historiques ou ethnographiques, présentent des civilisations disparues. Comment les projets s'écrivent-ils et quels en sont les acteurs ?

      Yves Moraud, Professeur émérite à la Faculté des Lettres Victor Ségalen à Brest, est Président de l'Association Abbaye de Daoulas. Pierre Nedellec , directeur de l'Abbaye de Daoulas, a participé depuis 20 ans, à la création et à la mise en oeuvre des expositions de l'Abbaye.
       
    • Jean-Claude Duclos, Musée dauphinois
      Coécrire une exposition.
      Reconnaissant l’expertise de l’habitant autant que celle du scientifique et recherchant plus largement la participation de la population, l’écomuséologie initie dans les années 1970 un langage expographique nécessairement participatif auquel le musée dauphinois est resté fidèle. A cette négociation tripartite – groupe, scientifique, musée – s’associe alors le politique. Limites et avancées de ce parti-pris…

      Jean-Claude Duclos, né à Marseille en 1947, est conservateur en chef du patrimoine, directeur du Musée dauphinois et de la Maison des Droits de l’Homme de l’Isère. Concepteur de musées et d’expositions, il est l’auteur d'ouvrages et d'articles touchant à l'anthropologie du monde alpin et à la muséologie.
       
    • Caroline Naphegy et Olivier Borgeaud, Le laboratoire
      Vers une écriture interdisciplinaire.
      Imaginé et initié par le scientifique et écrivain David Edwards, Le Laboratoire est un espace culturel interdisciplinaire dédié à la frontière des arts et de la science. La fusion de la vision d’un artiste et d’un scientifique donne naissance à un processus de création connexe, catalyseur d’innovations.

      Depuis 2006, Olivier Borgeaud est directeur adjoint du nouvel espace culturel parisien Le laboratoire et Caroline Naphegy, directrice artistique.
       
  • Modératrice : Cécilia de Varine, Musée des Beaux-Arts de Lyon
    Cécilia de Varine, Plasticienne de formation, chargée des outils d'aide à l'interprétation au musée des Beaux-Arts de Lyon, Cécilia de Varine est présidente de l'association Médiation culturelle. Depuis une quinzaine d'années, elle développe une réflexion sur les moyens d'un accompagnement des publics dans l'appropriation et l'interprétation des expositions, et sur les enjeux d'un échange et d'une coopération entre populations et institutions culturelles.
     

14h00 - 17h00 : Table ronde 2

La place et la force de l'écriture scénographique dans le programme ou scénario d'expositions sciences et sociétés

Contactés par les musées et soumis à la politique des appels d’offres, les scénographes intègrent généralement un projet d’exposition une fois le scénario écrit. Sensibles au récit et à la bonne articulation du propos, ils révèlent à leur manière les forces et les faiblesses d’un scénario et rentrent en dialogue étroit avec les auteurs ( muséographes, commissaires, conservateurs…) et réalisateurs associés. Ils participent ainsi activement à l’écriture de l’exposition. Par leur sens de la mise en scène et de la mise en espace, par leur capacité à créer des univers et des ambiances chargés d’émotion, ils ont la lourde tâche de réveiller et révéler le propos, ou de l’endormir… Ainsi, ils assument une rôle délicat, d’autant plus que les expositions de sciences et sociétés souhaitent mêler apport de connaissances, questionnements et émotions. Leur place dans l’écriture est-elle reconnue à sa juste valeur ? A quel moment les scénographes souhaiteraient intégrer un projet et pourquoi ? Quelles sont leurs besoins ou attentes vis à vis de l’institution, muséographes et commissaires confondus ? Quelles difficultés rencontrent- ils généralement ? Et au fond : Qu’est ce qu’un scénographe d’exposition ?
 

  • Intervenants
    • Marc-Olivier Gonseth et Patrick Burnier, Musée Ethnographique de Neuchâtel
      Dialogue sur la place du scénographe au M.E.N..
      Marc-Olivier Gonseth et Patrick Burnier reviennent sur les trois projets qu'ils ont développés ensemble au M.E.N.. Figures de l'artifice offre un cas d'école où le scénario est pratiquement bouclé à l'arrivée du scénographe ; Retour d'Angola concerne un projet dont les grandes articulations spatiales sont connuesmaismoins les contenus et les intentions ; La marque jeune représente enfin pour l'équipe une tentative de se libérer de la narration au profit de la mise en espace.

