Il s'agit de notre histoire, de l’histoire
passée, de l’histoire en cours et de l’histoire
à venir. Ce n’est pas l’histoire des sciences, ni celle
des sociétés, ce n’est pas l’histoire des grands hommes
ni des grandes batailles.
C’est l’histoire qui nous parle de
nous, de nos incroyables capacités
à créer pour s’organiser, échanger et se développer.
Elle nous parle de convictions et de doutes, d’incertitude
et de connaissance. Cette histoire, c’est celle des
humains au sens collectif.
Retrouvez ci-dessous la réflexion de deux membres du comité scientifique.
Vous pouvez les consulter une par une ou toutes les afficher.
Les lieux de vie, ceux où l’on se tient habituellement, expriment l’habitus d’une société. Il sont structurés, pour coordonner tout un ensemble d’activités humaines (principalement en fonction des objectifs et des contraintes de la résidence et du travail) et comportent donc des aménagements intentionnels à la surface de la terre. Ceux-ci comprennent les habitats, permanents (populations sédentaires) ou temporaires (populations nomades), dont les éléments sont reliés par des réseaux (visibles comme les infrastructures de transport, ou invisibles lorsqu’il s’agit de relations d’un autre ordre, assurées par les interactions sociales).
Les formes d’habitat reflètent les choix des sociétés (habitat individuel ou collectif, homogène ou différencié), même s’ils sont en partie contraints par le milieu naturel (ressources mobilisables) où elles se sont installées (matériaux de construction, végétaux ou minéraux). Ces contraintes écologiques pèsent évidemment plus dans le cas de l’habitat rural (villages) que pour l’habitat urbain (villes). L’émergence des villes, intervenue dans l’histoire humaine systématiquement après celle de la sédentarisation par l’agriculture, constitue une première révolution dans la structuration des milieux de vie. Mais c’est surtout l’urbanisation généralisée des sociétés, accélérée par la première révolution industrielle et des transports, qui marque une bifurcation majeure dans notre façon d’habiter la Terre et d’y vivre ensemble.
Les questions éthiques peuvent faire l'objet d'un débat philosophique et politique rationnel, procédant par argumentations et objections. En d'autres termes, il existe une objectivité de l'éthique. Telle est la conviction qui animera la partie, ou la dimension, «Ethique et technologies» du futur Musée des Confluences. Cette position n'a pas toujours eu droit de cité dans le contexte intellectuel français. Le poids du structuralisme et du post-structuralisme, et leurs enterrements à répétition de la conception «métaphysique» du sujet ; la fermeture à peu près totale à la philosophie anglo-saxonne, laquelle n'a jamais été soumise à la tyrannie de la mort du sujet ; la traque idéologique qui faisait que tout discours normatif était immédiatement suspecté de dissimuler des intérêts sordides ou des positions de domination : tout cela est en train de changer rapidement, et la France redécouvre la possibilité de la philosophie morale et, au-delà, de l'exercice de la raison pratique.
Ce changement est certainement une bonne chose, tant pour la démocratie que pour la philosophie. Pour celle-là, il devrait être plus facile que les grands choix concernant la vie de la Cité fassent l'objet de débats publics et échappent au monopole de la technocratie; pour celle-ci, un espace s'ouvre où peuvent revivre et interagir des traditions ou des postures philosophiques que le purgatoire du sujet avait mises sous hibernation. Mais l'argumentation éthique a des exigences et des règles qui doivent faire l'objet d'un apprentissage sous peine de dégénérer en affrontement stérile d'opinions. Le Musée aura pour ambition d'offrir les conditions de cet apprentissage, à l'occasion des questions normatives posées ou suscitées par le développement scientifique et technique.