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Cultures du Monde - Les chefs d'œuvres du Musée des Confluences

Les 4 thèmes de l'exposition

Thème 1 : Les humains et les mondes de la nature

/// Michel Côté, Directeur du Musée des Confluences


La création du musée des Confluences s’appuie sur une lecture de la réalité contemporaine et sur le travail de centaines de personnes (des scientifiques, des collectionneurs, des conservateurs…) qui, au fil du temps ont tenté de conserver des traces, de rendre compte de thématiques, d’étudier des territoires… Le Musée des Confluences n’est pas né d’une génération spontanée, il est le prolongement d’une démarche sans cesse reprise, d’une passion pour l’apprentissage, d’une curiosité pour l’ailleurs. Les collections d’ethnologie extra-européennes qui y sont conservées viennent de plusieurs sources. Ainsi Emile GUIMET s’intéressait aux religions et tentait par ses voyages, comme par ses programmes d’études, de mieux faire comprendre le monde, d’appréhender les manières d’être au monde. Le projet culturel et scientifique du Musée des Confluences, s’inscrit dans cette démarche ; il tient à rendre compte des témoignages et des expressions de sociétés diverses, à prendre acte de paroles et de visions, d’objets témoins et symboliques. Les objets demeurent pour un musée des marqueurs déterminants, explorant des préoccupations universelles tout en privilégiant des modes d’accès, des sensibilités et des discours communs ou particuliers. Le Musée des Confluences a choisi d’explorer des thématiques fondamentales posant les questions obsessionnelles des origines et de la destination, de notre existence et de notre rapport à l’environnement, de notre action et du désir de communication. Il a voulu le faire en appelant à la barre des témoins des sociétés contemporaines, des hommes et des femmes, des artistes et des artisans… il a cherché à entendre la parole des premières nations d’Océanie, d’Amérique, d’Afrique, la parole humaine. Les objets présentés dans cette publication sont anciens et contemporains, de territoires multiples, de matériaux divers. Ils ont été choisis pour rendre compte des préoccupations du Musée, pour leur force de témoignage, pour leur beauté, pour leur différence, leur singularité et leur universalité… Ils ont été choisis sur une fausse apparence d’arbitraire. Ils rendent compte de choix stratégiques et culturels de l’institution permettant de retracer l’histoire des échanges et des contacts entre les sociétés. Ils soulignent l’intérêt de l’institution envers la création contemporaine et l’expression des communautés autochtones. Ils mettent de l’avant la qualité et la diversité des formes. Si les sociétés évoluent et se transforment, il est important d’être attentif à ces mouvements. En effet les collections historiques du musée traduisaient des formes de regards et de discours : ceux de l’ancien musée colonial, ceux des œuvres de la propagation de la foi, ceux de chercheurs et d’explorateurs du 19 è siècle et 20 è siècle ; elles constituent des témoignages importants et de qualité mais nécessairement partiels et partiales. Au cours des dernières années, le Musée des Confluences a considérablement augmenté ses collections dans un souci d’élargissement territorial et d’actualisation. Ainsi grâce à la générosité de donateurs comme Denise et Michel MEYNET, le musée a complété ses collections africaines en développant des zones territoriales ou en acquérant des objets de la vie quotidienne. De même le Docteur Aldo LO CURTO aura permis d’ouvrir un nouveau champ d’études en offrant des collections d’Amazonie. En ce qui a trait à l’Amérique du nord le musée a concentré ses efforts dans un premier temps auprès de la communauté amérindienne de l’est du Canada (collection Michel NOEL) avant de faire une démarche systématique lui permettant de développer les collections inuit. Des œuvres d’artistes en provenance de l’ensemble du territoire, couvrant des thématiques choisies, présentant une variété d’esthétiques sont venues s’ajouter aux collections arctiques. Ses démarches se sont portées aussi sur le territoire australien et sur l’Océanie avec le double souci de conserver et de diffuser l’art contemporain aborigène et de mettre en valeur la pratique de l’échange. La démarche du Muséum se fait par un certain nombre de biais, ne serait-ce que pour des raisons matérielles ou financières, de disponibilité, de temps et d’espace. Nous ajoutons notre partialité. D’où prudence et modestie. Les sociétés sont évidemment complexes ; rendre compte de la diversité et du dynamisme de celles-ci nous oblige à une remise en question constante. Le développement des collections se fait aussi en relation avec les préoccupations thématiques du projet culturel. Le Musée des Confluences a choisi de décliner celui-ci dans trois expositions de synthèse et de référence résumant champs de recherche et de préoccupations. Le musée traite donc des questions des origines et des destinations (D’où venons-nous et où allons-nous), se questionne sur la nature humaine et son intégration à l’environnement (Qui sommes-nous) et se préoccupe du fait de vivre ensemble en traitant tout particulièrement les questions de l’innovation et de la communication (Que faisons-nous). Ce cadre de travail nous permet de mieux cibler choix et interventions. Dans le présent travail on retrouve des textes structurants, démontrant avec compétence la richesse et l’étendue de la réflexion sur ces thématiques. Pierre GIBERT, Elisabeth de FONTENAY, Thierry VALENTIN et Jean-Paul COLLEYN traduisent les enjeux liés à la compréhension et à l’appréhension du Monde. Edgar MORIN disait «il est nécessaire de développer l’aptitude naturelle de l’esprit humain à situer toutes ses informations dans un contexte et un ensemble. Il est nécessaire d’enseigner les méthodes qui permettent de saisir les relations mutuelles et influences réciproques entre parties et tout dans un monde complexe». Il s’agit là du rêve du Musée des Confluences.

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