      Ethnologue, muséologue et expographe, Marc- Olivier Gonseth a repris en mars 2006 la direction du Musée d’Ethnographie de Neuchâtel (M.E.N.). Patrick Burnier, scénographe de danse et de théâtre, vit et travaille à Londres.
       
    • François Confino, scénographe
      Être scénographe aujourd'hui.
      Merveilleux et exaspérant à la fois, le métier de scénographe est-il reconnu pour ce qu’il est ? A t-il une existence véritable ? A partir de l’illustration de projets récents dont Shanghai 2010, le pavillon du futur, le musée Charlie Chaplin et le musée des confluences, une réflexion sera conduite sur la complexité du métier, et notamment dans ses rapports avec la maîtrise d’ouvrage.

      Après des études d'architecture à Lausanne, François Confino se forme à l'urbanisme à N.Y. puis enseigne le cinéma et la vidéo. Parmi ses principales réalisations : Cinés Cités, le Pavillon des Découvertes de Séville, le Pavillon Océans et Utopies de Lisbonne, la direction artistique du parc thématique de l'Exposition universelle d'Hanovre.
       
    • Sacha Mitrofanoff, Muséum national d'Histoire naturelle
      Un scénographe au musée.
      Le Muséum de Paris est un cas d’espèce dans le paysage institutionnel français. Il est une des rares institutions à avoir souhaité, dès sa réouverture, que la conception et la réalisation des expositions temporaires soient faites en interne. Avec les années, les équipes ont appris à mieux appréhender les avantages et les inconvénients d’une telle organisation. Retour en avant…

      Après une formation d’architecte, Sacha Mitrofanoff conçoit et réalise des décors de théâtre et enseigne à l’Académie Charpentier. A la réouverture de la Grande Galerie du M.N.H.N., il est engagé comme scénographe des expositions temporaires et dirige à présent le Service des expositions.
       
    • François Schuiten, scénographe
      Fonction et rôle du scénographe.
      Le récit, la mise en scène comme la cohérence d’univers se retrouvent au coeur de la bande dessinée, du cinéma ou encore des expositions. Fort de l’expérience de Planet of Vision de l'exposition universelle d'Hanovre en 2000, le métier de scénographe sera analysé en partie à partir de ses modalités de relations multiples : comités scientifiques, sponsors et partenaires, nombre de visiteurs attendus, sécurité…

      François Schuiten, né à Bruxelles, n'a que 16 ans lorsque ses premières planches sont publiées. Depuis, il a signé nombre d’albums dans la série des Humanoïdes Associés et des Cités Obscures, et à conçu plusieurs scénographies dont la ville imaginaire (Cités-Ciné Montréal), le Musée des Ombres et le pavillon des utopies Planet of visons (Hanovre 2000).
       
    • Christophe Dufour, Muséum de Neuchâtel
      La fiction cinématographique dans les expositions.
      Insérer la fiction cinématographique dans le parcours de certaines expositions, tel est le pari tenté au muséum de Neuchâtel. A l’origine purement documentaires, ces réalisations ont évolué. Elles intègrent des « médiateurs virtuels » incarnés par des comédiens dans le but d’expliciter l’intention du projet, et parfois pour la juger de manière critique et décalée.

      Conservateur du Muséum de Neuchâtel depuis 1981, Christophe Dufour a conduit le redéploiement de cette institution. Il travaille en équipe et privilégie des thèmes en marge des sciences naturelles traditionnelles. Il cherche de nouveaux langages et varie les modes d’expression.
       
