Grâce à la collaboration du
Service Pr@tic de l'ENS Lyon,
retrouvez ci-dessous la présentation et les enregistrements vidéos
de chaque conférence du cycle 2010-2011 Confluence des savoirs
Les vidéos des conférences du cycle en cours se trouvent sur la page du programme.
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le 5 octobre 2010 à 18h30 à l'ENS.
Alain Bauer, professeur de criminologie au CNAM.
Anne de Boissy, membre du collectif de théâtre Les Trois Huit.
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Alain Bauer.
En période de croissance comme en période de crise, la focalisation sur l'instant et le moment empêche de prendre en considération les évolutions des phénomènes de criminalité.
Hybridation, globalisation criminelle, gangsterrorisme, apparaissent pourtant ici et là dans la rubrique des faits divers sans analyse véritable.
Un moment pour faire le point sur tout ce qu'on ne veut pas voir.
Alain Bauer est également Président du Conseil Supérieur de la Formation et de la recherche Stratégiques (depuis 2009), Président du conseil d’orientation de l’Observatoire national de la délinquance (depuis 2003), Président du Groupe de travail sur les fichiers de police (depuis 2006); Rapporteur du Groupe de travail sur la police au quotidien (2007); Président du Groupe de contrôle des fichiers de police (depuis 2008) ;Président du Groupe de contrôle des fichiers des douanes (depuis 2009) ; il est aussi enseignant et auteur de nombreux ouvrages dont Les 100 mots de la police et du crime (2009), Les études de sécurité publique (2009). Les fichiers de police (2009), Le convent du sang (2009), les écoutes téléphoniques (dir. 2009), Les terroristes disent toujours ce qu’ils vont faire (PUF 2010),…
Anne de Boissy
De A comme l’assassin Patrice Alègre, en passant par B comme Barbi, condamné pour crime contre l’humanité, par C comme les « Crimes Exemplaires » de Max Aub,
« Je l’ai tué parce que j’avais un revolver . J’avais tant de plaisir à le tenir dans la
main », en buttant sur K de killer, le P de peur, le V de victime pour terminer sur le Z de zigouiller, petite promenade littéraire et poétique sur ce thème fascinant qu’est la criminalité.
Cette saison, Anne de Boissy joue entre autre dans Lambeaux de Charles Juliet mise en scène par Sylvie Mongin-Algan. Elle collabore régulièrement avec Nicolas Ramond et sa compagnie Les Transformateurs.
Cette conférence a lieu en concertation avec la FSLSE. Elle est une
préfiguration des Journées de l’économie (9, 10 et 11 novembre 2010)
organisées par cette fondation.
le 16 novembre 2010 à 18h30 à l'ENS.
André Holley, Professeur émérite de neurosciences à l'Université Claude Bernard - Lyon 1.
Philippe Roux, enseignant à l'École des Beaux-Arts de Grenoble et de Saint-Étienne.
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André Holley.
C’est un acte grave que de faire pénétrer des substances dans l’organisme.
Aussi, plusieurs sensibilités sont-elles mobilisées pour contrôler
l’introduction des aliments dans le tube digestif.
Globalement, on les appelle le goût. Deux d’entre elles, le goût proprement
dit, source des saveurs et l’odorat, source des arômes, constituent les sens
chimiques. La connaissance de ces sens est restée longtemps sommaire
mais voici qu’elle progresse rapidement : la biologie moléculaire livre
l’essentiel des mécanismes qui permettent aux cellules spécialisées du nez
et de la bouche de détecter les molécules que libèrent les aliments.
Mais le goût n’est pas qu’un censeur rigoureux. Parce qu’il est source de
plaisir, il a aussi le pouvoir d’inciter puissamment le mangeur à ingérer
ce qui est favorable à son organisme. Comment le fait-il ? Où le plaisir
à manger prend-il son origine dans le cerveau ? Ce sont des questions
auxquelles les neurosciences commencent à apporter des réponses tandis
que la biologie se demande si le plaisir sensoriel n’a pas perdu, dans notre
société d’abondance, la valeur adaptative qui devait être la sienne dans
le passé de notre espèce.
André Holley a longtemps dirigé à Lyon un laboratoire de recherche sur l’odorat et animé les études doctorales en neurosciences. Parallèlement, il a été responsable, au CNRS, d’un programme interdisciplinaire de recherche en sciences cognitives. Ces dernières années, il a rejoint le Centre Européen des Sciences du Goût (CESG) à Dijon où il est encore chercheur après l’avoir dirigé pendant quelque temps.
