du samedi 16 au mercredi 20 mai 2009
Pour la première édition de Paroles d’autochtones en mai 2008, le Musée des Confluences avait invité différents représentants autochtones pour aider à mieux comprendre qui sont ces peuples. Avec eux, nous avons consacré une soirée à la question des définitions : pourquoi les nommer autochtones plutôt qu’indigènes, premiers natifs… autant de termes qui diffèrent selon les langues, les cultures et les sociétés.
Derrière ce terme autochtone tel qu’entendu par l’Onu, il y a les Innus et les Algonquins d’Amérique du Nord, les Quechuas du Pérou, les Touaregs du Mali, les Nénets de Sibérie, les Lokonos de Guyane Française, les Yaakus du Kenya, les Lisus de Thaïlande, les Gurungs du Népal, les Oneidas des Etats Unis, les Boros d’Inde… Tous nous avaient fait part de leurs situations, de leurs combats… et nous avaient sensibilisés à la préservation de leurs cultures et de leurs langues.
Cette deuxième édition aborde une dimension de l’autochtonie sur la thématique Terres, terroirs et territoires. Aborigène d’Australie, Bakoya du Gabon, Mapuche du Chili… viennent nous faire partager leurs réflexions.
Sont ainsi évoquées les interactions liées aux droits à la terre et aux ressources naturelles, aux conséquences de la déforestation ou à la nécessaire préservation de la biodiversité naturelle et culturelle… autant d’occasions de questionner par diverses approches (écologique, cosmologique, juridique, environnementale, religieuse…) les principaux enjeux des revendications territoriales autochtones.
Une thématique riche qui fait l’objet de rencontres dans des lieux culturels et d’autres lieux publics, d’interventions en milieux scolaires et universitaires, de soirées thématiques, de projections de films pour tous…
« Bien souvent, en France, parfois même dans certains pays européens, les trois mots terre, terroir et territoire ont des significations bien précises. Dans terre, on entend la matière, le sous-sol et la surface, les racines (le retour à la terre) et l’horizon de la vie (l’enterrement). Le terroir sert à désigner des espaces patrimonialisés ou des produits labellisés, et met à l’honneur le monde rural et l’agriculture. Le territoire, enfin, définit une organisation politique de l’espace. Il peut être national ou d’outre-mer, s’inscrire dans le jeu de redécoupages territoriaux ou dans celui de la métaphore (le territoire du rêve...). Terre, terroir et territoire sont donc trois manières de dire et de penser la relation à l’espace que nous habitons ou traversons, entre aménagement et déménagement, installation ou nomadisme.
Ces différentes relations à la terre se retrouvent bien sûr dans toutes les sociétés. Certains peuples en particulier ont un lien fort, historique, au territoire qu’ils habitent : les peuples autochtones. Mais tous ont leurs propres mots pour le dire. Ainsi, certaines langues peuvent n’avoir qu’un seul mot pour désigner à la fois le sol, le territoire, et même la population qui l’occupe. D’autres proposent au contraire un nombre important de termes pour désigner les diverses manières de voir l’espace habité. Dans certaines sociétés, le territoire est plus religieux ou rituel que politique. Dans d’autres, la terre n’est pas seulement le territoire des hommes, mais aussi celui de leurs ancêtres, ou des génies.
Cependant, dans toutes les langues et dans toutes les sociétés, la relation à la terre est toujours pensée en même temps comme une relation aux autres. Définir un territoire, c’est à chaque fois créer une identité. A cela, il y a certes des inconvénients, des risques de crispation identitaire, entre querelles de voisinage, guerre frontalières et territoires occupés. Mais il y a aussi la chance donnée aux rencontres et à l’hospitalité. Et c’est pourquoi, quelque soit le nom qu’on lui donne (terre, terroir, territoire...), l’espace habité donne des droits aux populations qui vivent en son sein, et en particulier aux peuples autochtones. »
« La possession de la terre et le droit d'utiliser ses ressources sont d'une importance fondamentale pour les autochtones car ils constituent la base économique de leurs moyens d'existence et la source de leur identité spirituelle, culturelle et sociale. La spoliation de leurs terres et territoires traditionnels est l'un des problèmes majeurs auquel sont confrontés les peuples autochtones dans le monde entier. Par exemple, dans de nombreux pays africains et asiatiques, les paradigmes dominants de développement font apparaître les modes de production autochtones tels que l'élevage nomade, la chasse-cueillette, l'essartage comme primitifs, improductifs et non conformes aux aspirations à la modernisation des états actuels. D'autres régions du monde sont aussi sous la pression de ce dogme. Par conséquent, beaucoup de politiques de développement sont, directement ou indirectement, orientées vers l'affaiblissement ou l'éradication des modes de production autochtones.
Par ailleurs, la tendance à favoriser la propriété individuelle, plutôt que collective, de la terre est une autre menace car elle ouvre la voie, non seulement à l'accaparement privé de la terre et de ses ressources, mais aussi à la vente à des non indigènes et à des intérêts économico-financiers. Au nom du développement économique de la nation, différentes politiques ont été mises en place qui dépossèdent les autochtones de leurs terres et de leurs ressources naturelles et menacent leurs cultures, leurs moyens d'existence et leur survie comme peuples distincts.
Parmi ces activités menaçantes figurent l'établissement de parcs nationaux et de
réserves de chasse, la déforestation massive, de vastes projets d'infrastructures tels
que les barrages et les constructions d'oléoducs, l'exploration et l'exploitation minière,
la commercialisation de la chasse et des projets agricoles à grande échelle, etc. »
(http://www.gitpa.org)
Le contenu et la programmation de l’événement Paroles d’Autochtones ont été élaborés avec un comité scientifique constitué par :
A la rencontre des peuples autochtones

Paroles d'Autochtones
Toutes les activités : expositions, soirées cinémas autochtones, soirées conférence-débats et rencontres avec…
sont en libre accès et gratuites.