  • Modérateur : Hervé Groscarret, Musée des Confluences
    Hervé Groscarret, chargé de projet – Expositions, Musée des Confluences, Lyon
     

Programme du jeudi 27 novembre

9h00 : accueil
 

9h30 - 10h00 : Ouverture

Muséologie, système des sciences et idéologie de la communication : la question des frontières

Les musées sont des lieux d'expression des différences culturelles entre sciences, et d'activation des rapports de légitimité entre les sciences et bien d'autres savoirs sociaux. Symétriquement, ils sont eux-même engagés dans des rapports de légitimité avec d'autres dispositifs de communication. Le rythme actuel des réformes du fonctionnement de la culture et de la recherche rend à la fois difficile mais urgente, la nécessité de réfléchir à ce que la recherche et les musées ont à faire et à défendre ensemble. Dans de nombreux cas, les musées ne font pas de recherche mais ils sont liés aux institutions scientifiques parce qu’ils ont vocation à mobiliser, présenter et produire eux-mêmes des savoirs légitimes. Ils sont le lieu d’expression privilégié d'une différence culturelle donc entre sciences physiques et sciences de l’homme, différence que l’organisation professionnalisée de l’enseignement et de la recherche s’efforce de supprimer au profit du projet de construction d’un rapport au monde homogène et universalisant.
 

  • Par Joëlle Le Marec, Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines de Lyon
    Professeur en sciences de l'information et de la communication à l'Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines de Lyon, responsable scientifique du cluster régional de recherche "Enjeux et représentations des sciences, des technologies et de leurs usages" (Cluster 14). Ses travaux portent sur les publics et pratiques dans les musées et sur la communication scientifique.
     

10h00 - 12h30 : Table ronde 3

Attentes et postures des publics vis-à-vis des expositions sciences et sociétés

Les expositions d’art, d’ethnographie, d’histoire ou de sciences ont rencontré leur public en raison notamment des liens relativement aisés qui reliaient les collections aux discours. Aujourd’hui, dans un climat où les sciences font débat avec les sociétés, une nouvelle génération d’expositions a vu le jour. Intéressées à jouer la carte de la pluri et de la transdisciplinarité entre les sciences dures et humaines, ces expositions organisent un nouveau dialogue avec les publics. D’où la question posée de la réceptivité et de la posture des publics vis à vis de telles productions. Les publics sont-ils séduits par ce type de projets ? Que viennent-ils chercher et que comprennent-ils ? Les enquêtes de publics se sont multipliées, les résultats aussi… Que comprenons-nous de ces nouveaux rapports que nous, professionnels de la culture et de la recherche, légitimons aux yeux des publics ? Existe-t-il des questions qui posent problème, qui échappent ou qui n’intéressent pas les publics ? Sommes-nous en mesure de mêler toutes les disciplines ? Nos institutions partagent-t-elles toutes l’envie d’intégrer les attentes des publics dans leurs productions ?
 

  • Intervenants
    • Olivier Thévenin, Université de Franche-Compté
      Expériences de visites et paradoxes de réceptions.
      L'enquête sociologique réalisée auprès des visiteurs du Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon visait à la fois à analyser la réception mais également de prendre en considération plusieurs catégories de variables permettant d'envisager une évolution du projet scientifique dumusée. Seront abordés certains paradoxes relatifs aux ressentis des visiteurs, au poids des partisans et aux aspirations politiques.

      Olivier Thévenin, sociologue, est maître de conférences à l’université de Franche-Comté, membre du Laboratoire LASA-UFC. Il travaille sur les questions de la mémoire de la cinéphilie, de la construction de la réputation artistique, des transmissions intergénérationnelles et des pratiques des publics de la culture (musées, théâtre).
       
    • Fabienne Crettaz von Roten et Olivier Moeschler, Université de Lausanne
      Une tentative de dialogue science-société.
      Un festival scientifique qui souhaite rendre « nomades » la recherche, les chercheurs et qui investit de nouveaux espaces par une scénographie éclatée, souvent novatrice, parvient-il à séduire un public nouveau pour la science, plus large et plus représentatif de la population ? Une étude d'évaluation approfondie de la dernière édition du Festival national suisse Science et Cité apporte des résultats intéressants.

      Fabienne Crettaz Von Roten est chef d'unité à l'Observatoire Science, Politique et Société (Université de Lausanne) et Olivier Moeschler, sociologue de la culture, est chercheur associé.
       