Philippe Roux.
De l’hymne à la grande cuisine évoqué par Gabriel Axel dans son adaptation
de la nouvelle de Karen Blixen dans Le festin de Babette (1987) en passant
par la gastronomie de l’outrance, moteur du suicide de la société
de consommation chez Marco Ferreri (La grande bouffe, 1973) ou par
la nourriture cannibale dans Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant
(Peter Greenaway, 1989), cette prise de parole tentera de donner à voir
certains aspects des « plaisirs » du manger. Entre goûts délectables
et orgies nauséeuses, le sens de cette discussion est d’évoquer la
multiplicité de notre relation à la nourriture.
Philippe Roux est également
coordinateur des Études Supérieures
au Musée d’Art Moderne de SaintÉtienne,
directeur de la revue de
philosophie et d’esthétique De(s)
générations.
le 7 décembre 2010 à 18h30 à l'ENS.
Dans le cadre de l’année de la Biodiversité.
Gilles Boeuf, Professeur à l'Université Pierre et Marie Curie, Président du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.
Jeanne Brun, conservateur et responsable de la collection au
Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne Métropole.
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Gilles Boeuf.
Le terme biodiversité (contraction de diversité biologique) a été créé au milieu des années 80 mais n’a échappé au sérail des biologistes écologues qu’après le « Sommet de la Terre » à la Conférence de Rio en juin 1992. Il est alors parti à la conquête des Sciences humaines et sociales, des médias, des politiques et du grand public. Il regroupe des sens très différents selon les publics et usagers et il est souvent confondu avec diversité spécifique, c’est-à-dire l’ensemble des espèces vivantes qui peuplent les différents
milieux. En fait, la biodiversité est bien plus que cela, c’est la fraction
vivante de la Nature.
La Vie s’est développée dans l’océan primitif il y a quelque 3,9 milliards
d’années, finalement peu de temps après la fin du refroidissement de la planète, et a été capable d’élaborer depuis, largement plus d’un milliard d’espèces vivantes, apparues puis disparues. On estime à 1-1,5 % celles qui nous accompagnent encore aujourd’hui. Elles représentent environ 1,9 millions d’espèces décrites et nous nous accordons pour estimer la diversité spécifique actuelle à plus de 14 millions d’espèces (au moins, avec une fourchette de 10 à 30). Beaucoup donc, reste à faire pour terminer cette énumération spécifique. Cette biodiversité est très menacée aujourd’hui pour quatre grandes raisons qui sont la destruction et la contamination des milieux naturels, la prédation en excès et la surexploitation des ressources naturelles, les introductions anarchiques d’espèces de milieux à d’autres et le réchauffement climatique, généré par l’homme.
Cinq crises d’extinction massive ont eu lieu depuis 500 millions d’années
et la sixième grande crise, cette fois-ci générée par une espèce, l’humain, est-elle en cours ? Quelles sont les menaces qui s’accumulent et pourquoi faut-il impérativement enrayer cette érosion de la diversité biologique ? Quelles sont les mesures que nous devons mettre en place pour endiguer cette érosion dramatique et comment cesser ces gaspillages incessants : projet réaliste ou rêve insensé ?
Gilles Boeuf est aussi en poste à l’Observatoire Océanologique-Laboratoire Arago de Banyuls-sur-Mer. Il est actuellement Président du Muséum national d’Histoire naturelle. Il est également Membre du Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité auprès du MEEDDM et de la Force Biodiversité du secrétariat d’État à l’Écologie. C’est un spécialiste de physiologie environnementale et de biodiversité.
Jeanne Brun.
Comment par des procédés, des médiums et des démarches différentes,
des plasticiens contemporains questionnent eux aussi la biodiversité ;
par la série, le multiple, le recours au vivant ou le discours militant ?
Jeanne Brun est diplômée de l’Institut du Patrimoine et de l’École des Chartes, où elle a rédigé une thèse sur Georges Ribemont-Dessaignes, figure majeure de Dada Paris.
Elle y a récemment organisé une exposition sur Erik Dietman au Musée d’Art Moderne de Saint-Étienne, et prépare notamment une importante présentation de Fluxus.
le 1er février 2011 à 18h30 à l'ENS.
