1876
Guidé par le sentiment que les contacts directs sont indispensables à la recherche scientifique, Émile Guimet obtient du ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts une mission d’étude des religions de l’Extrême-Orient. Le 20 mai 1876, profitant de l’exposition de Philadelphie, il s’embarque, à bord du France, pour San Francisco puis Yokohama. Le dessinateur caricaturiste Félix Régamey l’accompagne dans ses déplacements. De retour en France, il publie le récit de son voyage sous le titre de Promenades japonaises. De ses rencontres sur place avec les religieux, il rapporte des données scientifiques de première importance. Il parvient à acquérir un grand nombre de peintures, de livres et d’objets religieux. Dès son retour, dans son rapport au ministère, il dresse les grandes lignes de son projet : créer à Lyon une véritable institution de recherche et de formation sur les religions et principalement sur celles d’Extrême-Orient.
« Lorsqu’après vingt-trois jours de traversée on entrevoit les terres japonaises dessiner, dans les brumes du matin, leurs silhouettes étranges, une double émotion envahit l’âme. Au plaisir bien légitime d’arriver au port vient s’ajouter la joie de toucher enfin à ce pays presque fantastique que le XVIIIe siècle nous fait deviner sur des laques, des paravents, des porcelaines et des ivoires, et que les récents évènements politiques, les nouveaux moyens de locomotion ont, tout d’un coup, mis à notre portée. »
(1880, Promenades japonaises)