    • Daniel Jacobi, Université d'Avignon
      Mise en exposition de débats de sociétés sensibles.
      La mise en exposition d'un thème sciences techniques sociétés qui en outre fait l'objet de débats politiques et sociaux assez vifs est une véritable gageure. Au point que certains thèmes "chauds" sont soigneusement évités par les musées, laissant champ libre aux associations militantes ou défenseurs privés. Une exposition peut-elle devenir un média capable d'aider et de soutenir le public à comprendre les enjeux soulevés ?

      Daniel Jacobi, Professeur à l’Université d’Avignon, est membre du laboratoire Culture & Communication. Docteur d’État en sociolinguistique, il conduit des recherches sur la diffusion et la vulgarisation scientifique, la muséologie et plus généralement l’éducation non formelle.
       
    • Aymard de Mengin et Pierre Duconseille, Citée des Sciences et de l'Industrie
      Problématiques de conception et attentes des publics.
      Les expositions de sciences et société font partie de la vocation de la Cité depuis son ouverture et constituent à présent la majorité des expositions temporaires. Parmi leurs buts, celui d'armer le visiteur pour se construire un point de vue ou participer à un débat public reste d'actualité, malgré des partis pris de conception variés. L'usage des études de publics en préalable de la conception sera discuté.

      Aymard de Mengin est responsable du département d'évaluation et prospective de la Cité des Sciences et de l’Industrie. Ses travaux portent notamment sur la construction de la curiosité scientifique. Pierre Duconseille, commissaire d'exposition, est chef de projet de la Galerie des innovations.
       
    • Martine Thomas-Bourgneuf, muséographe-muséologue
      Pour qui conçoit-on une exposition ?
      Si les futurs visiteurs sont les clients véritables des concepteurs d’une exposition - en particulier le muséographe qui en définit les contenus - les institutions muséales sont cependant les commanditaires de leur travail, et elles représentent donc une sorte de public intermédiaire. De plus, les intervenants dans la conception sont multiples, chacun ayant aussi son idée des publics. Avantage ou inconvénient ?

      Martine Thomas-Bourgneuf est muséographe-muséologue indépendante. Elle conçoit les contenus d’expositions temporaires ou permanentes, sur des thèmes de vulgarisation scientifique et historique. Récemment : Trésors Engloutis d’Égypte.
       
  • Modératrice : Nathalie Candito, Musée des Confluences
    Nathalie Candito, chargée d’études - Evaluation - Musée des Confluences, Lyon
     
  • Avec la participation de Daniel Schick
    du jeudi : On n'a pas tout dit. Producteur, animateur, journaliste télé et radio. Il travaille pour des émissions scientifiques et culturelles, notamment diffusées sur France musique, France Inter, France 2, France 3…
     
  • Projection de "Paroles de publics : sciences et sociétés ?"
    Film réalisé par Marianne Rigaud-Roy, chargée de projet - Expositions - Musée des Confluences, Lyon.
     

14h00 - 16h00 : Table ronde 4

Les expositions sciences et sociétés face à la critique médiatique ?

Les musées et autres institutions culturelles ont emprunté de manière croissante les voies de l’ouverture et de la communication, en développant notamment une série d’outils pour faire entendre leur légitimité et en organisant des rendez-vous réguliers avec les médias : conférences de presse afin que les journalistes rencontrent les acteurs et visitent les expositions. Si les expositions d’art rencontrent régulièrement la critique médiatique, c’est parce que le critique d’art existe, que l’art est un fait social et économique. Qu’en est-il des expositions de sciences et sociétés qui combinent à elles seules des dimensions scientifique, sociétale et artistique, et qui s’inscrivent dans le champ de l’actualité et des débats ? Trouvent-elles trace d’une critique dans les magazines de sociétés, culturels ou encore scientifiques ? Comment sont-elles perçues et appréciées dans les rédactions, et qui s’intéresse à elles ? Les processus d’écriture et de médiation sont-ils analysés en regard des messages et discours intentionnels ? L’exposition est-elle perçue par les médias comme un média fonctionnel ?
 

  • Intervenants
    • Jean Davallon, Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse
      L'exposition est-elle objet de critique ?
      L'apparition de la critique du musée et des expositions semble liée à la « culturalisation » de celui-ci. C'est lorsque le public est considéré comme ayant une part active dans la réception d'une création culturelle, en pouvant notamment exprimer une opinion sur cette dernière, que naît la critique. Tant que la vocation du musée était éducative, la critique ne pouvait qu'avoir une place réduite…

      Jean Davallon dirige le laboratoire Culture et Communication (Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse) et codirige le Programme international de doctorat Muséologie, Médiation Patrimoine, Il travaille sur l’analyse de l’exposition comme média et sur la patrimonialisation comme processus symbolique.
       