Catherine Vidal, neurobiologiste, directrice de recherche à l'Institut Pasteur.
Frédérick Houdaer, romancier (Ed du Serpent à plumes…) et poète.
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Catherine Vidal.
Avec l’avancée des connaissances en neurosciences, on serait tenté de
croire que les idées reçues sur les différences biologiques entre les hommes et les femmes ont été balayées. Or médias et magazines continuent de
nous abreuver de vieux clichés qui prétendent que les femmes sont
« naturellement » bavardes et incapables de lire une carte routière, alors
que les hommes seraient nés bons en maths et compétitifs. Ces discours laissent croire que nos aptitudes et nos personnalités sont câblées dans
des structures mentales immuables. Or les progrès des recherches montrent
le contraire : le cerveau, grâce à ses formidables propriétés de « plasticité »,
fabrique sans cesse des nouveaux circuits de neurones en fonction de
l’apprentissage et de l’expérience vécue. Garçons et filles, éduqués
différemment, peuvent montrer des divergences de fonctionnement cérébral, mais cela ne signifie pas que ces différences sont présentes dans le cerveau depuis la naissance, ni qu’elles y resteront ! L’objectif de cette conférence est de donner à comprendre le rôle de la biologie mais aussi l’influence de l’environnement social et culturel dans la construction de nos identités d’hommes et de femmes.
L’activité de recherche fondamentale de Catherine Vidal concerne la maladie de Creuzfeld-Jacob et les infections par les prions. Elle se consacre également à la diffusion du savoir scientifique à travers des publications, des conférences et des interventions dans les médias.
Son intérêt porte sur les rapports entre sciences et sociétés, concernant en particulier le déterminisme en biologie. le cerveau et le sexe.
Frédérick Houdaer.
« Frédérick Houdaer vient du roman, et plus précisément du roman noir, avant de mettre un pied dans la poésie. Il porte un regard simple et réaliste sur de petites situations du réel, loin des effets de langue. Il pose des personnages en quelques mots, les fait bouger sous nos yeux, dévoile ou souligne en quelques lignes un fragment du réel. Le théâtre n’est jamais loin. » Patrick Dubost.
Frédéric Houdaer.
Une centaine de textes publiés dans des revues belges, françaises et québécoises. Résidence d’auteur à Montréal & résidence d’écriture théâtrale.
Ecriture théâtrale pour les compagnies Là Hors De, In Time, etc.
Directeur de collection aux Éditions
« À plus d’un titre ».
Quand il écrit pour la scène, écrit
exclusivement sur le thème des
rapports « homme – femme ».
Prétend faire du « Strindberg light ».
le 15 mars 2011 à 18h30 à l'ENS.
Jacques Samarut, Président de l’École Normale Supérieure (ENS) de Lyon.
Jacques Di Donato, clarinette - performance Omax, Benjamin Lévy, Gérard Assayag / performance musicale présentée par Grame, centre national de création musicale - Lyon.
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Jacques Samarut.
Pendant plus de 30 ans les biologistes ont cherché à identifier des gènes
qui sont à la base du fonctionnement normal et pathologique de l’être
vivant. A partir de situations pathologiques ils ont, bon an mal an, identifié
environ 6000 gènes impliqués dans une démarche qui va de la fonction
à l’identification du gène. Depuis moins de 10 ans, la révolution de la
génomique a complètement changé l’approche. En effet le séquençage
massif et automatisé des génomes de multiples espèces, dont l’homme,
a conduit à identifier en quelques années plusieurs milliers de gènes
jusqu’alors inconnus. Ainsi on estime que le génome humain renferme entre
25000 et 30000 gènes identifiés par leur nature mais dont la fonction reste
à déterminer pour la majorité d’entre eux. Cette révolution épistémologique
s’accompagne de révolutions méthodologiques et techniques. L’utilisation
de techniques d’analyses à haut débit, la modélisation de ces données,
les analyses comparatives massives entre espèces conduisent à bâtir des
modèles qui précèdent maintenant l’expérimentation directe sur l’objet
biologique. La biologie devient très largement une discipline en interaction
directe avec l’informatique, les mathématiques, la modélisation numérique
et les technologies d’analyse physique de l’organisme vivant.