    • Marie-Sylvie Poli, Université P.M. France de Grenoble
      Critique d'exposition ou journalisme sociopolitique : rien n'est encore joué.
      Il est aujourd'hui avéré que les expositions de sciences et sociétés fonctionnent comme un média culturel à part, dont le rôle consiste à proposer des approches et des regards critiques faisant appel aux sciences dures, humaines et aux artistes. En conséquence, une nouvelle forme de critique s'est déployée. Se distingue-t-elle de la critique d'expositions d'art ou de science "classiques" ?

      Marie-Sylvie POLI, Professeur à l'Université P.M. France de Grenoble au laboratoire ROMA, est chercheur en muséologie et en communication. Elle s'intéresse aux liens entre média exposition, langage et communication verbale.
       
    • Luc Le Chatelier, Télérama
      Se confronter à l'exercice de la critique.
      Si c’est l’architecture qui le passionne au départ, Luc Le Chatelier n’est pour autant pas insensible à la scénographie et la muséographie. Il trouve que la légitimité à critiquer le contenu d’une exposition reste très discutable. Par contre, la manière dont l’institution s’adresse au public l’interpelle véritablement.

      Luc Le Chatelier, 53 ans, est journaliste depuis 1981. Reporter à Télérama, il travaille actuellement sur les domaines de l'architecture, de l'urbanisme, du patrimoine, de l'aménagement du territoire et des politiques culturelles.
       
    • Anne-Marie Romero, journaliste
      Le poids des contextes.
      Si le journal entend cloisonner rigoureusement les rubriques, le journaliste sait par ailleurs toujours constater l’existence des passerelles. Le retour en force des "Beaux-Arts", le boom du Marché de l'Art, la fétichisation des objets, la mort du Musée des A.T.P. et du Musée de l'Homme ont été autant de facteurs consacrant, dans les directions des rédactions, la certitude qu'une exposition "d'idées" n'était pas porteuse, parce que difficilement illustrable, donc "élitiste" et démodée.

      Anne-Marie Romero-Ernoult, durant 20 ans responsable de la rubrique Patrimoine, Archéologie et Musées au Figaro, collabore désormais à Connaissance des Arts, ArtSud et Plume.
       
    • Gérard Lefort, Libération
      Le point de vue sur la critique.
      Gérard Lefort est rédacteur en chef adjoint Culture du quotidien Libération.
       
  • Modérateur : Laurent Wolf, Samedi Culturel (Le Temps) - Etudes
    Laurent Wolf Journaliste, critique d'art, sociologue. Responsable du Samedi Culturel, supplément hebdomadaire du quotidien suisse Le Temps. Chargé de la rubrique exposition à la revue Etudes (Paris).
     

16h30 - 16h45 : Pause
 

16h45 - 17h30 : Synthèse

  • Par Jacqueline Eidelman et Gérard Lefort, Arts, Cultures et Consommations - Libération
    Jacqueline Eidelman, docteur en sciences humaines et sociales, est sociologue au C.N.R.S. depuis 1980. Rattachée au CERLIS, elle co-dirige l'équipe « Arts, Cultures et Consommations ». Gérard Lefort est rédacteur en chef adjoint-Culture du quotidien Libération.
     

© COMMUNIQUEZ BL/LB - FRANÇOIS CONFINO - MUSÉE DES CONFLUENCES - MNHN - MEN - FRANÇOIS SCHUITEN

Infos pratiques

Renseignements et inscriptions :
Musée des Confluences
10, rue Boileau
69006 Lyon
Mathilde Ducuing
Tél : 04 72 84 91 26
courriel
accès gratuit

Lieu du colloque :
Hôtel du Département
29-31 cours de la Liberté
69003 Lyon
(entrée piétonne
rue de Bonnel)

Accès :
Tram T1 : Saxe-Préfecture
Métro B : Place Guichard