Jacques Samarut est également fondateur de Rhône-Alpes Génopôle et de l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Lyon (IGFL). Docteur ès sciences de l’Université Claude-Bernard, Lyon 1, Jacques Samarut a suivi une formation de biologiste cellulaire et moléculaire et il dirige, actuellement à l’ENS, un groupe de recherche travaillant sur les cellules souches embryonnaires et sur la signalisation par les récepteurs nucléaires d’hormone.
Le logiciel OMax analyse en temps réel le jeu d’un musicien improvisateur,
du point de vue de ses articulations mélodiques et sonores, et en construit
un « modèle », libre de jouer à son tour ses propres variations. OMax peut
fonctionner en mode automatique, mais il est encore plus intéressant de le
contrôler. La personne qui l’oriente alors intervient de manière proprement
musicale, en choisissant de le brider ou au contraire de lui lâcher la bride,
de le focaliser sur un moment musical ou au contraire de le laisser voyager
dans la mémoire de la performance. Un personnage virtuel et flottant vient
alors s’insérer dans la scène sonore en dialogue avec l’improvisateur. Issu
de recherches sur la théorie de l’information (notamment liées à l’idée de
compression) OMax utilise un algorithme de modélisation statistique qui a
été expérimenté pour le repérage de structures récurrentes dans l’ADN. En
biologie comme en musique, il s’agit d’analyser et de simuler efficacement
l’organisation complexe de séquences symboliques.
Conception OMax : Gérard Assayag, Georges Bloch, Marc Chemillier,
Benjamin Lévy en collaboration avec S. Dubnov.
le 5 avril 2011 à 18h30 à l'ENS.
Maria Eugénia Cosio-Zavala, professeur de démographie à l'Université de Paris Ouest Nanterre La Défense.
Yannick Laurent, commédien; lecture d'extraits du texte La frontière de verre de Carlos Fuentes.
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Maria Eugénia Cosio-Zavala.
La frontière nord du Mexique avec les États-Unis, sur près de 3 300 kilomètres, a connu une croissance démographique extraordinaire au cours des dernières décennies, notamment l’Etat de Basse Californie. Parallèlement, les comtés américains du Sud de l’État de Californie, ont enregistré des taux d’accroissement démographique très élevés, lesquels s’expliquent par des flux extrêmement élevés d’immigration, qui ont abouti à la croissance de très grandes villes mexicaines frontalières comme Tijuana.
Les flux migratoires vers ces zones proviennent, depuis le début du XX° siècle, des régions occidentales et du Nord du Mexique, régions traditionnelles d’émigration vers les États-Unis, auxquelles se sont ajoutés plus récemment le Sud et le Sud-est du pays. De véritables circuits migratoires se sont mis en place ainsi que des réseaux permettant la survie des migrants aux États-Unis et leur insertion sur le marché du travail nord-américain, malgré tous les obstacles. Nous présenterons les caractéristiques particulières de ces villes frontalières, comme Tijuana et San Diego, les liens étroits entre le nord et le sud de la frontière, les transformations sociales induites et les conditions de vie de la population, notamment des jeunes, qui vivent dans ce contexte très particulier.
Yannick Laurent.
La frontière de verre de Carlos Fuente.
La frontière de verre, c’est la frontière qui sépare le Mexique des Etats‐Unis, au long du fleuve appelé Rio Grande d’un coté, Rio Bravo de l’autre. Le récit s’articule autour de quelques personnages clés dont les hasards de la vie ou de la parenté organisent la rencontre sur cette frontière mythique, lieu de tous les litiges, de toutes les convoitises, et dont l’histoire est, aux yeux de l’auteur, si charnelle qu’elle ne peut s’écrire que comme un roman.
Carlos Fuentes décrit une population frontalière, souvent venue des zones les plus pauvres du Mexique. Sur fond de nostalgie territoriale, rappel constant, lancinant que ce sud des Etats‐Unis fut autrefois conquis sur le Mexique au moyen des armes, que les Mexicains y auraient, en quelque sorte, un droit d’entrée naturel. Surtout, les personnages déclarent, qu’on a besoin d’eux, que les Etats‐Unis ne peuvent se passer de leurs bras.
École Normale
Supérieure de Lyon
Amphithéâtre Ch. Mérieux
46, allée d’Italie
69007 LYON Gerland
www.ens-lyon.org
Entrée libre et gratuite
Accès en fauteuil
(6-7 places)
Renseignements
Tél : 04 72 69 05 00